Lacrimas Profundere – Hope is here (2016)

07 Sep 16 Lacrimas Profundere – Hope is here (2016)

Si l’on observe la discographie de Lacrimas Profundere dans sa globalité, impossible de nier le grand écart stylistique entre ses débuts doom atmosphérique et ses productions récentes, très représentatives d’un goth rock moderne, léché et accessible. Le glissement s’est opéré lentement : le doom lyrique et mélancolique s’est métamorphosé en cold rock émotionnel proche d’un Anathema période Alternative 4/Judgement, puis le groupe a affirmé davantage son goût pour un rock gothique sensuel et voluptueux à partir d’Ave End en 2004 ; recette qu’il a approfondie et lissée dans son beau Filthy Notes for frozen Hearts en 2006, dernier album avec Christopher Schmid au chant.

 

C’est en 2008, avec Songs for the last View, que Lacrimas Profundere présente son nouveau vocaliste Rob Vitacca. Voix de basse, toujours, mais peut-être un peu moins suave, un peu moins froide. Quoi qu’il en soit, un choix justifié pour la formule développée par le groupe : toujours un goth rock new school, encore plus radio friendly, plus chaud et plus sauvage, parfois mâtiné de légères touches sleazy.

 

Et depuis ? Deux albums, qui n’ont fait que répéter la même formule, affinant malgré tout le son et l’accroche (The Grandiose Nowhere en 2010, puis Antiadore en 2013). Lacrimas Profundere était très à l’aise dans ce registre populaire, et ne semblait pas vouloir démordre de sa formule catchy et de ses romances désespérées. A-t-il pressenti qu’un changement s’imposait, ou s’est-il laissé porter par un désir qu’il mûrissait depuis longtemps sans oser y céder ? Hope is Here est un album concept qui, musicalement, parvient à s’émanciper quelque peu, enfin, de son propre carcan rock’n’sad. Invitant l’auditeur à suivre un petit garçon nommé Aramis qui fuit un foyer délétère pour se réfugier dans une étrange forêt, l’ensemble présente un certain nombre de prises de risque, si l’on considère que les habitués du groupe sont frileux et attendaient de lui qu’il sorte perpétuellement le même album.

 

Après un long morceau d’ouverture à la structure progressive (« The Worship of counting down ») qui nous ramène un peu à l’époque de Fall, I will follow, assez réussi mais dont la montée finale aurait gagné à s’affirmer davantage encore, « My Halo Ground » n’est pas sans rappeler le Katatonia récent, et ça fonctionne plutôt bien. La suite est assez inégale. Le très larmoyant « Hope is here » est une perle de production, et le son de Lacrimas y prend toute son ampleur ; couplets acoustiques et refrain emphatique, les amateurs de melancholic rock facile à consommer pleureront de bonheur, et reconnaîtront les mêmes qualités à « You, my North » et « Timbre » ; il faut dire que le groupe s’est surpassé dans son travail des arrangements et des orchestrations, qui opèrent à la perfection même dans les titres plus nerveux (« Awake », « Aramis »). Alors c’est fini, les tubes teen goth rock à la « A Pearl », qu’on trouvait toujours en grand nombre dans les trois derniers albums ? Presque, mais pas complètement. Ceux qui attendaient Lacrimas Profundere dans ce genre-là auront tout de même un magnifique « No Man’s Land » à se mettre sous la dent, aussi redoutablement efficace qu’émotionnellement fort – le meilleur titre de l’album ? « Pageant » et son côté bluesy, « Black Moon » et ses couleurs crépusculaires et folky ne vont peut-être pas si bien que cela au teint du groupe, sans doute à cause d’une exécution un peu poussive, mais dans l’ensemble, Hope is here est un album assez attachant et remarquablement bien troussé, qui devrait rapporter à Lacrimas Profundere un public encore plus mainstream – le clip et la musique d’ « Hope is here » vont clairement dans ce sens.

 

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