Joy/Disaster – Æternum

27 Fév 19 Joy/Disaster – Æternum

Ce qui impressionne depuis 2004 avec les Nancéens de Joy/Disaster, c’est leur grande capacité à sortir régulièrement des nouveaux titres ou des relectures en live et en acoustique. La source ne se tarit pas, et de plus le groupe ne cesse de se réinventer. Sur leur base gothique fortement teintée de rock’n’roll (de hard-rock 80’s, diront les médisants avec un peu de vérité), le quatuor joue des arrangements et des tonalités.

Le nouvel album ne déroge pas à cette règle de liberté : ainsi, « Cradle of Denial » illustre leurs belles harmonies dans un mid-tempo, romantique à souhait, hissant le sentimentalisme exacerbé en drapeau jamais défait sur le champ de bataille de nos amours noires. Ce titre fait suite au combattif « Temple of Gods », à la fière allure guerrière. Comme si, dans cette succession, se tenait leur credo : former ligne face à l’adversité, pour l’instant d’après rompre le combat, assumant la défaite et les médailles du champ d’honneur, lesquelles brillent au mieux sur le veston tape à l’œil de « Dealer of Life » ou bien dans sa version ternie que forme le slow central « Fall ». Avec « Extinction », Joy/Disaster tient une nouvelle fois son titre imparable, pied de nez aux ténors que furent Editors, Interpol et autres White Lies. Un combat gagné devant quels témoins ?

De l’honneur ces gens en ont, tournant inlassablement, portant presque à eux seuls les couleurs de ce damné rock gothique et des bouquets fanés, sépia et rose pastel sur tiges mortes (nul ne trouvera à redire à « Omega », la leçon de style merveilleuse qui vient clore cette livrée). Eux, sont les bourgeons toujours délicats entre les sabots des armées adverses, comme le prouve ici la délicatesse abandonnée de « Strangers ». Au moment où les claviers recouvrent nos scènes de leurs drapées mortuaires et où les femmes placent de leurs voix des linceuls, ils continuent de creuser le sillon du revival de la masculinité virile et fragile sous les regards étonnés (ah, le solo “velu” de « Believe » qui s’allie aux arpèges cristalins !). Tout au plus, le synthétique sert-il à lancer une intro et crée un voilage très discret (« Dreams »).

Alors que la version CD de Resurrection, l’an passé, marquait le pas sur quelques titres (et on en recommande largement la version vinyle qui, elle omettait ces morceaux litigieux à mon goût), ce nouvel album forme un tout cohérent. La voix s’envole dans des tonalités pop sans que cela ne desserve la fougue (« Elation », « This Morning »). Les guitares, lors des solos, sont très bien mises en avant : elle sonnent éruptives et bouillonnantes (le final de « Fall »). La batterie habille les compositions, métronomique, produite juste ce qu’il faut, encadrant les mélodies peut-être d’un peu trop près : malgré les toms, elle garde cet aspect classique, du pur rock’n’roll (à l’exception de « Strangers » où elle sonne très Faith).

Derrière une pochette très méchante et de toute beauté, Joy/Disaster cache l’un de ses disques les plus mesurés, sa deuxième partie privilégiant les climats introspectifs et le don de soi, prenant des risques en s’exposant dans la retenue.

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Tracklisting :
01. Temple of Gods

02. Cradle of Denial

03. Believe

04. Dealer of Life

05. Elation

06. Fall

07. Dreams

08. This Morning

09. Extinction

10. Strangers

11. Velvety

12. Omega

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Note : 76%