Eths – III

08 Avr 12 Eths – III

Depuis le dérangeant, le flippant, le magnifique et malsain Samantha, Eths a nettoyé ses sonorités, structuré son image, soigné la progression de sa carrière. Un peu trop sans doute au goût des puristes qui ont eu (pour changer) tendance à ne voir dans le processus des marseillais qu’un filtre à la crasse, aux sperme et autres vomissures qui fait une part de l’identité du groupe. remarques courantes dans le public éclectique des festivals notamment.

Il faut pourtant leur donner raison. Eths a beau taper aussi fort qu’à ses débuts, Candice à beau growler comme une bête écorchée vive, il semble bien que leur metalcore soit devenu plus clean. Le malaise et les immondices de l’âme qu’ils distillaient si justement paraissent lavés aux grandes eaux d’une production bien propre. Et pour quel résultat ? Pas nécessairement le pire.

Eths revient donc en 2012 avec un troisième album visuellement très beau, tribal et goth à la fois, et des titres sinon immédiatement passionnants, du moins intrigants. Ainsi les murmures de « Voragine » installent-ils en creux les vociférations psychotiques de Candice. A toute berzingue, « Harmaguedon » déclame des propos évangéliques vaguement détournés (c’est qu’il faut comprendre les paroles !) sur une ligne de chant clair approximative, loin de tomber sous le sens mélodique de l’instru.

Facilité ou manque d’inspiration ? Le growl, lui, donne toujours autant de frissons. Candice et  sa « vraie voix » se rattrapent sur l’original « Adonaï ». Il faut surtout retenir Gravis Center, le morceau type qui fait débat autour du groupe. Titre phare pour les fans du Eths d’aujourd’hui, titre traître pour les autres. Arpège ambiant, ligne de chant sur la bascule, grandes cordes… simple et catchy. De quoi lancer véritablement un album qui s’impose définitivement avec le titre suivant, « Inanis Venter » et sa pulse brutale et hypnotique à la fois. Judicieux mélange de la voix posée de Candice sur un growl moins black et plus neo !

Bis repetita sur l’intro de « Sidus » qui progresse ensuite vers des riffs et une ambiance vraiment black cette fois. Eths n’a donc pas tout purgé. Il reste des ténèbres dans les fils des amplis du groupe. Et des voix grandiloquentes entre les touches blanches et noires de ses synthés. Autre excellent riff de l’album, celui du début de Proserpine et la sensation que Candice ambiance parfois ses parties claires comme l’aurait fait… Mylène Farmer du temps de California (pardon pour la référence). A noter que le pont guitare acoustique/voix ne manque quant à lui pas d’intérêt. Candice a d’autres ressources que le on/off de sa voix de fille allumée. Final tribal et païen de grande facture.

Finissons par le joyau sombre de III, « Praedator » suivi d’ « Anatemnein » qui réunissent en deux titres toutes les qualités énumérées plus avant, et Eths réalise son album le plus ambitieux et le plus réussi. On est loin de « Samantha », c’est vrai. La petite fille a grandi et le propos n’est plus tout à fait le même. Mais une chose demeure. Encore et toujours, la bête et l’agneau ne font qu’un. Et cet accouplement a donné un monstre qu’Eths apprivoise désormais.

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Tracklisting :
1. Voragine

2. Harmaguedon

3. Adonaï

4. Gravis Venter

5. Inanis Venter

6. Sidus

7. Proserpina

8. Hercolubus

9. Praedator

10. Anatemnein

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Note : 74%

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