Human Tetris – Memorabilia

13 Juil 18 Human Tetris – Memorabilia

Retour des Russes cold-rock avec Memorabilia, plus un long EP de sept titres et moins de trente minutes qu’un véritable album. Il fait suite à un single deux titres en octobre de l’an dernier et à un autre format encore plus court que celui-ci, River Pt. 1, daté de la fin 2016. On constate encore que depuis 2012 et leur Happy Way In The Maze of Rebirth, le groupe n’a pas trouvé la formule la plus endurante, préférant des demi-fonds.

Pourquoi alors en parler ? Parce que l’annonce après leur seul long format de la mise en parenthèses du groupe avait attristé. Leurs retours successifs montrent à chaque fois l’intensité des espoirs qui sont quand même placés en eux. Ce rock cold bien grisé, avec quelques pointes de lumières dans les guitares (« A Company »), comble en partie le vide laissé par les tournures plus brutes et synthétiques des Whites Lies, Editors et autres post-punkeries grand public des années 2000. Il y a de l’attente pour ces sons rétro, pour cette mélancolie, ces lignes de basse et ce chant profond.

Enfin, profond… Sur l’équivalent de la première face (le disque ne sort qu’en CD et en digital), on n’est pas non plus dans les sphères les plus noires du rock gothique. Human Tetris lorgne plutôt majoritairement vers 1983, ce moment où la new wave se fait sautillante (« Another Day »), une option reprise par chez nous par Rapido De Noir, le temps d’un bon album (Equidistant Lonelinesses). Tout au plus peut-on sourire de contentement sous l’effet très Curtis de la voix le temps de l’excellent « Trier ». La petite ligne de synthé en fond et la langueur qui s’en dégage, la frappe traitée sèchement de la batterie, même la manière de placer les vers en suspension, tout nous ramène à ce tournant fondateur des années 80. Les photos atemporelles d’Oleg Zhuravlev (deux photos d’appartement) achèvent de brouiller le voyage dans le temps. Il reste des questions que le groupe semble poser aux autres par le biais de son parolier : « Est-ce moi ou un autre ? » « Est-ce la fin ou le début ? », « Oh, frère, oh, père, où vais-je ? ». Ni pastiche, ni parodie, les quatre Moscovites se positionnent de belle façon dans l’hommage (complétons la doublette avec  « Ugly Night », plus New Order dans la forme. Et pour du plus solide, il faudra encore attendre un format plus long, seul apte à dépasser le cadre de la juxtaposition des chansons douces.

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Tracklisting :
01. Long Flight

02. A Company

03. Another Day

04. Melancholy

05. Trier

06. Ugly Night

07. Warm Memory

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Note : 65%