Black Egg – Brotherhood

28 Août 14 Black Egg – Brotherhood

Ne le cherchez pas, il est épuisé. Au même titre que le fabuleux premier album du projet de Black Egg, Legacy from a cold World, sorti à la jonction 2013-2014, l’EP Brotherhood lancé en début d’été n’aura pas mis longtemps pour trouver ses cent-cinquante acquéreurs.
Pourquoi en parler alors ? D’abord parce que je l’ai et que je ne passe pas sous silence les envois. Ensuite parce que cette galette toute noire, dans une pochette noire simplement marqué du nom du label (mais avec un tirage recto-verso des dernières photos du projet en insert) place Black Egg sous de nouvelles orientations.
Un coup d’œil en biais pour lire la minuscule gravure entre le dernier sillon et le rond central qui indique les faces A et B et c’est parti. Une belle série d’écoutes plus tard, à différents volumes, le constat s’impose, on a là une suite logique qui donne déjà à entendre un avenir. On sait Ushersan prolifique (Norma Loy, Die Puppe, multiples projets en one-shot, participation à d’autres groupes dont le tricéphale Adan & Ilse…) et une fois de plus, on ne peut que constater la réflexion qui encadre cette sortie. Certes, on a cinq remix fait par d’autres, mais la sélection des intervenants et les résultats quasi guidés qui en découlent font avancer la bête Black Egg.
« Brotherhood » ouvre et ferme l’EP. Cet original très décalé dans le son par sa guitare acoustique et son piano se pare progressivement d’une densité forte. Usher joue de sa voix dans une acidité proche de celle de Peter Murphy, un vrai chant. La mélodie fait le lien avec le « Yesterdays » du dernier Norma Loy. Cette mise en bouche chaude est suivie d’un plat de résistance réparti sur les deux faces : deux reprises de l’emblématique « Meaningless ». La froideur minimale du titre de départ subit des traitements de choc : In Aeternam Vale en fait un titre clubby à boucle bondissante, plaçant dans le lointain les vocaux initiaux masculin et féminin. In Death It Ends en propose une bulle synthétique, aérée de blips. La noirceur originale se prolonge, mais tempérée par un souffle, une ouverture au monde.
Ushersan n’est pas homme à se replier dans la solitude : cette ouverture sur les bases qu’il a posées est ce qui enrichit chacune de ses sorties. L’expérimentation est le grand jeu. Et c’est avec ce mot qu’a joué à son tour Distel : son remix de « The First » bénéficie d’un discrète réorchestration sympho-électronique, entre parasites et grandeur des nappes additionnelles. « Blindheit », relu par The Devil & The Universe se voit quant à lui crédité d’une rythmique tournoyante, une spirale au centre de laquelle trônent les voix, posées, sûres d’elles. En quelques détails ajoutés, la sécheresse inaugurale prend d’autres dimensions, s’offre des cavités, de l’espace.
Le projet n’est pas dénaturé : ses pulsions les plus macabres demeurent. « Willpower on Earth » reste cette prière aux masques noyées dans les échos et les graves. Enfin, « Hymn » (deuxième inédit au sens strict) possède une lenteur profonde, des basses abyssales et la voix de Mimi Gall coule à son tour, sans un regard vers la surface. Ces lointains souvenirs de la luminosité se basent sur un sample que n’aurait pas renié Nearly God, alors que les claviers qui surgissent enfin sur le final soulignent encore plus la désespérance.
Le retour de « Brotherhood » en fin de disque est un signe. Sous la mélodie gracile, le propos est clair, misanthropique : « They spoke about brotherhood, but it was fake / and in the neighbourhood, we care about our own sake  »
La démarche était nette dès le départ, dans cet extrait du Manifeste : « BLACK EGG est un collectif, une œuvre, une voie vers la lumière, vers la lumière noire du rêve (…) », aujourd’hui encore, elle se distingue par son assurance.

 

Clip de « Brotherhood »

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Tracklisting :
Face A

01. Brotherhood

02. Meaningless (In Aeternam Vale remix)

03. The First (Distel remix)

04. Willpower on Earth (Mater Suspiria Vision’s Vortex Fields remix)

Face B

05. Hymn

06. Meaningless (In Death It Ends remix)

07. Blindheit (The Devil & The Universe remix)

08. Brotherhood (Occult)

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Note : 80%