Fotocrime – Principle of Pain

06 Mai 18 Fotocrime – Principle of Pain

Très surprenant et agréable, Principle of Pain, le premier long format de Fotocrime, malgré ou grâce à ses imperfections, réussit le tour de force d’être un album bien recommandable.

Sous une pochette ringarde à souhait et assumée (entre Lords Of The New Church et les récentes pitreries de 69 Eyes), le groupe opère une jonction entre le rock gothique un peu trop flamboyant du début des années 90 et le rock électronique des années 2010.Belle surprise sachant que son leader était auparavant dans la formation plus typée punk-rock / hardcore Coliseum.

La présence de tubes imparables est déjà un bonheur en soi pour une musique teintée de sombre. A cet égard, les deux bombes de lover-rock que sont « Nadia (Last Year Man) » et « The Rose and the Thorn » tournent à plein régime. Carrossées et étincelantes, ces chansons sont prêtes pour une longue route alors que l’été n’est pas officiellement là. Les guitares flamboient, la voix porte, quand bien même elle ne tombe pas dans les graves les plus courant dans le genre ; en revanche, les parties électroniques sont brillamment assemblées, soutenant le propos de volutes efficaces sur le plan émotionnel. Là ou d’autres auraient gonflé aux hormones ce rock qui n’attend que ça (« Enduring Chill », à la limite de l’emphase hardos, mais un break audacieux démarque le titre de tout modèle), Fotocrime reste en-deça, et ponctue par des breaks son propos. Avec ce que d’autres appelleraient des défauts, Fotocrime atteint un équilibre, faisant passer la mélancolie dans ces ajouts de production. La force est alors stoppée avant d’atteindre un calibrage FM ou stadium. Ainsi les parties électroniques, elles, habillent avec bonheur « Autonoir » qui file droit vers la mélancolie et « Gods in the dark », un duo plus darkwave dans son essence.

Ryan Patterson n’a pas une formule toute faite, il tâtonne, cite au passage le « Tainted Love » sur le doux-amer « Infinite Hunger for Love ». « Love in a dark Time » porte les traces de ces errances avec sa basse bien rugueuse qui attend vainement d’être soutenue sur ce mid-tempo un rien poussif. « The soft Skin » semble un titre à part, placé presque en bonus final, bien plus synth-pop que les autres pour un résultat posé et enveloppant. Auparavant, la voix s’était teintée d’une vieillesse bienvenue sur « Don’t pity the Young », frôlant le glam d’un Bowie blafard tandis que sur « Confusing World » elle avait pris les couleurs d’un death-rock plus mélodramatique. Ces variations régulières donnent à cet album une indécision, comme si Ryan n’avait su se résoudre à fonctionner sur un modèle identique. Ces essais pour atteindre une humeur, un coup de blues finalement dépassé, sont paradoxalement son atout le plus sérieux : celui de la vérité fragile. le cheminement est plus qu’intéressant.

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Tracklisting :
01. Nadia (Last Year’s Men)

02. Love in a dark Time

03. Don’t pity the Young

04. The Rose and the Thorn

05. Autonoir

06. Gods in the Dark

07. Enduring Chill

08. Infinite Hunger for Love

09. Confusing World

10. The soft Skin

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Note : 75%

Site du groupe / MySpace :

https://fotocrime.bandcamp.com/album/principle-of-pain

Fotocrime

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