Ghostland – Dances on Walls

01 Mar 19 Ghostland – Dances on Walls

Voici du rock gothique de très belle facture : mélodies évidentes (facilement classiques car immédiatement accrocheuses) et voix féminine bien mise en avant et qui, si elle ne révolutionne en rien le genre, se montre capable de jolies modulations (« The dancing Crowd »). La basse de Nikos a cette résonance un peu rugueuse qu’on a connue chez Savages (et avant ça chez Bauhaus, bien sûr) comme on peut l’entendre sur « Leave behind (Hollow Moon) ». Alors, les compositions n’offrent pas des surprises flagrantes et optent pour le déjà-vu : une ligne de basse régulière, des guitares et claviers qui habillent la base rythmique et un chant à la tessiture imparable. La batterie programmée sonne avec sécheresse (« The dancing Crowd ») : c’est le même homme, Argyris, qui soigne les claviers, la guitare et la boîte à rythmes ; en live, l’arrivée de Stavros aux synthés a aidé Ghostland a avoir plus de dynamisme.

C’est très bien ficelé et ce groupe d’Athènes joue avec honnêteté. C’est ce qui fait la différence. Là où Second Still en 2017 surpassait la concurrence par une entité féminine de premier ordre (Suki San), Ghostland creuse sa place par des ambiances sourdement grises (« Wind of Knives »), laissant le temps aux climats de se forer un passage vers quelque chose qui laisse sa trace dans le corps (les volutes de « Sway »)..

On les suit moins lorsque sur « Don’t wait » la musique lorgne vers une proto-EBM (on reconnaît même sur le démarrage de « Leave behind » un sample rythmique proche de celui de Die Bunker en 1983 et leur « Wut » ou bien leur « Am rande der Ruhr »), toutefois, la voix de Makrina sauve tout : gracile et mutine, elle suit avec bonheur cette musique primesautière. Le contraste est absolu avec la langueur dépressive de « Ice Song », la bien-nommée.

La déambulation nocturne du clip de « Lifeblood » (réalisé par Kostas Papapanagiotou) part d’un postulat étonnant : alors que la musique tourne avec férocité, c’est à une promenade détendue, mains dans les poches et regards baissés ou sur le côté que nous convoque Makrina, refusant de mettre en avant cette rage sous-jacente. Tout au plus les images en bougé sur les cadrages américains de la chanteuse ou les effets stroboscopiques en lumières rouges viennent-ils densifier les émotions. C’est au paysage de no-man’s land urbain de porter la charge émotive, mélancolique et désespérée.

Il manque peut-être au groupe ce sursaut d’énergie noire, qu’il a en lui, comme s’il leur fallait désormais balayer la timidité et la retourner pour la jeter plus férocement aux visages adverses.

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Tracklisting :
01. Dances on Walls

02. Leave behind (Hollow Moon)

03. Wind of Knives

04. Don’t wait

05. Sway

06. The dancing Crowd

07. Ice Song

08. Lifeblood

09. Against the Light

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Note : 75%

Site du groupe / MySpace :

https://manicdepressionrecords.bandcamp.com/album/md107-ghostland-dances-on-walls

https://ghostland.bandcamp.com/album/dances-on-walls

https://www.facebook.com/ghostlandband

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