Jeff Noon – Descendre en marche

25 Nov 12 Jeff Noon – Descendre en marche

Après nous avoir fait découvrir cet auteur anglo-saxon passionnant avec Vurt et Pollen, Descendre en Marche (originellement publié sous le titre Falling out of Cars en 2002) creuse le sillon d’une prose hallucinée, qui amène la science-fiction dans des territoires poétiques singuliers.
Cela commence comme de l’anticipation. Une étrange épidémie sévit en Angleterre. Les personnes atteintes ne peuvent plus regarder dans des miroirs qui, sinon, les absorbent. Dès qu’elles lisent un livre, les mots disparaissent au fur et à mesure. La notion de temps leur est devenue étrangère et tous les signes sont devenus impossibles à décoder. La musique ne peut plus être perçue que sous forme de cacophonie. Dans cette société d’information qui s’est effritée, la journaliste Marlene Moore s’est fixée une mission : retrouver les fragments d’un miroir qui pourrait révéler les sources de la maladie. Avec elle, dans la voiture, se trouvent un couple légèrement inquiétant, Peacock et Henderson, et une jeune auto-stoppeuse, Tupelo, qui a la chance d’être immunisée contre le virus. Les autres sont obligés de prendre une drogue lancée par un géant pharmaceutique, la Lucidité, qui leur permet de tenir le coup et de repousser les symptômes. L’histoire nous est contée par le biais du journal que tient Marlene, elle-même hantée par la perte de sa fille et en proie aux effets de la drogue. Chaque jour, la maladie gagne du terrain et la distinction entre les hallucinations et le réel devient de plus en plus floue. Les souvenirs ne sont plus fiables.

Noon nous invite donc encore une fois à pénétrer un monde où la perception de la réalité tombe en morceaux, à mi chemin entre Philip K. Dick et Lewis Carroll, auquel il est fait souvent référence. Son récit prend la forme d’un road novel et, malgré l’aspect forcément fragmenté du livre, sa prose nous absorbe littéralement, comme à la lecture d’un thriller ou d’un récit d’épouvante. Réflexion originale et assez angoissante sur une société rendue indéchiffrable par le trop plein d’informations, Descendre en marche est une belle métaphore de la chute, un espace où les personnages tombent en eux-mêmes peu à peu, alors que la réalité se brouille et part en miettes.

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http://jeffnoon.fr/

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