Hekate : Die Welt der dunken Gärten

18 Juin 11 Hekate : Die Welt der dunken Gärten

(Prophecy Productions)

Sept ans après The Goddess, le groupe de Koblenz publie un nouvel essai féerique et duveteux, lequel sort en parallèle de deux autres supports : le CD d’inédits Erinnerungen et, surtout, le conséquent coffret « de l’intégrale » Gesammelte Werke (une initiative similaire et luxueuse ayant été prise par Prophecy concernant Sol Invictus, pour la sortie du dernier album de Tony Wakeford & co.).

Grosse actualité pour Hekate donc. L’aspect lisse de sa nouvelle œuvre pourra certes gêner certains auditeurs, notamment les adeptes d’un néo-folk aux atours plus bruts voire abrupts. Les choix de production d’Hekate n’ont en effet rien à voir avec ceux de ce Sol Invictus qui fait aussi l’actualité de Prophecy.
L’approche reste ici dominée par l’acoustique, mais Hekate opte pour un son bien plus aéré, net et plein de clarté bien que Sol Invictus, quelque chose que les plus critiques trouveront parfois un peu enrobé (« Jardin d’Anaïs »). Même lorsqu’il se dirige vers des ambiances plus ténébreuses, le groupe calfeutre sa percussion et joue la carte d’une certaine retenue, une réserve qui fera loi sur tout Die Welt der dunken Gärten. Tel est le cas de « In my garden », dont le déhanché froid et mécanique ne perturbe aucunement un dessein tribal. Il en résulte ici un aplat ambiant plus que frontal et si on regrette un brin que la tonalité d’ensemble reste à cette discrétion-là, si on pense aussi qu’ils auraient pu gagner un brin en mystère par des choix de production différents, Hekate reste cohérent : il préfère jouer en 2011 sur de subtiles nuances plutôt que sur des écarts. Même lorsque l’électronique s’en mêle (« Die dunkle Wolke », sur lequel elle tisse la trame de fond), c’est dans une certaine discrétion. Elle complète alors en texture un discours retenu, folklore qui en l’occurrence se gorge d’une certaine allégresse.

L’album s’avère finalement assez varié sans que cela nuise à la continuité du disque. Cohérence est maître mot, élégance suit. Un feeling romantique se glisse alors dans des canevas à l’orientale. Dans ses détails world, Hekate raffine aussi un exposé relativement ténébreux (« Seelenreise » est beau mais plus timide que n’importe quelle composition d’Arcana). Les couleurs varient, sans heurt. Unifier, rassurer, ne pas disperser. Optique qui correspond formellement au sens de l’écriture des Allemands : eux-mêmes en réfèrent aux forces fédératrices de l’amour et leur nouvelle réalisation suggère plus l’embrassade que le malaise ; même si, oui, la percussion soulève quelque sévérité bienvenue (le ténébreux et orchestré « Per aspera ad astra ») et si, dans l’esthétique sonore, se dessinent quelques moments d’austérité (« Sanctus »). De beaux moments, parmi d’autres.

01. Byronic Hero
02. Jardin d’Anaïs
03. In my garden
04. Seelenreise
05. Sanctus
06. Die dunkle Wolke
07. Per Aspera ad Astra
08. Idilia Dubb
09. Oh du Welt der dunklen Gärten
10. Opportunity of time
11. The present day
12. Die blaue Blume
13. House of God

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