Laurent Pernice – A World Too Late

25 Août 18 Laurent Pernice – A World Too Late

C’est un grand retour que celui de Laurent Pernice. Figure mythique de la scène post-industrielle en France qu’il a marquée de par sa participation à Nox mais aussi et surtout grâce à ses premiers albums solo (Détails, Axident…). De cette première période sombre, il a gardé un goût pour l’expérimentation et un talent pour créer des atmosphères envoûtantes. Collaborateur régulier de Jacques Barbéri et du groupe Palo Alto, il a été vite attiré par les possibilités du champ électronique, aussi bien dans les domaines ambient que rythmiques.

Ce nouvel opus opte pour la facette electro rythmique avant de plonger dans ses dernières pistes dans des terrains plus expérimentaux et planants. La dimension cinématographique y est très présente. Les intitulés des morceaux eux mêmes ne mentent pas, comme « Les Oiseaux » où se croisent spoken words, groove un brin déstructuré et évocation d’univers beaux et étranges. Dans la même veine, le premier titre « A World Too Late » est un pur blues électronique mais au lieu de se faire poisseux et pesant comme chez David Lynch, ici tout est beaucoup plus lumineux et aérien. La guimbarde et la guitare retraitée avec des effets de delay et reverb en appellent de suite aux grands espaces américains. Et tout l’album va être comme un voyage. Un trip halluciné où l’on a l’impression d’aller d’un continent à un autre. « Armenian Soul » et « Cheval de bataille » apportent des touches world aux rythmiques entraînantes, alors que la basse soutient la dynamique et que le saxophone de Jacques Barbéri vogue entre onirisme et envolées free. Les rêveries enfantines sont aussi conviées non sans humour : « Pim Pam Poum », où les personnages des contes et des bandes dessinées plongent tous dans les eaux profondes. Les boucles sonores sont toujours mélodieuses et se permettent aussi des hommages : YMO sur « Hyperdelic Structures », Schumann aussi sur « Op 15 n°7_Schumann revisited », qui assure la transition de la première partie « dance-floor » à des climats plus mélancoliques et porteurs d’images de plus en plus fortes. Les percussions sont plus en retrait, aspirées et laissent la place à des tonalités ambient mais plus portées sur les soundtracks que sur le minimalisme des Musiques immobiles. Le dernier morceau, « L’Espoir », conclut le périple avec ses 25 minutes qui commencent par des prises de son en espace naturel, comme dans un pur album de field recordings. Ce n’est qu’au bout d’une dizaine de minutes que les nappes nous emportent encore plus loin, offrant un beau point final à cet album inattendu mais suffisamment poétique et aventureux pour ne pas pâlir à côté des autres disques de Pernice. À signaler que la discographie complète du musicien est disponible en digital sur le site d’Atypeek.

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Note : 80%

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