King Dude – Sex

24 Oct 16 King Dude – Sex

Avec ce sixième album, T.J. Cowgill annonçait un virage plus rock, sentant la sueur, la drogue et le sexe. Et la période dark folk (qui avait culminé avec Burning Daylight) semble bien lointaine. Ce qui surprend d’emblée, c’est la présence de la basse, parfois légèrement traitée au flanger ou avec différents effets d’échos, évoquant la grande époque goth du début des années quatre-vingts, un son que les Siouxsie & the Banshees avaient totalement initié. C’est cette basse qui introduit l’album sur « Holy Christos », accompagnée de chants féminins religieux puis de la voix caverneuse de Cowgill. Alors le rythme s’emballe, très post-punk, et souligné par des guitares bien grasses. La plongée dans le goth originel se fait encore plus prégnante avec « Who taught you How to love », avec un son ample et langoureux qui rappelle définitivement la Lydia Lunch de 13.13, mais dont les complaintes auraient été remplacées par les graves d’un Andrew Eldritch. Il s’agit sans nul doute là d’un des grands moments du disque. Sensuel et enveloppant, ce titre a été enregistré à L.A. par Drab Majesty (le seul sur le disque), là où Lydia Lunch avait d’ailleurs enregistré son album en 1981.

Après ces passages inattendus dans l’univers musical de King Dude, on en revient à du connu, avec les ambiances americana/western de « I wanna die at 69 » et le seul morceau aux accents folk de ce nouvel album « Our Love Will Carry on ». Il est question de Diable, de mort et d’amour, thèmes récurrents. Mais la surprise arrive encore avec « Sex Dungeon (USA) », pur moment de rock garage pré-punk avec une voix retraitée avec des effets bien sauvages. « Conflict & Climax » retourne à de pures sonorités goth rock/death rock et se révèle être un très bon titre instrumental. « The Leather One », lui, se fait plus blues, alors que « Swedish Boys Drum » lorgne presque du côté des Jesus & Mary Chain, mais sans le shoegaze, et avec le rockab’ en plus. « Prisoners » étonne, là encore, très agréablement, avec des sonorités plus électroniques et un chant proche du hip hop, alterné avec les vocalises angéliques d’une chanteuse nommée Foie Gras (je n’invente rien !). Sur « The Girls », c’est carrément la voix même de Cowgill qui s’aventure dans d’autres textures, très plaisantes au demeurant. L’album retombe hélas avec le dernier titre, une ballade au piano longuette.

Au final, Sex pourrait apparaître comme un patchwork de chansons disparates, mais le thème aide à créer du lien, sans compter qu’il est plutôt souhaitable pour un projet aussi actif d’ouvrir tant de nouvelles pistes pour la suite de sa carrière. C’est donc un album très satisfaisant que nous offre King Dude. Et même si les textes peuvent parfois paraître un peu simplistes, c’est la diversité de l’ensemble qui fait de ce Sex un cru plutôt enthousiasmant.

kingdude-sex-cover

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Tracklisting :
01. Holy Christos

02. Who Taught You How To Love

03. I Wanna Die At 69

04. Our Love Will Carry On

05. Sex Dungeon (USA)

06. Conflict & Climax

07. The Leather One

08. Swedish Boys

09. Prisoners

10. The Girls

11. Shine Your Light

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Note : 77%

Site du groupe / MySpace :

https://www.van-records.de/

https://notjustreligiousmusic.bandcamp.com/

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