John King – White Trash

26 Nov 14 John King – White Trash

L’Angleterre de John King porte quelque chose d’apocalyptique : voitures en flammes, hooligans errant dans les rues, skinheads aux fonctions d’éboueurs ou de chauffeurs de taxi, alcooliques agressifs, putes sous coke, évangélistes s’égosillant dans les postes radio. Jonathan Jeffreys observe cette lie de la société et cette délinquance urbaine avec un air de supériorité. Il sait qu’il fait partie d’une élite et il nomme ces classes sociales les white trash. Ayant un poste de responsable dans l’administration hospitalière, il dit être un inspecteur du gouvernement. Sa mission est simple : nettoyer le monde de ces déchets en précipitant leur mort. Purificateur social, Jeffreys serait une sorte de pendant british du Patrick Bateman d’ American Psycho. Dans sa vision des choses, aucune de ces personnes ne mérite les soins qu’on leur apporte. En parallèle, Ruby est une infirmière au cœur tendre. Elle entretient des relations affectives avec ses patients et se trouve bouleversée quand elle en perd un. Elle sort beaucoup et fait la fête pour s’aérer l’esprit et tente de donner le meilleur d’elle même dans sa profession. Jeffreys, malgré son élégance apparente, veut lui montrer l’horreur de l’humanité et le vrai visage de cette racaille hideuse. Derrière l’employeur apparemment dévoué, une personnalité des plus tordue et psychotique transparaît, un être qui aime uriner dans la bouche des prostituées ou regarder des snuff movies, jusqu’à ce que Ruby découvre la terrible vérité. Ici, l’hôpital sert de microcosme pour mettre à jour les maux de la société anglaise, rongée par les inégalités et un capitalisme inhumain, car White Trash est bien une satire sur la fracture sociale, qui se limite à ce cadre minimal : juste deux personnages contraires, entre l’intimité de leur vie, le quotidien hospitalier et leur vision du monde. Nous sommes presque face à une fable morale, avec la haine et le cynisme d’un côté et l’empathie et la compassion de l’autre. Des points de vue irréconciliables qui se confrontent au sein d’une écriture vive, rythmée, qui vise juste, bien que certains pourront la trouver trop caricaturale. Le style de John King reste, en revanche, délectable tout du long.

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