Le Syndicat Electronique – Retrospect(r)ive 1998-2005

27 Nov 10 Le Syndicat Electronique – Retrospect(r)ive 1998-2005

Ayant publié la plupart de ses disques sous format vinylique, cette compilation-rétrospective du Syndicat Electronique, rebaptisée Retrospect(r)ive 1998-2005 est l’occasion d’avoir une vision d’ensemble sur l’œuvre monumentale de cet artiste électro français qui a su combiner ce que la musique électronique avait fait de mieux pour atteindre une forme d’expression originale et dont on cherche en vain des équivalents. Piochant à la fois dans les précurseurs du son analogique (Kraftwerk, John Carpenter), de l’électro-pop (Human League, Depeche Mode), de la cold-wave minimaliste (Martin Dupont, Snowy Red, Dark Day), de l’EBM première époque (DAF, Front 242, Neon Judgement), de la New Beat (SA42, A Split-Second, Amnesia), de l’électro de Detroit (Juan Atkins, Kevin Saunderson), en y ajoutant des bidouilles expérimentales-industrielles de temps en temps et un pied très appuyé comme dans la techno, Le Syndicat Electronique a condensé toute une culture avec un naturel déconcertant. En dehors de la froideur et du côté âpre de sa musique, on se demande encore pourquoi ce projet est resté dans l’ombre tant il peut faire se rassembler des publics hétéroclites, comme c’était le cas lors des performances du groupe qui ont marqué un grand nombre de chanceux ayant pu y assister.

Peu d’artistes français peuvent néanmoins se vanter d’avoir fait autant de dates dans le monde entier, plusieurs tournées aux Etats-Unis et d’avoir avec son label Invasion Planète définitivement changé ce qu’allait devenir la musique électro dans les années 2000 : le retour du chant, de la minimal-wave, l’émergence de l’électro-clash, le goût renouvelé pour les synthétiseurs analogiques et les musiques de séries-B. Les visuels un peu violents du groupe ont fait sûrement peur à certains et on a préféré étouffer le talent du bonhomme pour se tourner vers une facette plus édulcorée de l’électro en France, l’ignoble « French touch ».

Sombres, robotiques, dansantes tout en étant presque étouffantes, avec un sens commun de l’humour et de la tragédie, les compositions font toujours mouche. « The Men who Killed the Beat », « Bodywave » (une version live étonnante), « No Emotions », « Exil », « En Partance », « Abstraite relation » ou « L’amour d’un traître » restent autant de tubes d’une incroyable efficacité. D’autres titres évoquent des espaces plus sombres, répétitifs et urbains (« Close to you », « Never », « Memorial ») ou plus cinématographiques (« 70 », « Ruines », ou encore les titres « Excès » et « Trouble », eux-mêmes issus de la BO du film Lebenspornographie d’Edwin Brienen). À cela se rajoutent des ré-interprétations de titres assurées par deux autres génies sous-estimés du label Invasion Planète : « 599 00… ! » de Porn.Darsteller, sensuel et ensorcelant, « Unknown Computer » de Karl Kubler, définitivement sombre.

Si le premier CD offre un parcours, certes subjectif (on n’aurait pas du tout fait les mêmes choix), dans la discographie du Syndicat Electronique, le second est composé, quant à lui, essentiellement d’inédits qui se révèlent passionnants, invitant l’imaginaire à plonger dans un univers de science-fiction urbaine. Les titres y sont tour à tour mélancoliques (« L’Église de A// »), inquiétants (« Soma Whore »), rèches (« Die Brücke »), cosmiques (« Der Sturm »), mystérieux (« Per Fact »), hypnotiques (« Der Blaue Reiter »), mais toujours avec ce minimalisme sautillant et imparable.

On ré-écoute tous ces titres avec au bout du compte beaucoup de nostalgie, se demandant si un jour un artiste pourra reprendre le flambeau, sachant pertinemment que ces morceaux ont été issus de la tête d’une personne avec une vision unique de ce que devait être la musique électronique. Un gros pincement au cœur donc. Mais l’opportunité de ressortir nos vieux vinyles du Syndicat Electronique et de s’enivrer jusqu’à plus soif.

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Tracklisting :
CD1



70



Abstraite Relation



Close to you



Never



En partance



Memorial



Suspicion



L’amour d’un traitre



599 00…



Marche humaine



Arbeiten



Exil



Ruines



No Emotions



Feedback



Shooting Star



Excès



Trouble



CD2



L’église de A//



Soma Whore



The Men who killed the beat



Die Brücke



Der Sturm



Per Fact



Der Blaue Reiter



Ewigkeit



Bodywave



Unknown Computer



Coex-is-tence



Le Culte



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Note : 87%

Site du groupe / MySpace :

http://www.disorder-records.de/

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