Editors – Violence

17 Mar 18 Editors – Violence

Le changement de line-up d’Editors a tué dans l’œuf une partie du son originel (The Weight Of Your Love : U2, y es-tu ? nouvelle troupe, son de stade, identité en redéfinition – 2013). Tout passe.
Mais il reste bien sûr des fragments du passé dans le spectacle sonore de cette pop anglaise, dans le sens de la composition et la voix medium, reconnaissable, du leader Tom Smith : une tonalité qui du temps des premiers phrasés, fit crier à la nouvelle référence post-punk. Tout ne casse pas forcément, mais la nature a sa loi : tout change.

Violence, le sixième opus studio du projet, a été coproduit par le renommé Benjamin John Power et Editors eux-mêmes. Ce travail a donné à Smith l’occasion de s’acoquiner avec Blanck Mass pour la confection d’un son tendant à hybrider le plus possible ses tendances organiques et synthétiques.
Mais le peaufinage des bords extérieurs, incontestable en ce qui concerne ce sixième album, donne-t-il de bonnes chansons ? Les premières écoutes n’ont été que circonspection : sentiment d’une musique extrêmement lissée, sans mélodies aussi fortes que ce qu’ont pu réserver les trois premiers opus, ceux du son originel. Le premier single, « Magazine », n’a pas forcément été bien reçu par ici. Lointain, le sentiment que ces choses explosent. L’expérience accumulée se ressent forcément mais a joué en faveur d’un exposé qui frôle trop souvent le douçâtre.

Succession des écoutes, patience de mise. Il est préférable de revenir vers les choses en musique. La répétition des visites nous a fait gagner respect, à défaut d’adoration, pour cette collection de chansons. Nous retiendrons d’elles une tendance à l’intériorité (« Violence ») mais aussi des choix de production qui nous laissent sur notre faim. Editors, sans être forcément plus grandiloquent qu’il a pu l’être, cherche à être parfait : pas grand-chose ne dépasse, et si la voix de Smith tire son épingle du jeu, elle ne s’exprime plus de la même manière. Sa frontalité ténébreuse, celle des premiers essais, s’est comme diluée. Nul n’a à dire de la même manière toute sa vie, il faut en convenir mais sur la globalité de cet enregistrement, ces fameuses descentes dans les graves nous manquent. Un attrait esthétique manque, selon nous typique, regret qui redouble dans la timidité des couches organiques et ce sentiment persistant d’un aplat plus que d’un relief.

Passés ces regrets, il faut reconnaître à l’ensemble une bonne finition, un attrait dansant (« Nothingness »), une force intime (« No Sound but the Wind », beau remake du titre figurant sur la B.O. Twilight: New Moon), et un sens opératique (« Counting Spooks »). Mais quitte à comparer ce disque à ce qui peut l’être, nous resterons sur les ambiances et mélodies du précédent et inégal In Dream, travail restant à notre avis et pour l’heure, le plus intéressant de la deuxième période de vie.

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Note : 65%

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