Fanny Roz – Grand Décor

20 Mar 17 Fanny Roz – Grand Décor

D’emblée, Fanny accueille son public avec une mélodie enjouée, celle d’une chanon jazz menée par son piano. Mais, derrière l’affichage gentillet, on entend le refus de la société de consommation, des mannequins trop maigres, le rejet des endroits qui font le buzz en mode wifi, la condamnation de la téléréalité et de la pollution. Fanny trouve refuge dans les 33T, les années Truffaut, Mia Wallace et son premier titre, « La Reine du Vintage », bascule en moins de deux dans l’espace-temps avec une ambiance interlope.

Le second titre sort à son tour du schéma attendu par les radios classiques : « Le Vampire » sera trop long, malgré ses influences manouches et chanson néo-réaliste qui font penser au travail de les Elles ou de Les gros Qui Tachent au siècle dernier. Fanny y manie cette gouaille très Titi de la vamp qui vide la bourse de son amant à coups de Fraises Tagada !

C’est avec « Face à la Mer » que l’album prend son envol. Le clavier Hammond crépusculaire expose un trouble mélancolique qui s’affine. Les paroles et la musique toute en retenue font germer un thème bien plus intime. Immédiatement singulier, le titre révèle une personnalité de toute beauté, sa reprise en acoustique, en fin de disque, en fait un titre phare (pardonnez-nous le jeu de mots), proche des travaux de Watine. Pour l’appuyer, son faux-jumeau, « feu » dévoile une poésie parlée sur le thème de l’amour.

Watine, justement, c’est à elle qu’on conseillera l’écoute du chouette « Géographie », bien plus qu’à Camille. Pourtant, il est vrai que le démarrage en mode beat box peut évoquer la jeune prodige, mais la basse, le banjo, les percussions légères et, surtout, cette envolée romantique donnent bien plus d’ampleur au simple jeu de la voix de femme-enfant dont raffole Fanny.

Beat box encore, après un interlude piano chant sans paroles, pour « Mardi » qui se fait polyphonique. Basé sur une improvisation de fin de repas menée par Carola Ortiz, Tal Tula Ben Ari et Fanny Roz, le titre s’est vu renforcé des choeurs des copains (Cécilia Debergh et la belle voix grave de Mathias Gewelding) et de nouvelles pistes de voix de Fanny.

En dehors de ces titres habilement joints les uns aux autres, cet album se fait compilation de bric et de broc parce que Fanny Roz est comme ça : « La Rumeur » balance des impressions extraites d’un concert, avec un piano dans le fond pendant que « La Reine du Vintage » bénéficie d’un lancement assourdi sur la scène. Les invités, les retouches assumées, les deux sessions de prises de son, mixage et production à Toulouse et Barcelone de 2015 à 2016, c’est ce qui donne à ce disque son cachet authentique, c’est un parcours plus qu’une carte envoyée d’un endroit précis à un moment particulier. Ce n’est qu’à cet égard qu’on se régalera du décalage narratif que constitue la poésie dada foutraque de l’épopée campagnarde des deux jeunes délinquants que sont « Hector et Chloé », un casse-pire musicale baigné dans le Forguette Mi Note, hommage à tous les amoureux malhabiles !

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Tracklisting :



01. La Reine du Vintage

02. la Vampire

03. Face à la Mer

04. Géographie

05. Lundi

06. Mardi

07. La Rumeur

08. Hector et Chloé

09. Feu

10. Face à la Mer (acoustique)

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Note : 68%

Site du groupe / MySpace :

www.fannyroz.com

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