Job For A Cowboy – Demonocracy

28 Mar 12 Job For A Cowboy – Demonocracy

Après s’être fait remarquer en 2009 avec un premier album très compact (Ruination, que le chanteur Jonny Davy juge aujourd’hui « immature »), Job For A Cowboy revient avec un second opus.

Demonocracy marque un virage. Virage sur le plan du line-up puisque la configuration humaine a substantiellement évolué depuis le premier opus (intégration de Tony Sannicandro à la guitare et de Nick Schendzielos de Cephalic Carnage à la basse). Évolution remarquable aussi dans la musicalité, puisque le line-up actuel de JFAC gère ses dynamiques avec plus d’inventivité que sur le premier album qui, en comparaison de ce dernier, sonnait comme un bloc plus uniforme. Demonocracy est certainement plus coloré et lyrique que Ruination, il est en somme mieux écrit mais le groupe reste dans une intention typiquement violente et chargée rythmiquement.
De l’intérieur, ils rejettent l’étiquette « deathcore » qui s’est retrouvée appliquée à Ruination et évoluent dans un registre death metal moderne, mais pas au sens de death mélodique affilié à Göteborg, par contre. Produit une nouvelle fois par Jason Suecof (The Black Dahlia Murder, Whitechapel), ce son aux tendances explosives est aussi surgonflé que vous pouvez vous y attendre, et il faut aimer ce genre de traitement pour entrer dans Demonocracy. Plus le temps passe, et plus ce type de production engendre une sorte de stéréotype moderne… ce qui pourrait porter préjudice à long terme à de très nombreux groupes. Comme on le pense de plus en plus, un certain nombre de disques sonne toujours un peu de la même manière. La testostérone uniformise, c’est comme dans le sport ou la viande. JFAC pourrait en faire les frais, mais il n’empêche : même si elle est clinique, même si elle flatte, même si elle fait de cette musique un produit de studio plus qu’elle ne reflète un son live, la prod’ de Suecof reste adaptée à Job For A Cowboy. Elle sert une rythmique volcanique (« Tongueless and Bound », « Black Discharge », où le batteur Jon « Charn » Rice expose tout son savoir-faire), la basse de Schendzielos grumelle tout ce qu’elle peut, elle claque même bien (écoutez « The Deity Misconception ») et les soli de guitare parsemant l’ensemble lui donnent une certaine classe.
On se retrouve du coup partagé entre le sentiment que laisse ce son clinquant et un brin artificiel, et la musicalité confirmée d’une formation assurément motivée. Elle joue bien et ne se cantonne pas aux clichés gore du death metal roots. JFAC sont des fils de Napalm Death, ils veulent donner du sens à leur musique et c’est un bon point pour eux (parmi les thèmes revendiqués : l’influence des médias ou l’industrie de la guerre). Le problème n’est donc pas le fond, ni la musicalité : les chansons tiennent la route, maintiennent une forte énergie et une cohérence de groupe augmentée… Mais vieilliront-elles bien ? On en reparle dans dix ans car d’ici là, c’est sûr, la technique aura encore fait mille progrès.

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Tracklisting :
01. Children of Deceit

02. Nourishment through Bloodshed

03. Imperium Wolves

04. Tongueless and Bound

05. Black Discharge

06. The Manipulation Stream

07. The Deity Misconception

08. Fearmonger

09. Tarnished Gluttony

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Note : 70%

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