Led Zeppelin – Celebration Day (AUDIO)

27 Nov 12 Led Zeppelin – Celebration Day (AUDIO)

Dire qu’en 2007, ce concert était attendu, est un doux euphémisme. Nombreux sont les fans à être nés trop tard pour avoir eu la chance de voir Led Zeppelin sur scène dans les seventies. Malgré son statut de groupe culte, référent absolu et fondateur du hard rock, le dirigeable aura connu une carrière moyennement longue, douze années au compteur et durant lesquelles nos prolifiques musiciens auront couché huit albums studio (neuf si l’on compte l’album posthume Coda, formé de chutes et d’inédits des précédentes séances).

Contrairement aux espoirs les plus fous de certains, il n’y a malheureusement eu ni reformation ni suite à cet unique concert de Led Zeppelin. Donné en hommage au fondateur d’Atlantic Records, disparu en 2007 et chez qui nos quatre Britanniques ont passé la décennie la plus folle et captivante de leur vie, ce show restera l’ultime étape de leur carrière. Quel bonheur de faire partie des vingt mille chanceux ayant obtenu un billet pour ce Wembley fait Paradis (vingt millions de personnes avaient tenté leur chance) et surtout, pourquoi diable avoir attendu cinq longues années pour sortir ce fameux concert, comblant ainsi le vide épeouvés par l’amrée des absents ? Les choses semblent devoir se mériter, dans toute cette histoire.

Passons ces considérations purement mercantiles, le contenu étant bien plus intéressant. Aucun gros hit ne manque à l’appel et les fidèles du groupe seront comblés. Bien sûr deux CD pleins à craquer pour deux grosses heures de concert ne suffiront pas à satisfaire tout le monde. Ainsi j’aurais préféré retrouver l’imparable « Heartbreaker » qui, systématiquement, assène une bonne claque à l’auditeur en concert et un titre folk comme « Gallows Pole » ou « Bron y aur Stomp » plutôt que « For your Life » ou « The Songs remains the same », qui sont loin d’être mes compositions préférées de Page, Plant & co. Tous les albums sont équitablement représentés selon leur importance, l’ infâme $In through the out Door$ nous étant fort heureusement épargné, tout comme $Coda$. Dès les premières mesures de « Good Times bad Times », la magie opère immédiatement, comme si les quatre compères ne s’étaient jamais séparés. La complicité entre John Paul Jones et Jason « le fils » Bonham semblant être la même qu’avec son défunt père John, lequel devait être fier ce soir-là, et d’où qu’il soit, de son rejeton. La frappe n’est peut-être pas aussi incisive et fougueuse que celle du père mais elle est tout aussi précise. Jimmy Page, comme à son habitude, en fait des tonnes et bénéficie du son le plus agressif et métallique qu’il ait jamais eu de toute l’histoire du dirigeable – ce qui ne dérange pas, bien au contraire. Ce choix donne un coup de jeune à des compositions qui n’en ont, certes, pas besoin même si le risque de déstabiliser quelque peu les puristes est bien là. Conscient malgré tout du caractère unique de ce concert et dans l’optique de proposer un maximum de morceaux au public présent, les très longues improvisations et medleys typiques des concerts de Led Zeppelin dans les années soixante-dix, sont ici absentes. Bien sûr « Dazed and confused », « Whole lotta love » ou « No Quarter » s’étalent un tout petit peu en longueur mais dans des limites hautement raisonnables. Jimmy a besoin de s’exprimer, c’est plus fort que lui. C’est ça une prestation live, ce que de trop nombreux groupes d’aujourd’hui ont perdu de vue.
Au rayon des bonnes surprises, « No Quarter » figure en tête de proue. J’ai toujours eu beaucoup de mal à supporter l’original atmosphéro – aquatique, mais cette version live, une des rares occasions pour John Paul Jones d’y aller de sa petite improvisation est une vraie réussite, même si elle n’a pas la puissance de sa reprise par Grave Digger ;). « Nobody’s Fault but mine » ou le dantesque « In my Time of dying » et son splendide riff de guitare slide, font aussi partie des grands moments de ce show – paradoxalement, comme pratiquement tous les morceaux issus de la seconde partie de carrière de Led Zeppelin, pourtant pas la meilleure période créative de la carrière des Britanniques. Mais venons-en au gros point noir de cette prestation: Robert Plant. Ce n’est un secret pour personne, depuis le milieu des années 70 et des soucis de cordes vocales, Robert n’est plus capable de monter aussi haut vers les cimes aigues que par le passé. Le souci ici est que les quatre premiers albums de Led Zeppelin, de loin les meilleurs du groupe, sont entièrement chantés. Très haut à l’origine, avec un timbre cristallin à faire frémir dès la seconde moitié des seventies nous avions déjà droit à quelques arrangements de confort. Or aujourd’hui, c’est finalement avec deux ou trois tons en dessous que Robert interprète ces morceaux mythiques… et ça fait mal. Fort heureusement, son chant est d’une justesse imparable et le feeling est toujours présent. Sa puissance et son agressivité vocale originelles, quant à elles, ont totalement disparu. Le temps qui passe nous ramène parfois à de cruelles vérités. Il n’empêche que ce concert fait tout de même bigrement plaisir à entendre même s’il ne fera pas d’ombre aux prestations passées du groupe. Voir Led Zeppelin vivant et en aussi grande forme près de trente ans après leur séparation a quelque chose de surnaturel, d’inespéré, voire quasi mystique. En ce sens, Celebration Day sera indispensable à tout amateur digne de ce nom.

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