Father Murphy – Rising. A Requiem for Father Murphy

01 Mar 18 Father Murphy – Rising. A Requiem for Father Murphy

Après quinze années d’existence et une évolution musicale constante qui les a amenés d’un rock psychédélique et occulte à une avant-garde de plus en plus lyrique et cérémonieuse, Chiara Lee et Freddie Murphy ont décidé d’enterrer le personnage de Father Murphy une bonne fois pour toute. C’est triste bien sûr, car ils font partie des plus grands groupes de scène que j’ai pu voir ces dernières années, mais cet album en forme de requiem est le plus bel adieu que l’on puisse rêver.

C’est à la fois la suite logique de la « Trilogie de la Croix » et la continuation du vinyle deux titres avec la chanteuse américaine Jarboe paru sur Consouling Sounds il y a tout juste six mois. Le son est épuré, créant un espace enveloppant, où le silence fait partie des compositions au même titre que les field recordings et les drones. La guitare se fait très rare et les explosions noise ne sont plus de la partie. L’ambiance est funèbre, médiévalisante et souvent incantatoire. Difficile de trouver d’autres équivalents, mais dans cette démarche liturgique, rituelle, teintée d’héritage postindustriel, on peut parfois penser à The Moon Lay Hidden Beneath a Cloud (la marche mortuaire « Gradual » avec ses orgues et trombones lugubres) ou encore à Déficit des Années Antérieures (« In Paradisum ») mais avec cette dimension soundtrack, à la fois inquiète et malfaisante, qui amène des tas d’images en tête. Il suffit d’écouter ces vers qui grouillent (« Libera me ») ou ces cordes très graves frottées jusqu’à donner la chair de poule (« Sanctus »). Jamais le groupe n’a non plus été aussi bavard (« Sequence »). Les harmonies vocales portent le disque plus que jamais et on atteint de purs moments de beauté céleste (« Tract »), portés par les chants de peine (« Krie Eleison ») qui élèvent l’âme vers l’au-delà alors que l’enveloppe charnelle se consume en cendres (« Offertory »). Le cauchemardesque s’estompe pour laisser place à l’élégiaque, un accompagnement doux, mélancolique et presque triomphant dans son acceptation de l’inéluctable.

Édifice terminal d’un parcours musical et psychique lié à la quête de foi, Father Murphy creuse sa propre tombe et semble en jubiler. Le propos a beau être macabre, la liberté créative de cette œuvre mène plus à l’euphorie et à l’appréciation de son humour noir. Chaque détail est pensé avec minutie, aucun son n’est de trop, une expression unique et qui laisse présager plein de possibilités pour la suite. Bizarrement, ce requiem sonne plus comme une ouverture, d’autant plus qu’une bonne poignée d’invités est venue se joindre au duo. On retiendra notamment le titre éthéré et mystique en diable avec Ariadne (« Communion »). Et on en vient finalement à espérer que cette exploration émotionnelle qui prend ses sources dans l’enfance religieuse des musiciens ne sera pas mise de côté dans leurs projets ultérieurs, question que l’on ne manquera pas de leur poser lors de leur tournée d’adieu qui débutera en avril, avec un bon nombre de dates avec la complicité envoûtante de la prêtresse Jarboe.

http://www.avantrecords.com/

http://ramplocal.com/

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Tracklisting :
1.

Introit

2.

Kyrie Eleison

3.

Gradual

4.

Tract

5.

Sequence

6.

Offertory

7.

Sanctus

8.

Agnus Dei

9.

Communion

10.

Pie Jesu

11.

In Paradisum

12.

Libera Me

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Note : 90%

Site du groupe / MySpace :

http://www.avantrecords.com/

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