Clan Of Xymox – Days of Black

01 Avr 17 Clan Of Xymox – Days of Black

Si Clan Of Xymox a évolué vers un propos ouvertement gothique à partir de l’album du retour Hidden Faces (belle collection sortie sur Tess Records en 1997), tous les travaux postérieurs à cette date n’ont pas convaincu de la même manière. Avec les choix du comeback, le groupe a sans doute perdu une partie de son public originel, celui de l’époque des délicatesses de l’ère 4AD (le premier album, puis Medusa) mais Ronny Moorings & co. ont aussi et sans doute rajeuni un peu leur auditoire en optant pour une formule musicale plus frontale. Les esprits chagrins ont pu lui regretter sa moindre poésie, sa codification, quand le groupe retrouvait, lui, le chemin des clubs.

Les inclinations dancefloor des essais post-2000 de CoX ont correspondu à la maximalisation des épaisseurs de cette darkwave. Mais le gros son n’est pas forcément – pour ne pas dire « du tout » – ce qui nous a le plus touchés dans cette période de renaissance du nom Xymox. Bonne nouvelle, de ce point de vue, avec le cru 2017 : le nouvel album, Days of Black, s’adresse plus aux amateurs de mélodies et de vraies chansons, qu’à ceux qui voudraient danser. Moins de spectacle, plus de sentiment. Moorings égrène des chansons élégantes et habitées, dansantes certes mais au gré de rythmiques plus naturelles. Moins de fatras leur va fort bien.
Le paysage et l’esprit général, eux, ne bougent guère (le traitement visuel « bricolé » non plus d’ailleurs, et pour notre regret) : la musique de l’actuel Xymox reste dans un esprit connu et quelque peu figé depuis le début des années 2000, ce qui confortera sûrement sa base. À ce titre, des morceaux tels que la chanson éponyme, au même titre que « Loneliness » (un des titres les plus marquants de l’ensemble), l’élancé « Vixen in Disguise », « I need to be alone » ou encore « Loud and clear », satisferont les appétits pour une musique enlevée.

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Mais il y a surtout ce que l’on éprouve, au-delà de la forme. Days of Black, dont l’électronique est présente sans trop encombrer, accroche le cœur : les chansons fonctionnent bien et s’inscrivent – sempiternellement – dans un esprit gothique assumé. Ce faisant, elles portent en elles un souffle vital, libéré de trop fortes contingences technologiques. Dans le même temps, Mooring se redirige parfois vers les froideurs du marquant Creatures (souvenez-vous de « Warterfront »), resté à notre avis comme l’un des essais les plus marquants et sentis de Ronny depuis son retour. En somme, une émotion authentique est de retour en 2017. Il y a d’abord cette pesanteur qui s’empare des développements les plus lents : Clan Of Xymox retrouve ce feeling cold (« Leave me be », dont les voix medium nous font penser au phrasé détaché d’un Ordo Rosarius Equibrio). Le comble émotionnel est atteint dans le dénuement : Moorings accouche de l’une de ses plus belles chansons avec « I couldn’t save you » : une pop sacrale, dépourvue de rythmique, en ode au paternel disparu.

C’est donc sans risques que Moorings vient de délivrer un moment de musique plein de sentiment, et d’un niveau de qualité qui retrouve par moments la fraîcheur de l’ère 1997-2000. Souhaitons-lui que l’auditoire rende justice à ses choix, Days of Black signant sans doute son œuvre la plus cohérente, humaine et envoûtante depuis des années.

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Note : 80%

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