Draconian – A Rose for the Apocalypse

18 Juil 11 Draconian – A Rose for the Apocalypse

Le quatrième véritable album studio de Draconian était fiévreusement attendu, et pour cause : les grâces de Where Lovers mourn et Arcane Rain fell imposèrent un art goth/doom immédiat ; beauté claire, efficiente. Plus tard, un troisième recueil, autrement plus massif, Turning Season within, permit à la congrégation suédoise de quitter un certain anonymat : mise en avant par Napalm Records, sûr de la force de frappe de formats simplifiés, de guitares alourdies, de rythmes accélérés ; et toujours cette grâce, cette classe de moins en moins téléphonée. Et aujourd’hui, Draconian prouve qu’il n’a pas oublié une seule leçon de son passé. A Rose for the Apocalypse est certes un album puissant, métallique, néanmoins il se permet un retour aux couleurs et saveurs plus mélancoliques que tempétueuses de ses deux premiers albums. Il en ressort une œuvre équilibrée, peut-être un peu trop, c’est vrai, mais dont jaillit parfois une obsédante beauté (les passages chantés de ce nuancé « The drowning Age », le final poignant autant que paralysé du très beau single « The last Hour of an ancient Sunlight »). Le chant de Lisa Johansson, largement mis à contribution, ravit (« Elysian Night ») autant qu’il s’harmonise avec le parti pris de sobriété qui régit A Rose for the Apocalypse. Concrètement, la musique de Draconian a perdu l’évidence émotionnelle de ses débuts autant que la puissance et l’immédiateté mélodique de Turning Season within. On peut s’en plaindre, ou soutenir ce qui semble être une entreprise d’approfondissement, d’allongement de la durée de vie : désormais, les mélodies de Draconian sont teintée de venin : elles semblent paralysées ; leurs tentatives d’envol sont superbement perturbées par des bourrasques qui sont autant de surprises harmoniques. L’oreille se fraye un chemin, et s’y retrouve toujours plus au fil du temps, dans cette lividité, dans cette tristesse qui semble bien plus qu’auparavant refuser le pathos, sans se départir de sa grâce, de l’élégance de ses textures. « End of the Rope », « The Death of Hours » ou « A Phantom Dissonance » ne sont pas d’immédiats crève-cœur, mais bien au contraire, des joyaux noirs et embourbés, partagés entre la contemplation et la claustration.

A Rose for the Apocalypse n’est pas un album facile. Draconian n’impose plus de morceaux fleuves où il semble donner tout ce qu’il a dans la démonstration de la beauté (on pense évidemment aux « Cry of Silence » et « Death, come near me » de ses deux premiers albums). Les formats raccourcis, les structures resserrées, sont dans la continuité de Turning Season within, mais la noirceur et la tristesse rendent une musique moins dense, moins lourde. Affaiblie par le désespoir. Il appartient à chacun de décider s’il fait l’effort de s’enfoncer dans les glaces de cet album citadelle, ou s’il déplore que Draconian, moins aguicheur, détourné des appels du cœur, peine tant, aujourd’hui, à invoquer les larmes.

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Tracklisting :
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Note : 75%

Site du groupe / MySpace :

www.draconian.se

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