Codex Inferis – Sombre Nuée EP

07 Jan 14 Codex Inferis – Sombre Nuée EP

Les protagonistes de Codex Inferis sont des enfants du black metal, ils ont grandi à ses côtés et ont trouvé en lui une raison d’exister artistiquement. Leur musique, féroce et forcément malsaine, présente les défauts de l’immaturité, ne nous surprend jamais, mais libère l’énergie négative et les souillures harmoniques attendues.

On ne peut plus fidèles au son des origines, les guitares grésillent de toutes leurs cordes, le rythme varie entre un mid-tempo et des accélérations frénétiques maîtrisées tandis que la physionomie raw, organique et typée nineties nous renvoie aux fondamentaux du lo-fi (bien que cette manière d’appréhender le son nous rende enthousiastes, on déplore toutefois cette cymbale qui résonne parfois atrocement). C’est certain, les intentions enfermées à l’intérieur de Sombre Nuée font davantage écho à ces anciens héros qui ont popularisé le corpse paint qu’à ceux qui souhaitent décloisonner le genre à coups de digressions symphoniques et autres fantaisies post-black metal. On discerne des lignes mélodiques bien ciselées, des mouvements rythmiques qui bousculent et un chanteur qui prend son rôle très au sérieux : ses éructations vocales distillent la haine, sans jamais tomber dans l’écueil d’une théâtralité pathétique. Taillés dans une matière volcanique, ces quatre titres révèlent une écriture exigeante et puisent leur force dans un langage à la syntaxe parfaite. Certes, des centaines de noms nous viennent à l’esprit à l’écoute de « Bruit blanc » ou de « Voyage, Mort et Péchés » ; mais au-delà du sentiment de familiarité, on ressent les émotions inconfortables que nous aimons tant (« Au Banquet des Insatiables »).

Ces Français originaires de Lorraine honorent la mémoire de leurs maîtres-penseurs, sans jamais oublier d’être eux-mêmes : de véritables passionnés qui connaissent mieux que quiconque les dix commandements d’une musique extrême dont le substrat original fascine autant qu’il tourmente. Passé de mode, le black metal, dans sa forme brutalement primaire, dérange encore. En voilà un bel exemple.

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Tracklisting :
01. Bruit blanc

02. Charognard à la Plume noire divinatoire

03. Voyage, Mort et Péchés

04. Au Banquet des Insatiables

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Note : 70%

Site du groupe / MySpace :

– www.myspace.com/codexinferis

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