Greyhound – Prototype

09 Sep 12 Greyhound – Prototype

Il faut être d’humeur très… rythmique, pour entrer dans le nouvel et cinquième opus de Greyhound. « Et ça t’étonne ? », entends-je au loin. Pas des masses, à vrai dire. La primauté donnée à la percussion dans le son programmé, chargé et glacial de Greyhound reste à nos oreilles ce qui fait sa force comme sa faiblesse. Non que le projet de Steffen Lehmann (accompagné de Björn Boysen pour le live) n’atteigne son but, que ce soit dans l’esthétique (la conscience du programmeur réveille l’héritage percussif des musiques industrielles) ou dans le fond (projection, en l’occurrence, du point de rupture mental) – mais Greyhound souffre de la relative étroitesse dans l’application de ses principes.
L’essai est généreux, quinze titres – mais après tous ces disques (en assez peu de temps, finalement) avait-on encore besoin de tout cela pour comprendre où Greyhound veut, aujourd’hui, en venir ? L’économie aurait sans doute fait du bien à ce disque fort répétitif et trop long ; mais qui, évidemment, ne manque pas forcément d’intérêt dans ce qui fonde sa quête. En réalité, et c’est un peu triste à dire, nous croyons préférer Greyhound pour ce qu’il vise que pour ce qu’il aboutit.
Prototype porte plus que bien son titre, par ailleurs : ses volumes saturés et sales fixent une idée force, mais l’uniformité du ton et de l’optique tuent la surprise qui pourrait, devrait nourrir l’écoute de ces charpentes massives et dynamiques. Le bât blesse en ce que la dynamique n’existe plus, dès lors que sa vocation se réalise en un degré constant de puissance. Regret d’autant plus fort qu’à l’occasion de quelques détails, Lehmann nous montre sa ressource : les quelques textures qui enrichissent ces amalgames percussifs donnent une dimension (et une voie, en ce qui nous concerne) au son du projet. Reste à vouloir, sans aucun doute, ce salvateur relief (« Prototype III »). L’espérance demeure donc de voir Greyhound s’extirper de certains schémas et franchir le pas d’une entreprise esthétique plus ouverte. Constat ambivalent que celui d’un méticuleux artisanat dont les contours ne nous suffisent plus, quand de mode opératoire nous ne saurions exiger de l’artiste. Il reste le démiurge, mais nous restons dans l’attente.

www.myspace.com/greyhoundmusik

Be Sociable, Share!

Tracklisting :
Be Sociable, Share!























Tweet

Note : 60%

Site du groupe / MySpace :
Be Sociable, Share!