Jacquy Bitch – Au Nom De

12 Sep 18 Jacquy Bitch – Au Nom De

Jacquy Bitch est un vieux de la vieille. Un nom que l’on rapatrie fatalement, nostalgiquement sans doute aussi, à une référence culte au sein des scènes deathrock et batcave : Neva.
Les raccourcis ont beau avoir leurs adeptes, ils entretiennent l’amnésie. Mangez du poisson, mais gardez la tête dans le présent : Bitch n’a jamais abdiqué en art et sa vie ne se résume pas à Neva.
L’homme sévit toujours, et plus que bien, en solo et sous son nom propre. Et ça commence à faire un bail.
Le chanteur a su s’entourer. Ses musiciens actuels l’ont accompagné dans la définition d’un son plus épais, direct et tranchant, mais qui ne se départit pas de l’acidité psychotique que l’on associe à ses références historiques.

Les treize compositions formant Au Nom De, le nouvel album, confirment cette tangente prise par When Walls Cry (2011) et Stories From The Old Years (2007) : une folie rampante, mise en exergue par des guitares deathrock expressives et pleines de volume. Elles voudraient encagent cette voix qui donne parfois l’impression de vouloir s’extraire de tout pour mieux disparaître enfin, et quitter le monde.
La théâtralité, à l’évidence, demeure atout maître de Jacquy Bitch même s’il a cherché solo – et souvent réussi – à gagner en efficacité. Les guitares d’Au Nom De ont une attitude à la fois héroïque et désespérée (« Bitch »), leurs arabesques acides tiennent de l’héritage deathrock (« Surprise ») et créent le décorum cathartique : Jacquy expurge, d’une manière ou d’une autre, la tension intérieure, le malaise. Pas pour rien si dans ces voix et ambiances paradoxales, vous ressentirez ce quelque chose d’un Virgin Prunes, de son conflit intérieur, de sa transe. Mais les reliefs, à l’évidence, ont quelque chose de plus actuel. La production n’est pas typiquement « à l’ancienne ».

La musculature rythmique du nouvel album se remarque. Elle crée un effet de masse qui lui donne de sérieux atouts live. Cette musique est faite pour la scène, et s’inscrit en cohérence dans la ligne dessinée par les précédents essais. Produire moins, produire mieux. Les musiciens actuels de l’ancien leader de Neva travaillent ensemble depuis plusieurs années et donnent une appréciable assise à son propos. Il y a cohésion en ces choses, une aspiration à des couleurs bien définies et à de la vigueur.

Mais le groupe a beau stéroïder le batcave, il ne s’y cantonne pas et injecte de la nuance. L’électronique abat éventuellement la carte d’une création ambiante (la courte introduction du punkoïde et hanté « Experience ») quand Jacquy ne se réfugie pas dans un minimalisme cinématographique (la boucle de piano et les voix fantômes de la première partie de « Suicide », qui se développe ensuite vers des armatures familières et plus épaisses).
Tout se termine avec « L’Ange déchu(e) » : un Bitch élancé, en voie de délivrance.
Jacquy s’échappe. Les guitares parlent, laissant leur empreinte dans l’univers.

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Tracklisting :
1. Zeldayaya (05:14) / 2. Libre (04:05) / 3. Au Nom de (03:12) / 4. Ce Noël (03:25) / 5. Zayz (04:44) / 6. Revolution (03:25) / 7. Bitch (03:44) / 8. Experience (02:56) / 9. Suicide (03:52) / 10. Surprise (03:12) / 11. Black (04:41) / 12. Mensonge (03:47) / 13. L’Ange Déchu(e) (03:46)

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Note : 75%

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