Gitane DeMone Quartet – Past The Sun

15 Avr 17 Gitane DeMone Quartet – Past The Sun

C’est entre les guitares tendues d’un death rock dont nous ne tairons pas longtemps le nom, et des inflexions cabaret familières que Gitane DeMone inscrit son actualité avec son quartet actuel.

Si la dame accuse un fond de catalogue solo disparate et fort variable en intentions, le cru 2017 de l’ex-muse de Valor Kand porte un propos tout à la fois physique et expérimental. Les discrétions et fantaisies baroques d’Am I Wrong? sont loin, et nulle place ne sera non plus laissée à la facilité : le nouvel album est bien moins digeste que des choses plus rock et convenues commises d’antan par Gitane (Stars Of Trash, album de collaboration avec les gens de Dreadful Shadows).

La constitution du groupe actuel pose un décor. Rikk Agnew, membre de la mouture originelle de Christian Death (supriiiiise), est de retour dans l’univers de Gitane. On le retrouve ici aux côtés de Paul Roessler (personne clef du punk US avec au CV, entre autres, The Screamers, Twisted Roots, Nervous Gender, 45 Grave, Mike Watt & The Secondmen, Nina Hagen), mais aussi la bricoleuse Deb Venom, au civil Debra Erin Benham. Autant le dire, Gitane a pris le parti de s’associer à de fortes personnalités, peu connues pour leur goût du compromis.
Et les choix seront radicaux avec ce nouvel opus. Un ensemble nourri de références anciennes : reprises au menu de Tim Buckley (« Lorca », étrangeté issue de l’album du même nom en date de 1970 et à laquelle Gitane instille une tournure hypnotique et inquiétante), The Screamers (« Eva Braun ») et Suicide (« Ghost Rider »). Les covers se situent sur la deuxième partie de l’album, autrement dit la moitié sur laquelle Gitane ne signe pas les compositions d’elle seule. Cette moitié implique un peu plus franchement Rikk Agnew sur le plan de l’écriture, puisqu’il y cosigne avec Gitane le fameux « Honest Cum », l’un des titres les plus cabaret, dénudés et enveloppants.

© FB Gitane Demone Quartet

© FB Gitane Demone Quartet


Gitane DeMone & Rikk Agnew © FB Rikk Agnew

Gitane DeMone & Rikk Agnew © FB Rikk Agnew

En choisissant de laisser une telle place aux reprises, le quartet abat une carte d’identité dont les deux faces ne s’opposent pas. Les choix de la production, réussie, unifient l’ensemble dans un reflet sale et industriel.

Gitane, elle, est en voix. Elle donne ici libre cours à cette inflexion théâtrale dont ses adeptes raffolent depuis ses tout débuts, soufflant cela dit moins de jazz que sur ses travaux les plus dénudés (le marquant Dream Home Heartache, enregistré en 1995 avec Rozz Williams). Past The Sun est un disque d’épaisseurs, de poisse. Le moment le plus intense reste à notre goût le tout premier titre, « Man made God ». Il instaure une tension dramatique peu commune dans l’œuvre de Gitane, et forme encadrement parfait avec la violente reprise de Suicide clôturant l’expérience auditive.

Le bilan s’avère plus que bon – et pour tout dire, au-delà de ce que nous espérions.
DeMone publie à l’occasion l’un de ses disques les plus violents en intention, signe d’un art vivace. Un de ses travaux les plus noirs et inspirés, une production de laquelle se dégage un sidérant effet de bloc.

> GITANE DEMONE ONLINE
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Bandcamp Gitane DeMone
Bandcamp Gitane DeMone Quartet

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