Barnett + Coloccia – VLF

02 Jan 19 Barnett + Coloccia – VLF

Avec le temps, la musique du duo formé par Alex Barnett et Faith Coloccia se rapproche de plus en plus définitivement des atmosphères mystiques de Coil, à grands renforts de samples et de sonorités apocalyptiques. Déjà les deux premiers albums parus sur Blackest Ever Black nous avaient bien séduit : Retrieval en 2013, Weld en 2015. Ils continuent avec ce troisième opus à explorer des atmosphères mystérieuses, très marquées par le giallo et les soundtracks de films d’épouvante (Faith Coloccia a d’ailleurs participé à l’excellente bande originale du film Mandy assurée par Johann Johannsson). On sent d’ailleurs que depuis le début des années 2010 de plus en plus de formations s’inspirent de ces univers sonores horrifiques des années 70 et c’est une très bonne chose, cela étant dû peut-être aux nombreuses éditions DVD/Blu-ray ou aux labels spécialisés dans le domaine sur format vinyle. La bande originale de Berberian Sound Studio par Broadcast ou l’univers de Spettro Family peuvent s’inscrire dans cette mouvance.

Mais Barnett + Coloccia sont loin de faire du copier-coller atmosphérique. Ils expérimentent la matière sonore, piochant dans la musique électronique et les compositions classiques d’avant-garde. Ils mêlent ainsi les instruments acoustiques comme le piano, la harpe et le violon avec des bruitages inquiétants, field recordings abstraits et grincements sournois, créant des moments d’attente, de tension et de beauté à mi chemin entre The Amityville Horror de Lalo Schifrin et The Ghost Sonata de Tuxedomoon (« Bachelor’s Grove »). La production y est impeccable, imposant un espace propice à l’imagination, entre suspense et suspension. Car il y a aussi quelque chose d’aérien dans cette musique (les voix éthérées de « Fountain of Youth », « Rain in Bilbao » et « Green Woman ») berçant cet environnement de mystère et d’inconnu dans une douce ascension. Les vibrations noise, saturations sur dictaphones et manipulations de bandes magnétiques viennent bien sûr perturber le confort mélodique, les arpèges cotonneux et les synthés planants, et on se doute que le duo a été biberonné aux formations industrielles, notamment dans ce grain de son si Coil qu’ils arrivent à développer (« Confession »). Sur « Copperworks », le climat onirique frise une électro minimale et vintage à la Cabaret Voltaire, avec ce qu’il faut de voix trafiquées, de claviers menaçants et d’ondes mortifères. Les ambiances, à mi chemin entre songe et cauchemar, tirent justement leur force de ces contrastes entre motifs obsédants et grosse décharges bruitistes (« Rain in Bilbao »). Les battements de cœur accélérés évoquent des hôpitaux où l’on pratiquerait d’étranges expériences (« Green Woman »), rappelant les premiers films d’Aldo Lado portés par les partitions aventureuses et glaçantes d’Ennio Morricone. Envoûtant et terrifiant, l’écoute de l’album peut vite tourner à l’obsession tant le duo arrive à convoquer un imaginaire d’une rare richesse. Frissons garantis.

http://sigerecords.blogspot.com/

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Tracklisting :
01 Fountain of Youth

02 Confession

03 Copperworks

04 Bachelor’s Grove

05 Rain in Bilbao

06 Green Woman

07 Ill Will

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Note : 86%

Site du groupe / MySpace :

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