Ciguë – Commotion

11 Mai 13 Ciguë – Commotion

Après Phobia, Ciguë revient avec une troisième production studio, confirmant au passage la maturité ayant marqué le prédécesseur de son sceau. Phobia, il faut le rappeler, nous avait fait oublier les tâtonnements du premier album.
Savoir s’entourer est une qualité. En ouvrant les rangs du projet à d’autres musiciens, le binôme originel Joanna Louis (Anthemon, Epic…) / Yann Reversat (Norma Loy) a fait évoluer Ciguë vers un son plus rock et, disons-le, « professionnel ». La mélodicité et la progression technique générale ont clairement servi cet electro-rock à l’ancrage nineties, et les personnes de Josian Ribes et Denis Malbrancke (à l’œuvre en parallèle sur Alt., quadruple EP en cours de sortie, dont le second volume nous a un peu moins marqué que le premier) comptent dans l’évolution du son présent.

Les référents ne manqueront point d’affluer (une nouvelle fois) à l’écoute de Commotion. Le Révérend Marilyn M. a semé son génome et même si nous gardons conscience que les groupes apprécient peu qu’on les assimile à une référence, elle se fait tout de même voyante sur la rythmique, au hasard, de « Slave to the Dream ». Dépassons cela et retenons surtout de l’écoute une leçon de la forme : Commotion concentre une intention et que la technicité du groupe s’affirme pour l’heure davantage que son style, reste sans doute le principal bémol à faire souffrir à cette musique. Au rang de ses mérites, ce troisième opus offre une preuve forte de l’assurance que le quatuor a prise avec les années. Les guitares, épaisses, ne se contentent pas de la rigidité nécessaire à ce qui est visé en stylisation. Elles peuvent, dans leur froide résonance, dépasser le cadre strictement electro-metal pour glisser vers des phrasés plus baveux, porteurs d’un héritage plus contemporain que strictement actuel. La machinerie, elle, dicte toujours certaines lois (cf. le squelette que bâtissent les reliefs synthétiques d’« American Lies »). Ciguë fait aussi part d’une tendance joueuse (l’énergie pleine de bricole de « Change ») et va au bon moment vers l’épure acoustique (la ballade acide « Nothing but contempt »), ce qui donne une respiration à l’ensemble et dénote d’une réflexion sur l’agencement des choses, au préalable de contenus bonus à apprécier à leur juste valeur, à savoir l’agrément du complément esthétique.
Un groupe à suivre, aujourd’hui plus qu’hier.

> WEB OFFICIEL
www.cigue-music.com
www.myspace.com/ciguemusic

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Note : 68%

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