Deicide – To Hell with God

22 Fév 11 Deicide – To Hell with God

Glen Benton est un personnage au charisme notoire, un illustre fou qui aime heurter ses contemporains à l’aide de frasques pas très catholiques. Quelle crédibilité aurait aujourd’hui Glen Benton, une croix retournée scarifiée sur le front en projetant de se suicider à trente-trois ans ? L’approche est si rustre et primaire qu’on en rit allégrement. Soit, on a parfois tendance à oublier qu’il est aussi un excellent vocaliste (son passage chez Vital Remains améliora considérablement le rayonnement de ces derniers) et que Deicide draine un nombre non négligeable d’admirateurs depuis la sortie du très populaire Legion. Que reste-t-il aujourd’hui, vingt ans après ce premier coup d’éclat ? Le death metal  s’est vulgarisé et ne porte plus cette aura dérangeante et inquiétante, c’est un fait. Autre temps, autres mœurs ma bonne dame ! Les dinosaures du death metal (Cannibal Corpse, Obituary, Vader et consorts) ont-ils encore voix au chapitre en termes de pertinence et puissance du propos, dans cette frénésie de violence et cette course à la dextérité qui anime les scènes de musique extrême ?

À l’écoute de To Hell with God (produit par Mark Lewis et premier album pour le compte de Century Media), on est tenté de répondre par l’affirmative. Si Glen Benton n’a plus ce chant totalement possédé et dérangé, si Deicide ne fait plus sensation et ne caracole plus en tête des référendums, son allégeance envers le death metal demeure immuable et leurs aptitudes pour composer des titres féroces et véhéments, incontestables. Pour ce dixième album, affublés de leur plus joli pentagramme, notre célèbre équipe d’émérites blasphémateurs, d’enculeurs de curés est composé de l’éternel Steve Asheim à la batterie, des très vivaces Jack Owen et Ralph Santolla aux guitares et le bien nommé Glen Benton : des musiciens pas franchement inexpérimentés et encore moins manchots en somme ! Si l’aspect monolithique et prévisible du décorum apostrophe immédiatement, il faut bien avouer que les feux de l’enfer brûlent toujours et que ces grands noms font valoir leur sens aiguisé de la composition pour une même cause. Des titres comme « Save your » ou encore « Witness of Death »  l’attestent largement : ces brûlots, ce schéma de composition inlassablement répété, cette formule à l’ancienne, réussissent à provoquer (mollement) notre contentement. Des mélodies à l’efficacité certaine, un sens de la composition qui fait mouche, une production survitaminée, des soli fougueux (ils sont évidemment légions)… voilà qui a de quoi remplir un cahier des charges estimé raisonnablement (comprenez : des titres légèrement accrocheurs extraits d’un bon vieux death metal des familles). Les intentions de Deicide n’impressionnent plus, ne font plus fantasmer le quidam mais restent d’une puissance démonstrative plutôt éloquente, les protagonistes sont engagés, nul n’en doute.

À mille lieues de conquérir de nouveaux horizons artistiques, Deicide et ses clichés flattent un échantillon d’auditeurs acquis à leur cause depuis fort longtemps. Aucune prise de risque et forcément, dans ce carcan, avec cette musicalité et ce manque de perspective…  ça commence à être un tantinet pesant !

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Tracklisting :
1. Save Your

2. Empowered By Blasphemy

3. Conviction

4. Hang In Agony Until You’re Dead

5. To Hell With God

6. Servant Of The Enemy

7. Witness Of Death

8. Angels In Hell

9. Into The Darkness You Go

10. How Can You Call Yourself A God

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Note : 60%

Site du groupe / MySpace :

http://www.deicide.com/

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