Christine Plays Viola – The Bonds should be only silver Threads

27 Mai 18 Christine Plays Viola –  The Bonds should be only silver Threads

Retour des Italiens barbus et maquillés. Dix ans après leur première sortie (It will be cold this Winter, en autoproduction), les voilà qui livrent un EP plus que dense (sept titres tout de même). On retrouve dans ce The Bonds should be only silver Threads toutes les audaces étonnantes dont le groupe est capable.

Alors que visuellement le groupe s’affiche dans un décorum gothique un rien tapageur, leurs compositions ne cessent de jouer avec les marges, n’aidant pas à cerner exactement leur son.

C’est dans ces variations incessantes qu’ils ont leur cœur. Ils savent puiser dans la mièvrerie des tournures pop fort sympathiques (« Four Steps in your Hole V.2 », le piano limite de « Melancholia shines over like the Polar Star ») qui pourraient leur ouvrir les portes des radios nationales. Leur utilisation du saxophone rappelle d’ailleurs de vilaines ou riches heures du début des années 80 (pour la richesse, c’est « Solitary Abuse » qu’il faut écouter). Les réminiscences Curesques sont moins fortes que chez leurs confrères de label Traitrs et associées à des mélodies qui lorgnent davantage vers un revival Pirate (« The most beautiful of our Seas is the One we didn’t sail »). La force de la basse lorsqu’elle se met à la danse est indéniable comme sur l’enjoué « Sentenced to fall », tube en puissance.

A côté, ils s’abreuvent avec bonheur des sons si chers aux corbeaux des décennies passées ; « The last Appeal » est une introduction parfaite, entre Depeche Mode et des tournures plus batcave. La voix alors se fait gutturale, la boîte à rythmes claque sèchement et c’est la paire guitare-basse qui fait le travail ; heureusement, les claviers amènent cette folie un peu hippie, des drapés moirés dont les scintillements éclairent une tonalité bien sombre (« The Bonds should be only silver Threads », morceau-phare à l’accélération bien méchante). Le soutien de Miro Sassolini, chanteur historique de Diaframma sur « Solitary Abuse » donne naissance à un titre qui ne cesse de jouer sur le fil, la mélodie est solide, puis elle s’affaisse, la voix puissante se casse et se lamente. Une allégorie du positionnement du groupe, bien décidé à n’en faire qu’à sa tête, pris dans les mirages du reflet de la pleine lune sur la mer. Cette audace à ne pas livrer un album ou un morceau évident doit être saluée. Christine Plays Viola poursuit sa route, creuse son propre chemin, attaché à une scène sans en subir les mots d’ordre.

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Tracklisting :
01. The last Appeal

02. Sentenced to Fall

03. Melancholia shines over like the Polar Star

04. Four Steps in your Hole V.2

05. The Bonds should be only silver Threads

06. The most beautiful of our Seas is the One we didn’t sail

07. Solitary Abuse (avec Miro Sassolini)

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Note : 70%