L’Âme Immortelle – Hinter Dem Horizont

20 Jan 18 L’Âme Immortelle – Hinter Dem Horizont

Auréolé de plus d’un succès d’estime au sein des scènes electro et darkwave, le projet viennois L’Âme Immortelle – plus de vingt ans d’activisme – nous a souvent renvoyé, à nous, l’image d’une musique démonstrative – et, disons-le, assez plastique (caractéristiques au rendez-vous aussi du travail visuel réalisé autour du groupe et des personnalités en présence).

Pour autant, le travail de L’Âme Immortelle peut se voir reconnaître vertus, et les principales que nous ayons pu voir en elle, par le passé, résident en ses tentatives plus acoustiques. Aucun mot n’est peut-être mieux dit qu’avec naturel.

Las ! Le dénuement a aujourd’hui rebroussé chemin. Certaines choses restent immuables. Les aspects frontaux, reluisants et synthétiques de cet artisanat marquent assurément le nouvel opus Hinter Dem Horizont, produit par Krischan Jan-Eric Wesenberg (Rotersand). La production, d’ailleurs, est calibrée ; et dans le genre, assez impeccable. Wesenberg sait faire. Mais si nous voulons rester honnêtes, ces épaisseurs, dans leurs mécaniques roboratives, ne nous touchent pas spécialement davantage – pas plus d’ailleurs que celles d’un Nachtmahr, mastoc projet du co-leader de L’Âme Immortelle, Thomas Rainer.
Ce n’est pas un problème de fabrication, mais de sensibilité.

Pour autant, il peut être reconnu quelque mérite à cette concoction sonore restée commune, quels que soient les soubresauts internes, à Thomas et à la chanteuse Sonja Kraushofer, laquelle revient en même temps avec un nouvel opus de Persephone.
Hinter Dem Horizont : un nouveau travail démarré il y a environ un an, et que Rainer encadre par les termes « perte », « chagrin », « peur » et « espoir ». En 2018, le binôme couche une collection non dépourvue de sensibilité, quoique trop souvent noyée, diantre, sous la tendance naturelle du duo à pousser ses arguments dansants (« Unendlich », d’entrée, ne cache rien des intentions).

Mais il en reste à se mettre sous l’aile : L’Âme Immortelle, par moments, parle au cœur. Un constat : cette electro-pop massive, gentiment ténébreuse et aux accents sérieusement variété (aucun autre mot ne nous vient, figurez-vous) ne réussit jamais mieux que lorsque ses corps s’imprègnent de spleen, pour ne pas dire de délicatesse.
Alors, si les mélodies gardent bien ce côté voyant qu’on n’aime pas trop trop (problème de sensibilité, vous dit-on), le groupe pourra se targuer de varier les plaisirs et surtout, d’avoir parfois réussi à dépasser la simple invitation à danser : le mid-tempo langoureux « Letztes Licht » est de ces mérites, aux côtés de la ballade « Monument », sur laquelle l’épanchement vocal de Rainer rappelle un je ne sais quoi de Sven Friedrich (Zeraphine, Dreaful Shadows). Il y a enfin et surtout le titre éponyme, qui conclut l’ensemble sur une note sensible après une collection de choses plus… systématiques. Quelques éclats gracieux au pourtour d’une architecture de masses.
Et toujours ce fond mi-figue mi-raisin qui reste en bouche à l’issue.

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