Amaury Cambuzat – The Sorcerer

24 Mai 11 Amaury Cambuzat – The Sorcerer

Désormais sorti de son silence affairé, Amaury Cambuzat se montre prolifique : un nouvel album d’Ulan Bator, la création du label Acid Cobra qui a signé le remarqué Dilatazione et un disque solo. Amaury Cambuzat livre avec « The Sorcerer » l’équivalent d’une bande originale pour le film de Murnau « Tabù ». C’est donc la deuxième liaison d’Amaury avec le réalisateur défunt puisqu’il avait joué avec le groupe Faust pour une représentation unique au Luxembourg du film « Nosferatu ». Ici, il ne s’agit pas d’une bande-son car la musique suit son inspiration sans se soucier de la longueur des séquences à l’écran. C’est donc un canevas, une suite de thèmes et de variations qui sont nés du film.

Le film, justement : « Tabù » évoque au plus près des personnages la fuite d’un couple amoureux. Reri est nommée prêtresse et doit donc rester vierge, Matahi est pêcheur et l’aime suffisamment pour l’enlever… Les deux amoureux seront retrouvés. Le film présente les amants dans un cadre magnifique, une symbolisation évidente du paradis perdu qui réveille une réflexion sur le choix individuel, le rejet du groupe et l’impossibilité d’échapper à son destin. Pour clore cette représentation, il convient d’ajouter que la légende cinématographique a ajouté au tournage des ombres de malédiction, ombres que l’on ne retrouve qu’avec parcimonie dans un disque plutôt calme.

À vouloir coller à chaque émotion et atmosphère, à chercher l’exhaustivité du voyage, Amaury disperse son talent. Les guitares qui me font rêver sont rares :« Shaman’s Malediction » et le bon thème « The Sorcerer » qui ravira les fans de Neil Young et de Earth ; douceurs de l’eau dans les criques et du vent du soir. On retrouve donc dans « The Sorcerer » ce qui bloque beaucoup de B.O. : la disparité des méthodes employées, la prédominance de la suggestion au lieu de l’affirmation, la discrétion conjuguée avec les instrumentaux, parfois courts (« Palm Trees »). Avec une bonne concentration, on se repose sur les harmoniques, les bons moments qui happent régulièrement (« South-Seas », « The Pearl », entêtant) et on accueille avec un sourire béat l’évocation finale, entre Pink Floyd et drone contemporain, un morceau généreux qu’on peut lier au titre « Hart » dans le magnifique « Végétale » d’Ulan Bator.

P.S. : je profite de cette chronique à références pour faire un lien vers le regretté David Thompson, pianiste touche à tout de génie, trop tôt décédé et qui avait notamment mis en musique le film « L’Aurore ».

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Tracklisting :
01. South-Seas

02. Voodoo Doll

03. The Rope

04. The Sorcerer (Theme)

05. La Nuit

06. Palm Trees

07. Tropical Waves

08. The Pearl

09. Romanticism

10. Money

11. The Sorcerer

12. Shaman’s Malediction

13. Tabù

 

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Note : 64%