Chuck Palahniuk – Damnés

20 Août 14 Chuck Palahniuk – Damnés

Depuis Fight Club, nous nous sommes engouffrés dans l’univers satirique de Chuck Palahniuk, drôle et violent, que ce soit avec des livres comme ChokePesteBerceuseLe Festival de la couille ou encore Snuff, traduit il y a deux ans chez Sonatine. Damnés figurait parmi les romans non traduits de l’auteur, originellement publié en 2011, et a dû connaître un certain succès outre-Atlantique vu qu’en 2013, il bénéficia d’une suite sous le titre de Doomed.

Comme d’habitude, on entre directement dans le sujet et dans un univers fantasque, proche de la fantasy (mais pas héroïque !), dès les premières lignes. Madison a treize ans, elle est obèse, mal dans sa peau et vient d’arriver en Enfer suite à son décès prématuré. Sa mère est une actrice star de Hollywood et son père un riche producteur, tous deux écologistes, consommateurs de marijuana et tellement investis dans le caritatif et l’adoption d’orphelins qu’ils en négligent totalement leur fille. L’Enfer dans lequel elle se retrouve n’a rien des visions apocalyptiques de Dante. L’adolescente se croirait presque dans un casting pour un teenage movie des années 80. Sa cellule jouxte celle d’un footballeur, d’un geek, d’une pouf et d’un punk. Ensemble, ils vont explorer cet univers fait d’Océans de Dégueulis, de Cascades de Merde, de Forêts de Mycose Plantaire, de Marais des Avortements par Naissance Partielle ou de Monticules de Rognures d’Ongles. Les barres chocolatées et bonbons y servent de monnaie d’échange. Des films comme Le Patient anglais sont projetés en boucle et les condamnés font des sondages par téléphone auprès des humains afin de les convaincre à commettre des péchés. Dans cette narration à la première personne, le récit se divise donc entre des flashbacks dans lesquels Madison essaie de se rappeler les événements qui l’ont amenée en Enfer et les aventures cartoonesques, dignes de Tex Avery, auxquelles les jeunes sont confrontés. On retiendra notamment une scène où Madison plante la tête coupée du punk dans le capuchon clitoridien d’une géante afin de lui faire connaître l’orgasme. La jeune fille va peu à peu s’adapter à cet univers, devenir responsable, constituer son armée et ne plus être une victime cynique.

Au bout du compte, la mort ce n’est pas si terrible que ça. Malgré des gags quelque peu outranciers et gratuits, Damnés se révèle particulièrement efficace quand il s’attaque à la famille de Madison, plus que dans les aventures picaresques qui l’attendent dans l’au-delà et sa transformation héroïque dans la seconde partie (elle arrachera même la moustache de Hitler). Le monde vu à travers la perspective d’une ado est onctueux, même si peu crédible. La structure, quant à elle, emprunte aux récits pour jeune public de Judy Blume, et à Dieu tu es là ? C’est moi Margaret en particulier. On passe donc un bon moment, et la verve sarcastique est bien présente, mais Damnés se situe quand même bien en-dessous des meilleurs écrits de l’auteur. En fait, trop d’idées sont abandonnées en cours de route (le scénar type Breakfast Club, les relations entre certains personnages) et le roman se limite à quelques passages savoureux.

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Note : 74%

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