Cradle Of Filth – Darkly, Darkly, Venus Aversa

01 Déc 10 Cradle Of Filth – Darkly, Darkly, Venus Aversa

—Faut que je te demande un truc, toi qui es coiffeuse. J’ai une chronique à écrire sur le dernier Cradle et le chanteur a changé de coupe pour le clip de lancement de l’album.  Tu pourrais me dire à quoi ça ressemble et quelle technique ils ont utilisé, ça serait pas mal comme connerie de départ.

—Mais y’a pas de coupe ! La technique heu… une couleur noire—du 1—sans doute un crêpage, 500 ml de laque au moins. Quant à ce à quoi ça ressemble … ben…  ça ressemble à rien !

Avis d’expert(e). Le côté visuel du Cradle of Filth 2010, ça c’est fait. Dimmu Borgir nous avait déjà enchantés par ses lâchers de colombe le mois dernier, nous ne sommes plus à ça près ?

Ceci étant dit, l’excentricité capillaire de Dani n’entachera en rien le travail fourni par le groupe sur cet excellent « Darkly, Darkly… » Les résolutions prises avec « Godspeed of the Devil’s Thunder » sont maintenues, confirmées. Les facettes putassières sont ternies sous une intention plus sobre. On pense d’entrée à « Cruelty and the Beast ».

Le thème s’y prête, il faut dire. Après la Comtesse Báthory (« Cruelty… »), Gille de Rais (« Godspeed… »), c’est au mythe de Lilith, première femme d’Adam,  que cet album consacre onze titres . Promesse d’un féminisme goth de bon aloi, la bougresse ayant, selon des textes apocryphes, refusé de se soumettre à la phallocratie ambiante à l’époque du Paradis.

Les compositions laissent forcément la part belle au chant féminin d’une certaine Lucy Atkins. C’est un des choix bienfaiteurs de « Darkly, Darkly… ». Sa voix paraît moins hors de propos que celles de Sarah Jezebel Deva ou Liv Kristine, moins absurde. On pourrait dire aussi moins audacieuse, ça se tiendrait aussi. Choisir, c’est, d’une manière ou d’une autre, perdre un peu. Dani chercherait-il le consensus ?

Ce qui est certain, c’est que l’écriture musicale est l’une des plus inspirées de la discographie de son groupe. Il faudra certes plusieurs écoutes pour dénouer les fils emmêlés des guitares parfois très bavardes mais les compositions se tiennent par la variété des riffs et leur capacité à se faire entêtants, judicieusement redondants. Les powerchords étouffés de « The Persecution Song », pour ne citer qu’eux,  font leur petit effet.

Peut-être le climax de l’album se trouve-t-il sur « Lilith Immaculate », plage romantique (toujours selon l’assertion littéraire qui nous intéresse, nous somme Obsküre, pas PBLV), épique, puis étonnamment opératique, en mode majeur, pour un final inédit chez nos anglais. Discret pour le profane mais bel et bien surprenant.

Reste à regretter la tessiture synthétique de la production, ce manque de vérité organique dans la prise de son. L’orchestre jaillît de la gueule béante d’une machine dont les cordes vocales ne sont que circuits imprimés qui font sans joie leur devoir. Fonction sans nature. Ca ne vaudra jamais le crin de cheval qui fait vibrer les cordes d’un vrai violon, et moins encore celui qui le tient.

Malgré tout, « Darkly, Darkly, Venus Aversa »  pourrait reconquérir une audience perdue depuis le disque de la Comtesse. A croire d’ailleurs qu’il faut un album-concept pour que Dani And the Filth (petit sobriquet donné par Lecter Smith—Anathema—à ses anciens camarades) ne s’éparpillent pas dans leurs délires MTV… quoique la coupe de cheveux…

Mais que les haters se rassurent, Cradle reste Cradle, ils pourront continuer à détester le groupe pour ce qu’il était, car il l’est toujours. Les fans aussi, du coup, pourront continuer à apprécier, pour la même raison, avec en plus ce sentiment qu’une prise de conscience s’est orchestrée autour de ce travail, celle que « Godspeed… » avait amorcée, ce que cet album confirme.

—Dis, pour ma connerie de la fin, t’aurais pas une blague de coiffeuse ?

—Ben, c’est l’histoire d’un mec qui chante dans un groupe de black metal, il rentre dans un salon de coiffure et il demande…

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Tracklisting :
Disque 1 :


The Cult Of Venus Aversa – 7:07
One Foul Step From The Abyss – 4:53
The Nun With The Astral Habit – 4:55
Church of The Sacred Heart – 3:56
The Persecution Song – 5:34
Deceiving Eyes – 6:32
Lilith Immaculate – 6:12
The Spawn of Love And War – 6:19
Harlot on a Pedestal – 5:09
Forgive Me Father (I Have Sinned) – 4:33
Beyond The Eleventh Hour – 7:16

Disque 2 :


Beast Of Extermination
Truth And Agony
Mistress From The Sucking Pit
Behind The Jagged Mountains

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Note : 70%

Site du groupe / MySpace :

http://www.cradleoffilth.com/

http://www.myspace.com/cradleoffilth

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