Konstrukcija – Konstrukcija

28 Mai 15 Konstrukcija – Konstrukcija

EN 2011, après un séjour aux Pays Bas, Gatis Druvaskalns revient en Lettonie avec un Casio MT-40 qu’il a acheté pour la modique somme de cinq euros. Il l’apporte à son ami Stropu Jurka et les deux musiciens, déjà bien actifs au sein de divers projets ou émissions radio, se mettent à improviser avec ce nouveau matériel analogique. Pour leurs premières répétitions, ils utilisent, en plus du Casio, un Monotron de chez Korg, un Estradin-230 et une noise box fait maison. D’emblée le son rappelle indéniablement les pionniers de la musique électronique des années 1970 (Kraftwerk, Human League, OMD) mais aussi les premières formations industrielles dans leur facette la plus accessible (Throbbing Gristle, Cabaret Voltaire) et tout le courant minimal (Vice Versa, Ende Shneafliet, Iko). À cela s’ajoute un climat très froid, presque déshumanisé, appuyé par le chant monocorde en langue lettone, qui donne une atmosphère très cold à l’ensemble.

Devenu un trio pour la scène avec l’arrivée d’ Erlends Paičs, lui aussi ayant fait partie de VSKB auparavant, le groupe s’est produit plusieurs fois en France à l’initiative de l’association Les Sons Paranormaux. De là est née la reprise de « Polaroïd/Roman/Photo » de Ruth, classique de la synth-pop française des années 1980 composé par Thierry Müller, qui pour l’occasion s’est joint au projet, en compagnie de Marie N. pour une version qui demeure à ce jour une des meilleures que j’ai pu entendre. Faisant référence à l’esthétique constructiviste et à la fascination pour la technologie, l’architecture et la modernité si chère à Kraftwerk, le disque est hanté par cette poésie urbaine et ce romantisme rétro-futuriste caractéristique des pionniers allemands de l’electro (« Ātrāk Par Gaismu »). Il y a aussi beaucoup de spleen et de mélancolie qui se dégagent de ce disque (« Elektro Lampa », « Nākotnes Arhitektūra »), un abattement noir et obsessionnel (« Reklāmas »). Une musique qui semble porter le poids d’une histoire et qui finit par se révéler profondément émotionnelle. Elle éveille les sentiments nostalgiques de ceux qui ont quitté leur pays pour un avenir toujours incertain, le souvenir de ceux que l’on laisse derrière, avec toujours la même fatalité au bout du chemin.

Du romantisme pour l’ère robotique.

Be Sociable, Share!

Tracklisting :
1. Haltura Eiropa

2. Nakotnes Arhitektura

3. Trans-Emigrant-Ekspresis

4. Jaunceltne

5. Vansu Tilts

6. Atrak Par Gaismu

7. Reklamas

8. Elektro Lampa

9. Polaroid/Roman/Photo

Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 84%

Site du groupe / MySpace :

http://brouillard-definitif.fr/fr/

http://les.sons.paranormaux.free.fr/

Be Sociable, Share!

Laisser une réponse