Boneless – Chronique d’un Déclin imminent

10 Avr 18 Boneless – Chronique d’un Déclin imminent

Le principe avec le punk-rock, c’est d’assumer un regard bien noir sur la société, d’avoir la certitude qu’on fonce dans le mur et, malgré ce défaitisme, de fêter la vie en musique, comme si le denier jour à venir devait être occupé par la distorsion et les chœurs en harmoniques beuglés entre potes en se tenant par les épaules (« Réputation »). Attitude ? Ben oui, les trois de Boneless l’ont bien compris, eux qui écument les salles et désormais les studios (deuxième effort en peu de temps). Leur punk est cool, entendez par-là qu’il n’a pas subi les assauts du méchant hardcore et de la virilité exhibée en machisme. Le titre le plus bourrin du lot, c’est « Mr Bad Cop » qui sert en amuse-gueule et dessert deux extraits de Brigade des Mœurs de Max Pécas (merci Nino Futur !) ; en dépit de la rapidité d’exécution qui dirige l’ensemble du disque, c’est la rigolade qui domine (écoutez bien le chant diphonique incrusté aux dernières secondes de l’album…). La basse y bondit, aérienne et fantasque ; les titres les plus longs varient en poussant la notion de break assez loin pour le genre (notamment le très bon final que cela implique sur « Poèmes en prose », le délire sixties des « Naufragés ») ; l’efficacité autorise le recours à l’anglais et à un son bien sali par moments (« Fucker ! »). Si on sent encore l’influence des désormais vieux Guerilla Poubelle (« Dans ma Tête », « Poèmes en prose ») ou même de Brassens (la descente sur « Les Naufragés »), l’optique est plus lumineuse. Sur ce premier long format, enregistré par Lolo Phr à L’Annexe (Toulouse), on regrette un son un poil trop étouffé qui enlève du mordant à ce que le groupe sait donner en concert : on entend bien toutes les pistes (« Les Naufragés », le nerveux « Chemin(s) ») mais ça manque de dynamique et les références aux Thugs, à OTH ou aux Cadavres qu’on sentait dans l’EP (et en live) ont été lissées. C’est dommage car l’ingé-son en question a dans ses coffres de très bonnes captations live de bons groupes et il a produit pas mal de joli monde dans le secteur (dont Punk Haine Roll).

L’acuité du point de vue sur notre monde moderne est sans illusions, mais le simple fait de s’interroger et de questionner ainsi l’auditeur, ça démontre une envie de se rencontrer, de discuter, de construire avec les rescapés d’une génération perdue dans les smartphones, l’égocentrisme et la consommation (« Génération Médiocrité »). La voix mise en avant est bien audible, la diction est articulée, un poil cassée dès que le chant prend le pas sur les vitupérations narratives (« Chanson d’Amour ratée »). On attend un son plus rentre-dedans et davantage de titres véloces dans leurs déploiements, à l’instar du récent « Ravale ta Fierté » qui joue dans la cour des grands avec ses parties de guitares efficaces, sa limpidité punk-rock, ses chœurs bien plus affirmés. Affaire à suivre !

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Tracklisting :
01. Attitude

02. Dans ma Tête

03. Réputation

04. Chanson d’Amour ratée

05. Mr Bad Cop

06. Poèmes en prose

07. Fucker !

08. Les Naufragés

09. Génération Médiocrité

10. Ravale ta Fierté

11. Chemin(s)

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Note : 65%

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