Budapest – Alcaline

17 Jan 15 Budapest – Alcaline

Sur un fond sonore de rock ténébreux, mais pas trop, Budapest taille sa route. Après un premier EP, Grenade, sorti en 2012, le premier album a été financé par les pré-commandes nombreuses. Les cinq musiciens de Toulouse savent ce qu’ils font et les internautes les ont naturellement suivis et soutenus (plusieurs options existaient, dont les T-shirts et la version vinyle du disque). Les vocalistes sont deux, mêlant habilement le chant masculin d’Olivier, plein de douceur, un peu à la Win Butler d’Arcade Fire sans l’emphase ou à la Jarvis Cocker assagi (« White Flag », final plus qu’acclamé et bon support de l’opération de crowdfunding, grâce au clip réalisé par le chanteur lui-même), et les volutes féminines plus puissantes et chaudes de Gaëlle (le magnifique « Connected »). La batterie de Nicolas se frotte plus qu’elle ne frappe (« Distance »), encadrant les guitares rythmiques d’Hervé, rugueuses juste ce qu’il faut. Quelques incartades moins harmoniques placent des breaks surprenants qui se trouveront certainement magnifiés sur scène comme ce rugissement lointain de « Blind ». le travail d’Irwin aux claviers est discret sur la production retenue. Ici et là, les chroniqueurs se réfèrent au trip-hop et il est vrai qu’on en trouve des échos dans la captation des sons et l’environnement offert (« Red ») – notes isolées de piano, samples, effets légers qui poussent vers l’ombre (« Invincible »). C’est le délicat « Alive » qui tient le plus de ce registre, mais sa torpeur angélique l’éloigne de la force qui habitait les compositions de Morcheeba. Ce qui le rattrape, c’est cette envie qu’a le groupe de faire tourner sa musique, d’embarquer l’auditeur dans un voyage psychédélique. Nul doute que l’Angleterre où le groupe a tourné en fin d’automne a pu être sensible à cette facette.
Il reste qu’en dehors de ce presque faux-pas (et tout est affaire de goût, n’est-ce pas), on tient ici un album calibré pour notre rubrique We’re not so dark. Un disque que je préfère voir comme du rock stylisé, mélodieux et habité (« Distance », imparable d’émotions), à la beauté grave, tant dans les paroles (« Fall by the Wayside ») que dans les climats majoritairement grisés. Recueillement et don de soi. Un premier album d’une qualité impressionnante.

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Tracklisting :
01. The roaming Souls 02. Fall by the Wayside 03. Blind 04. Red 05. Distance 06. Alive 07. Connected 08. Invincible 09. White Flag

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Note : 70%

Site du groupe / MySpace :

 http://www.budapestmusic.fr/ clip de « White Flag »

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