Alice Cooper – Welcome 2 my Nightmare

13 Oct 11 Alice Cooper – Welcome 2 my Nightmare

Nostalgiques, nombreux sont les groupes qui tentent un voyage dans le temps, proposant une “suite” plus ou moins opportune à un de leur chef d’oeuvre passé. Après Gamma Ray, Helloween c’est au tour du prince de l’horror show Alice Cooper de nous narrer ces visions cauchemardesques. Collaborant pour l’occasion avec Bob Ezrin à qui l’on doit le mythique Welcome to my Nightmare dans les années soixante dix Alice surprend dans le bon sens du terme.  Beaucoup plus inspiré que ces précédents albums, Welcome 2 my Nightmare se veut narratif et  théâtral  déclinant différents styles tout en restant majoritairement dans un esprit rock plein d’énergie et  ça me plaît. On peine à croire que le monsieur affiche soixante trois printemps tant la voix est posée, puissante, expressive.

En bon troubadour de la face sombre du Metal, Sieur Cooper mène la danse sans jamais sur-jouer mais en apportant jusque ce qu’il faut d’émotions pour rendre les morceaux “vivants”. Les tableaux se succèdent, affichant sans complexe  approche disco presque techno, ambiance cabaret fanfaronnante, balade langoureuse, moments orchestraux de toute  beauté  ou simplement vieux rock n’ roll sorti des tiroirs qui vous font de suite taper du pied en cadence.  Welcome 2 my Nightmare joue la carte de la surprise nous emportant dans une écoute tourbillonnante sorte d’aller retour incessant entre le passé et le  présent de l’artiste.

Moins jazzy que la première mouture, l’album ouvre  la porte au présent avec une introduction moderne misant sur l’auto‑tune avant de prendre de la hauteur via une orchestration magistrale et une belle démonstration de six cordes, chaude répondant parfaitement à la sincérité vocale du chanteur. Si le titre interpelle, le ton est réellement donné dès le morceau suivant « Caffeine » carrément Hard rock n’ roll. On retrouve l’aigreur du timbre de Vincent Furnier sur une rythmique énergique et un refrain diaboliquement efficace. Welcome to the show…Alice est de retour et  en pleine forme. Le grandiloquent interlude « The nightmare returns » ne me fera pas mentir, l’obscurité n’étant jamais loin de la lumière dans l’univers du monsieur. Suddiste dans l’âme, « A runaway Train » donne une fois de plus la part belle aux guitares sur une rythmique d’un autre âge. Délicieusement rétro mais pas si désuet au final, on se prend au jeu, on tapote de la santiag avec plaisir. Alice  est passé au fil de sa longue carrière maître l’art de réveiller nos vieux démons. Nouvelle surprise avec « Last man on Earth » un titre décalé où les sonorités tziganes ( violon, cuivres) et le phrasé imagé propose un paysage nouveau, coloré. Le titre est un spectacle presque burlesque à lui seul rappelant par moment l’hypnotique « Alabama song » des Doors. Retour vers un Hard Rock traditionnel sur « The Congregation » avec une nouvelle fois un chorus plus qu’efficace qui n’aura pas de mal à faire mouche en live, c’est certain. Tout aussi percutant « I’ll bite your face off » s’apparente sur certaines intonations à  la mouvance Rock musclé  des Rolling Stone.

Déstabilisant, j’avoue qu’à la première écoute j’ai été tentée de passer « Disco Bloodbath Boogie Fever »: un mix disco -psychédélique pittoresque aux passages rapisant énervants…Pourtant au final, ce morceau atypique que l’on croirait tout droit sorti d’une discothèque de campagne des années quatre vingt, vous pousse à dodeliner de la tête tel un petit bonhomme au bonnet rouge agrémenté d’un grelot ( si-si), vous vidant la moelle qui s’y trouve pour l’emplir d’une  ritournelle infantilisante. “Maman, me fait peur Alice Cooper”. Tout juste sauvée par le vitaminé « Ghouls gone Wild », me voici replongée dans le torpeur avec la mièvre balade « Something To Remember Me By », la profondeur d’un « Only Women Bleed » s’étant perdu en cours de route. Premier morceau vraiment heavy « When Hell Comes Home » a bizarrement du mal à décoller même si le timbre velouté, acerbe du chanteur s’y pose comme une évidence…pour un peu l’on se croirait dans les délires expérimentaux d’un certain Axl période Use your illusion, le guitariste  faisant pleurer son instrument avec un doigté vintage. Heureusement, Alice refait encore une fois surface via son duo avec Ke$ha sur « What Baby Wants » à la fois Hard et contemporain. Guitare sèche en avant, Cooper brouille les pistes, multiplie les approches et nous voici replongé dans le passé pour un titre façon Poison (le groupe pas le titre) très sympathique. Le rideau se ferme sur l’orchestral « The Underture », une  superbe démonstration de la richesse de l’univers d’Alice Cooper qui prouve ici qu’il a encore bien des choses à dire.

 

Welcome 2 the Nightmare est une belle réussite pour un chanteur  possédant en plus d’une palette vocale étonnante (pour un monsieur de son âge) un véritable talent de conteur. On aurait pu l’oublier à l’écoute  d’albums pas toujours à la hauteur.  Différent de “Welcome to the Nightmare”,  plus soft et varié que ses derniers opus heavy, cette nouvelle version est prête à réveiller le fan qui dormait en vous.

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Tracklisting :
01. I Am Made Of You

02. Caffeine

03. The Nightmare Returns

04. A Runaway Train

05. Last Man On Earth

06. The Congregation

07. I’ll Bite Your Face Off

08. Disco Bloodbath Boogie Fever

09. Ghouls Gone Wild

10. Something To Remember Me By

11. When Hell Comes Home

12. What Baby Wants

13. I Gotta Get Outta Here

14. The Underture

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Note : 78%

Site du groupe / MySpace :

http://alicecooper.com

http://www.myspace.com/officialalicecooper

 

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