L’Âme Immortelle – Fragmente (2CD)

05 Mai 12 L’Âme Immortelle – Fragmente (2CD)

L’Âme Immortelle, alias le démonstratif duo Thomas Rainer / Sonja Kraushofer, ne nous a jamais rendus mabouls. La majeure partie de sa musique a provoqué chez nous de pures démangeaisons (pas des plus agréables, plutôt l’envie de se tirer ailleurs vous voyez), mais il nous faut aussi tempérer certains élans… de négativité. Car le dernier album en date du binôme, Momente, ne figurait pas parmi les pires, et loin de là.
Ce qui nous exaspère dans ce projet ? Peut-être cette gouvernance de l’apparat, le brushing, le bustier, la belle photo glam, l’exposition c’est le tout. Artificialité érigée en argument (ou prise comme telle, mais c’est subjectif) et qui (nous) rend d’autant plus nostalgique des vagues goth ou electro-goth des années quatre-vingt et quatre-vingt dix. L’esthétique y jouait assurément un rôle mais souvent, il y avait de la musique derrière. A écouter, sans devoir regarder des posters ou des images pour que ça provoque quelque chose.

Mais ne crachons pas trop fort ni trop vite dans la soupe. Car Fragmente, outre le fait qu’il propose un bel objet (un digipack haut recouvrant un double EP : une partie électro [Elektonische] suivi d’une partie acoustique [Akustische]), constitue un accompagnement original à Momente, dont il opère une relecture quasi-intégrale. Pas le pire album, donc. Alors, on se dit qu’il y a encore de l’espoir.
Le coffret contient un poster. Bon. Douchons direct. Le poster, on s’en fout totalement. Nos murs sont déjà pleins, l’adolescence s’est prolongée et nous a donné des icônes auxquelles on ne renoncera pas. Non non, même pour 80 cm2. Alors le poster, là, pour ceux qui ont encore de la place ou pour les fans les plus transis, c’est à la limite le petit plus. Mais ladite cerise couvre-te-elle un vrai, beau gâteau ?

Si l’on s’en tient au premier CD, Elektronische, eh bien on dirait que non. Bien ce qu’on craignait, rhâââ… Tout ce qu’on n’aime pas chez eux : le sempiternel plan dark-tchkkk-boom-boom à la teutonne (« Banish », qu’on bannirait bien), la déclamation un peu facile sur fond robotique, bouge ton corps et tout le bordel (« Demon be gone », brrr…) et quitte à donner dans le dancefloor typé bas du casque, enfile toi donc un bon « Wie trânen im Regen », c’est ce qui clôture le premier volume et en guise d’illustration sonore pour grandes surfaces commerciales, ça défend son bout de gras mordicus. Vous l’aurez compris : nous ne garderons de ce premier volume qu’un souvenir fort circonstancié – et a priori très lointain, pas plus tard que dès demain.
Il n’en va pas de même du CD2. Akustische prend une tournure assez intéressante en renonçant aux atours les plus frontaux de L’Âme Immortelle et, surtout, en prolongeant et redéployant, non sans bonheur, les inclinations romantiques de certains des contenus de Momente. Piano, cordes, orgue hammond, guitare acoustique. C’est mignon quand même, et puis au chant, Sonja n’en fait pas trop. Ça respire. Il se dégage même une certaine poésie de certaines de ces choses (oui, poésie, on y croit à peine en l’écrivant). Akustische, globalement, se tient : sur ce second EP, le duo se défait de son machinisme kitschouille et, certes au prix du larmoyant parfois, part en quête d’atmosphères plus authentiques. Son phrasé musical, réduit ici à une expression plus simple, nous fait découvrir le groupe sous un angle inespéré. En somme : oui, il fallait qu’ils osent. Moins de sophistication, plus d’émotion. Un chemin à creuser : c’est bien sûr à eux de voir mais évidemment, si les fans veulent continuer de danser et rien que ça, ce n’est pas avec cette échappée en clair qu’ils trouveront l’extase. Décidément, rien n’est parfait, le monde est tellement con.
Allez, on verra demain.
Dodo maintenant.

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