Blondie : Panic of Girls (Eleven Seven / EMI)

03 Juin 11 Blondie : Panic of Girls (Eleven Seven / EMI)

Les oripeaux de la new wave (comprenez le contraire de la no wave : affection d’une certaine superficialité, mélodies clinquantes et stylistiquement non balisées) font le menu de Panic of Girls, cet album de Blondie (soit la franchise détenue par Debbie Harry, toujours blonde, plus Chris Stein et Clem Burke ; égale trois membres sur les six actuels, issus du line-up des premières heures) que paraît-il, on attendait depuis longtemps. The Curse of Blondie datait de 2003, et pareil délai avant livraison impliquait forcément beau millésime.

Rien n’est de trop mauvais goût sur Panic of Girls, rien ne marque vraiment non plus. L’éventail stylistique dont on attendait l’ouverture de la part des Américains a bien lieu (le disque a impliqué un total de neuf musiciens), mais difficile d’oublier les premiers essais et de s’habituer aux tendances (antédiluviennes) à l’éparpillement d’une formation qu’on préfèrera toujours dans l’habillage sensuel et précieux de ses exposés les plus pop. Car c’est bien dans ces formats-là que Blondie garde la plus grande pertinence (le single faussement guilleret et assez charnel « Mother »), le groupe parvenant d’entrée de jeu à une piquante pop synthétique (l’amusant « D-Day ») ou à un rock certes un peu surfait mais pas exempt d’une certaine sensualité sur « Love doesn’t frighten me at all ».
Blondie peine malheureusement à convaincre dans sa persistance à réintroduire/récupérer un feeling black (les très bâtards et assez fades « The End the End » ou « Girlie Girlie », dont l’écouté laisse pensif). Certains moments ressortent même de l’éculé, ce qui gêne fondamentalement (le jeu bien mièvre de « What I heard », eighties sur le retour mais sans la fraîcheur) et au bout de plusieurs années d’attente, cette presse activée à cheval sur 2009 et 2010 (les enregistrements ont pris du temps et ont nécessité plusieurs lieux) ne ressort qu’un jus mi-figue mi-raisin, laissant le désagréable sentiment qu’un wagon a été raté. Savoir qu’ils ont enregistré un total de trente-cinq titres pour arriver à ce résultat si mitigé ne lasse pas non plus d’interroger sur la teneur du reste.

Lisse (les claviers rutilent fort, mais sonnent vieillots), encombré par des choix de production discutables et (surtout) une esthétique sonore assez artificielle, Panic of Girls présente une musique porteuse de quelques sursauts mais globalement trop clinique pour qu’on y reconnaisse ses petits. Contentera-t-elle les plus nostalgiques des fans ? C’est à souhaiter au groupe, mais ces découpages aseptisés ne risquent pas forcément de convaincre ceux qui, déjà, ne décrochèrent pas des premiers essais. Sic.

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