Jacky Meurisse Project – Crystal Blackout

05 Déc 16 Jacky Meurisse Project – Crystal Blackout

Jacky Meurisse (Signal Août 42 pour les plus vieux, Grand (Ø) Signal pour les plus jeunes) fait feu de tout bois ces derniers mois.

Cette fois, c’est chez les Espagnols de I-Traxx qu’il sort un album qui a tout du concept.

L’Espagnol est fêtard, on le sait. L’Espagnol a une riche culture musicale branchée electro, on le sait moins. L’Espagnol a un point de vue post-apo sur notre monde, on le découvre de film en film.

Et, avec ce Crystal Blackout, Jacky le nordiste sert une bande-son qui a tout du visuel.

Le démarrage se fait psycho-rigide, martial et méchant. Le blackout, c’est ce moment de panne électrique gigantesque qui peut rebattre les cartes. On imagine donc, une rapide intervention militaire pour garder le contrôle. De l’autre côté des boucliers, on a ceux pour qui le blackout pourrait être la perte de conscience liée à l’usage de drogues. Les deux peuvent se lier : on fête la fin d’un monde avec l’irruption de générateurs clandestins qui libèrent des basses techno et une mélodie de teufs. La bascule se fait positive, les fêtards profitent de la panne pour remodeler le monde. En se servant des titres (puisqu’il y a peu de paroles, quelques samples disséminés), on imagine alors un shaman MC prédisant l’avènement du siècle de l’amour (« Century of Love ») tandis que sa voix fait le lien avec les années coldwave dans des sonorités dark et electro.

On plonge dans le visuel de ce digipack : des immeubles totalitaires matés d’en bas, d’un quinzième étage, appartement des possibles. La grandeur d’un État non-défini qui écrasait le peuple de son gigantisme. Un clair obscur nucléaire, des ombres chinoises post-apocalyptiques sur fond de nuages bien lourds.

Les damnés poursuivent la fête en reconstruisant le passé, trip rétro-futuriste à la Oil 10, une espièglerie nommée « Crystal », comme le petit nom de la méthamphétamine ou d’un assez récent langage de programmation. C’est que derrière le ludique, les choses sérieuses se mettent en place. Les bombes sonores « Diskoteka » et « Groovy Style » relancent les boîtes de nuit du début des années 90, du temps où l’EBM c’était Tiranny >For you< (Front 242) ou encore Rage (Poupée Fabrikk), un demi-temps juste avant la fusion du metal-indus avec KMFDM, Sielwolf ou Die Krupps.

On finit la nuit dans l’hédonisme béat : les formations militaires et les milices se rejoignent pour célébrer une nouvelle ère, dézinguant les rêves empoisonnés d’une seconde Nuit de Cristal, leur préférant une orgie délicieusement barrée (« No Pity for the Killers », bien pupute, et un « Pussy » Tarantinesque à fredonner à l’heure du coucher).

Qu’est-ce qui donne à Jacky une telle force ? La lecture du titre « Never say no nomore » peut faire songer à sa retraite forcée désabusée face à un monde musical peu intègre. La mélodie évoque aussi plusieurs des fils putatifs de ce parrain de l’EBM-electro-techno, David Carretta remixant The Hacker jouant lui-même avec Neon Electronics (autre parrain, puisque c’est Dirk Da Davo de The Neon Judgement) leur « Better Way ». On comprend mieux l’esprit fornication qui ensoleille la fin de l’album à l’aube d’une ère nouvelle et on pense alors qu’entendre des hommages a permis de bien regonfler l’ego.

C’est reparti comme en 40 !

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Tracklisting :



01. Blackout

02. Century of Love

03. Crystal

04. Diskoteka

05. Groovy Style

06. Never say no nomore

07. No Pity for the Killers

08. Pussy

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Note : 78%

Site du groupe / MySpace :

https://musexindustries.bandcamp.com/album/crystal-blackout

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