Happiness Project – Mutation

03 Sep 18 Happiness Project – Mutation

Mutation ? Pourquoi pas. Happiness Project élabore et affine sa musique sortie du Limousin depuis 2012 (date du premier album). Un EP a précédé ce deuxième long format. La mutation réside dans une orientation double clairement marquée. Les dix titres oscillent entre synth-pop élégante (la majorité) et chansons plus abordables en radio comme « Big Cities », un peu trop facile à mon goût sur les refrains féminins (et qui avait donc servi de single gonflé – cinq titres et un remix). Même lorsque le climat est très typé électronique, la chaleur de la voix de Fred et de la mélodie font de « Still able to love » un délicieux instant partagé. Sur des titres plus mid-tempo, on n’est pas loin de ce que a-ha avait réussi à obtenir, quand bien même la tessiture et l’entrain ne sont pas ici comparables. La création d’une langueur triste (« Scent ») touche bien plus que la recherche de joie. Pourtant, tout du long, la musique est ambitieuse, le travail poussé (les ajouts classieux sur « Big Cities ») ce qui fait que lorsque Happiness Project atteint ses objectifs mélancoliques, c’est un soupçon de la grâce des titres les plus doux de Depeche Mode qui surgit, comme sur l’excellent « Ivak Trahor », un voyageur de l’espace porté à la fois par une belle guitare et des nappes alternées.

Le choix du vocodeur sur « Sweet Heart of Mine », associé au chant en français positionne maladroitement ce titre, lui aussi un poil tapageur, en mode tête-en-l’air… Si l’on doit comparer, « Tell Me » qu’on avait découvert précédemment, est également dominé par le chant de Christelle mais ici, sa voix se fait un peu plus acide (un peu de Hanin Elias dans la tonalité), donnant de l’épaisseur à un titre à la musique évolutive et racée, et là, c’est un succès immédiat. La synth-pop se fait plus travaillée (parties rythmiques, basse de Cyrille, superpositions des couches mélodiques secondaires) et sert de belle façon le propos. Avec « Pumpkin Fairy Tale » (plus new wave avec même une tournure un peu Fad Gadget !), « Synthetize » (comme une version synth-pop d’un Brendan Perry jeune, je rejoins l’avis du musicien et critique Frédéric Gerchambeau de clairetobscur.fr) et « Mutation » (lui aussi sur l’EP précédent), le groupe trouve sa pierre philosophale. Les deux voix se répondent et se complètent sans en faire trop (une réussite qui n’est qu’abordée sur « A better Claim » : l’alchimie ne prend pas totalement), la musique est prédominante, se déployant en un appareil sensible, faisant sens avec profondeur.

En cette rentrée automnale, Happiness Project déploie donc les derniers rayons les plus chauds pour illuminer une mélancolie délicate. Les illuminations liées aux stroboscopes faciles seront dédaignées en fermant les yeux, les oreilles, ou en passant deux pistes.

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Tracklisting :
01. Big Cities

02. Sweet Heart of Mine

03. Still able to love

04. Mutation

05. Pumpkin Fairy Tale

06. Ivak Trahor

07. Synthetize

08. A better Claim

09. Tell Me

10. Scent

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Note : 70%

Site du groupe / MySpace :

http://www.happinessproject.fr/

http://www.boredomproduct.fr/

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