Alain Jégou – Direct Live

20 Mai 15 Alain Jégou – Direct Live

Poète influencé par Claude Pélieu et la Beat Generation, Alain Jégou publie depuis 1972. Décédé tragiquement en 2013 des suites d’une longue maladie, il s’était lancé juste avant dans un projet d’écriture ludique, un recueil de textes déjà publiés sur la musique et le rock auquel s’ajouteraient des inédits mi poèmes mi chroniques de disques ou de concerts. On flirte ainsi autant avec le journalisme qu’avec le compte-rendu subjectif et autobiographique d’une époque, principalement les années 1960 et 70. Dans son introduction, Benoît Delaune nous précise que les références à la musique populaire et au son étaient déjà présentes dans ses livres précédents et que la musique relevait d’une véritable passion chez cet auteur marqué par le Mexico City Blues de Kerouac et le poète « jazz » américain Bob Kaufman.

En 2006, cette idée d’un livre de souvenirs et d’une autobiographie avec bande-son est lancée, avec les textes arrivant au fur et à mesure jusqu’à ce que son épouse retrouve, après la mort de son conjoint, les trente-sept écrits qui composent le présent volume. On plonge ainsi dans les souvenirs familiaux, les jupettes des filles aux auto-tamponneuses, les pucelles pas farouches et les rockeurs frimeurs du début des sixties. Mais d’emblée, Jégou affirme son attirance pour les rebelles qui résonne avec le mal être adolescent et l’émergence du désir. Les premiers baisers, les fantasmes provoqués par les bikinis et les contacts charnels, accompagnés par la musique de Vince Taylor ou des Rolling Stones. Les frustrations et privations de jeunesse laisseront ensuite la place aux orgies hippies et à la liberté enfin obtenue à dix-huit ans après les années passées chez les curés. Baise, ivresse, défonce et désenchantement aussi (Gribouille qui meurt d’une surdose de barbituriques et d’alcool). Puis c’est l’attrait pour les grands espaces nord-américains, ses écrivains (Ginsberg, Kerouac, Tom Wolfe), sa musique (les hymnes à l’héroïne du Velvet Underground, le bruit et la fureur du MC5, les larsens de Jimi Hendrix…), la culture indienne et l’identité déchue (Buffy Sainte-Marie), l’engagement contre la guerre au Vietnam (Creedence Clearwater Revival), l’idéologie libertaire, les Black Panthers et les chanteurs contestataires (Phil Ochs). Jégou fait des arrêts sur images sur des événements qui l’ont marqué : la rencontre entre les Hell’s Angels et les Merry Pranksters, l’assassinat de trois hommes par les « chevaliers blancs » du Ku Klux Klan en 1964, le massacre de Wounded Knee, etc. Mais l’auteur ne se limite pas à son intérêt pour l’histoire et la culture américaine, il se retrouve aussi dans la chanson engagée, celle de l’espagnol Paco Ibanez ou Nougaro et Ferré en France. Dans l’après 68, il marque une ligne de démarcation claire entre les poètes morts pour leurs idéaux et les révolutionnaires qui ont retourné leurs vestes, qui se sont fourvoyés dans des vies confortables et dans les affres du capitalisme et du consumérisme.

Pour Jégou, il semble évident que le rôle du poète est de dénoncer et de parler pour les opprimés. Il éprouve ainsi le plus grand respect pour les exilés, les ravagés ou quelqu’un comme Vladimir Vysotsky, chanteur russe interdit dans son pays. À travers ces textes musicaux, ce sont les idéaux de l’auteur qui transparaissent, le témoignage d’une période spécifique de son parcours de vie, la vision subjective d’une époque tumultueuse portée par des changements majeurs, des espoirs et les désillusions qui vont avec.

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