Dive – Underneath

29 Juin 17 Dive – Underneath

Underneath, c’est un peu le Dive rêvé.
Alors que le projet du Belge Dirk Ivens (The Klinik, Absolute Body Control) atteint prochainement sa trentaine d’années au compteur (il veut les fêter live – souhaitons-lui ardemment que cela se produise et dans les meilleures conditions possible), Dive nous a rarement auparavant paru si pertinent, affirmatif et stylé. Le fruit du travail, en 2017, est remarquable.

Glacial, le contenu d’Underneath (dont la composition a démarré simultanément à un hiatus d’ABC) forme ode au minimalisme. Il emprunte une voie par nature vocale et synthétique, rafraîchissante et non loin de redéfinir l’archétype sonore même de Dive.

L’entrée en matière dessinée par le titre éponyme dit bien des choses quant à ce qui se produira par la suite – une suite concoctée par le maître des lieux, assisté des personnes de Ivan Iusco (qui avait travaillé avec Dirk sur Concrete Jungle) et de Rafael M. Espinosa (à ses côtés pour Behind the Sun). Tous deux ont joué un rôle majeur concernant la musicalité du nouvel album, et il faut souhaiter à l’auditoire que pareille configuration ait un avenir.

Ivens et ses compagnons de route expurgent en l’occurrence un jus mécanique et intime, nourri des tourments du monde. Tout vient de l’intérieur, l’énergie est là mais reste assez contenue. Et si la suite dévoile parfois des exposés plus frontaux que l’introductif « Underneath » ou « From Behind » (« Far Away », ou encore un « Something » très skinny-puppyen), il demeure au cœur de cette collection une sensation de décalage, un psychisme meuble : cet inconfort qui germe des ambiances et couleurs a sous doute attiré à elle le qualificatif lynchien mis en avant par le label pour approcher la substance. Une tension intérieure est perceptible (« Sacred Skin ») et Dive réussit un tour de force : aucun temps mort, pas de déchet. C’est un point d’orgue au sein de la discographie (« Let me in », rituel de danse) ; et, espérons-le, séminal. Toute une expérience de musicien y parle : les larmes coulent à l’intérieur des machines, ainsi que l’exprima un jour Neil Young à propos de cette musique électro dont tout le monde, après les années 1970, ne comprenait pas les aspirations. Un monde sans doute un peu défait devant les espérances en désagrégation du rock.

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Note : 85%

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