Crossover – Gloom

15 Mai 12 Crossover – Gloom

En 2001, quand le premier album de Crossover était sorti, Fantasmo, on avait associé le duo formé par Vanessa Tosti (VEE) et Mark Ingram (DEZ) un peu trop hâtivement à la scène electroclash, notamment de par la sortie du disque sur le label Gigolo. Mais leur électro-pop aux beats très appuyés piochait dans bien trop de genres pour se limiter à une simple étiquette. Partis de New York pour se baser aujourd’hui à Los Angeles après un petit périple à Berlin, ils nous livrent aujourd’hui un quatrième album, le bien nommé Gloom, définitivement mélodieux et inspiré. Leur intérêt pour le narratif et l’imaginaire horrifique se focalise autour d’une fuite dans les bois en plein milieu de la nuit. Vampires, fantômes, sorcières et zombies sont convoqués pour peupler un univers où l’influence des soundtracks qu’avaient faits les Goblins pour Dario Argento se fait largement sentir, notamment dans les arpèges entêtants d’un titre comme « Luv Sick Vampires ». De par les thématiques qui obsèdent le groupe, on ne peut aussi s’empêcher de penser à la scène witch house, d’autant plus que les Américains collaborent depuis quelques temps avec Mater Suspiria Vision, une des formations les plus emblématiques de ce récent courant musical. D’un autre côté, avec ce nouvel album, Crossover développe un univers indéniablement gothique (le chant sur « Mother ov God » possède un je-ne-sais-quoi de Rozz Williams), qui se plaît aussi à aller piocher dans la scène cosmique des années soixante-dix et dans les sonorités analogiques (les synthés planants sur « How could I » ou « Murderous Glare »). De temps en temps, les rythmiques pourraient même évoquer un hip-hop ralenti et revisité à la sauce dépressive (il faut dire qu’en dehors de « Don’t turn Yr Back on Magic », « Wraith in the Woodz » ou le carrément disco « Fog Machine », axés ouvertement dancefloor, le reste se révèle bien moins dansant).
On appréciera l’aspect très climatique de l’ensemble (avec un petit faible pour la langueur ensorcelante de « The Burning ») et l’amplitude du son, bien loin des premiers exercices lo-fi du début des années 2000. Un disque qui prend des allures d’escapade nocturne et romantique. Peut-être bien leur meilleur.

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Tracklisting :
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Note : 77%

Site du groupe / MySpace :

http://desirerecords.bigcartel.com/

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