Gothminister – Anima Inferna

04 Avr 11 Gothminister – Anima Inferna

Gothminister est voué à ne jamais nous marquer. C’est son choix. Quel choix ? Bah, on ne va pas quand même pas leur enlever l’unique concession qu’on leur fait : l’efficacité. Disons que pour beaucoup, le cocktail bien dosé – et bien soft – d’electro-indus, de goth, et de bon gros tanz metal, opère comme il faut. Depuis leur Gothic Electronic Anthems, dont le titre annonçait la couleur, le combo peinturluré prévient soigneusement toute notion d’art et d’originalité, pour mettre en exergue une expression bien roublarde, à la teutonne – pourtant, ils sont tout ce qu’il y a de plus norvégien –, qu’on ingurgite avec plus ou moins d’indigestion selon nos habitudes. Ecouter Gothminister, c’est aussi regarder de très, très, mais alors très gros filons. Alors comment voulez-vous connaître la vibration pure ? On accepte simplement les règles du jeu. Anima Inferna, c’est rebelote. Ça vrombit bien, ça bidouille électroniquement, c’est parfois bien bien catchy (pas pour rien que l’imparable et carrément poppy « Liar » est le premier single), ça requiemise grégoriennement dans le fond, par-ci par-là (« Solitude », « The Beauty of Fanatism »), et malgré la grosse voix goth qui tente parfois l’incartade rampante, ça ne fait pas vraiment peur. C’est un petit plaisir marrant, pour qui veut bien ; grotesque assumé ou pas, on secoue gentiment la tête, sourire aux lèvres. On dit : « quand même, quand même, c’est que c’est superbement bien soigné tout ça. Et ils ne jouent pas mal, les bougres ! » Vaguement plus métallique que son très modeste prédécesseur Happiness in Darkness, Anima Inferna offre de-ci de-là du riff bouillonnant (« Stonehenge », « Liar », encore) pas dégoûtant du tout, une outrancière théâtralisation qui ne nous dupe pas des masses, quel que soit le degré de considération de la chose ; on analyse en deux temps trois mouvements les strates d’influences, mais là n’est pas le but, et enfin, on se remet « Liar » un coup, puis « Solitude », en se disant qu’on est à peu près autant touché au cœur que Jeanne Calmant est morte jeune, mais que bon, c’était rigolo, chatoyant comme il faut, et que quand même, c’est Gothminister, il ne faut pas trop en demander. Et le prochain, il sera comment ?

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