David Bowie – The next Day

03 Mar 13 David Bowie – The next Day

Il est de retour.

Accueillons-le solennellement, même si c’est un peu tarte.

Donc, disions-nous : il est de retour.

C’est fait.

 

The next Day n’est pas la synthèse d’une carrière vertigineuse, quand bien même il s’autorise – avec finesse et sens du jeu – des appels à ses nombreux prédécesseurs. Bowie va de l’avant. Il pioche dans l’ancien pour créer du nouveau. Et aujourd’hui, pour lui, expérimenter, mélanger, hybrider, n’implique pas l’abandon de purs plaisirs pop et d’apothéoses rock.

Ne nous la jouons pas suspense : The next Day regorge de titres dont on a déjà du mal à se passer. Faut-il nécessairement le comparer aux meilleurs albums des seventies pour juger de sa valeur ? Probablement pas. Les traces de la trilogie berlinoise sont bien là, dans la psyché pop groovy de « Dancing out in Space » ; les harmonies froides et les rythmes saccadés d’Outside ont contaminé « If you can see me » sans le défaire de sa verve synthrock ; mais Bowie n’est plus prisonnier des personnages qu’il a incarnés au fil du temps, et avec lesquels certains disaient qu’il tentait de renouer sans succès, au détour de ses derniers disques. Il est devenu l’ange,  et si en lui aujourd’hui ses multiples passés se rassemblent, c’est pour lui offrir l’élan et la créativité, le dynamisme et la diversité qui font de The next Day non pas le manifeste d’une nouvelle avant-garde Bowienne – les temps ont changé –, mais le recueil, intense, épique, merveilleusement sophistiqué, d’une créature naturellement baroque qui poursuit l’écriture de son histoire avec la même fougue que s’il lui restait encore trente ans de rock. On a envie de le croire.

Splendide Bowie… à offrir à ses pop songs chatoyantes les orchestrations les plus exquises (on savoure les cordes et les chœurs de la remarquable « The Stars « are out tonight »), à manipuler la noirceur et la tension comme il le faisait sur des « Breaking Glass », à coups d’orgues synthétiques et de tempi malades (« Love is Lost », un classique ?), à peaufiner ses pulsions glam et hard rock jusqu’à en faire des étoiles, des fusées pour le live (« (You Will) Set the World on Fire »), il donne à son come-back une raison d’être qu’on ne soupçonnait pas. Même en janvier, quand nous avions découvert la belle ballade « Where are we now ? », nous ne savions pas forcément à quoi nous attendre.

David Bowie n’est plus d’« avant-garde » depuis longtemps (Hours, Heathen et Reality  nous l’avaient bien fait comprendre), et il n’y reviendra pas ; mais il va bien au-delà, cette année, du registre trop strictement pop qu’il s’obstinait à explorer depuis 1999. The next Day est franchement délectable. Énergique et raffiné ; l’intelligence de son architecture n’enraye en rien son sens immédiat de la pop… Le Prince a bien fait de prendre son temps pour revenir. Ce n’est certes pas The next Day qui nous détournera de ses plus gros chefs-d’œuvre… mais aujourd’hui, on a vraiment envie d’être contents.
Ce n’est pas un hasard.

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