Yann Armellino: un guitar heroe à la française

14 Juin 11 Yann Armellino: un guitar heroe à la française

Guitar heroe à la française au doigté chaleureux made in Californie, Yann Armellino est atypique tant il représente une conception de la musique « humaine ». Sans déballage technique mais avec une maîtrise parfaite de son instrument, il nous amène une nouvelle fois via ce Revisited dans un univers à part rempli d’émotions et de groove. Finalement, après quelques petits moments d’attente que j’ai mis à profit en écoutant une nouvelle fois l’œuvre de Yann, ce dernier est passé aux aveux par téléphones interposés, me laissant entrer sans interdit dans son antre bluesy pour une petite interview.


Nouveau DVD , nouvel album chez Sony également, voilà une mise en avant appréciable pour un artiste, comment as-tu eu ces opportunités ?

Par une rencontre avec Christophe Langris, un des responsables du label Legacy chez Sony Music. Il a souhaité prendre des cours de guitare mais il voulait se faire plaisir rapidement et sans apprendre le solfège qu’il ne connaissait pas. J’ai donc abordé la guitare de manière simple en lui apprenant des extraits, des riffs faciles, des morceaux que l’on a tous en tête. Cela a bien fonctionné avec lui et l’on s’est dit que cela pouvait marcher à plus grande échelle d’où la sortie de ce DVD via Sony à qui il a proposé l’idée.

Ensuite, j’ai voulu sortir un album et Sony m’a permis de pouvoir rencontrer le label Sterne et Hervé Bergerat. Tout est en fin de compte une question de hasard et de « bonnes » rencontres. Quand tu as les bonnes personnes en face tout s’enchaîne assez rapidement.

Ce nouvel album Revisited a un format particulier, assez court disons à l’ancienne mais bizarrement ce n’est pas un reproche car cela lui confère une densité particulière et encore plus de spontanéité que d’habitude ?

Oui certainement une petite nostalgie de l’époque des vinyls et des formats courts que cela imposait même si il faut vivre avec son temps maintenant il faut avouer que c’était une belle époque qui me manque beaucoup. Les albums étaient plus courts mais il n’y avait presque rien à jeter, maintenant on cherche à remplir à tous prix un CD sans penser forcément qualité…

Pour le son, j’avais vraiment envie de partager des titres à la mode du « live » c’est à dire avec spontanéité et chaleur mais c’est tout de même grâce à Patrice Lemoine qui m’accompagne depuis longtemps que l’album a ce son particulier.

Cet album se compose en deux parties, parlons d’abord de la première, pourquoi avoir choisi de « revisiter  » tes propres titres ? Et comment s’est fait le choix de ces titres ?

Je voulais offrir une version des titres que je joue sur scène avec une prise studio pleine de feeling et d’énergie façon « plug and play » en évitant le piège d’ sur-ajouter des éléments inutiles. Un faux live en quelques sortes dont l’enregistrement s’est déroulé rapidement avec juste une batterie, une basse, et ma guitare dans des conditions très proches d’une prise en concert mais sans public. Le choix des titres s’est fait naturellement à partir des morceaux des set list que je joue réellement lors de mes concerts.

La seconde est plus axées reprises et là bravo car le pari de relever ses morceaux mythiques était risqué notamment avec Imagine qui reste dans l’esprit collectif comme un des plus grands titres de John Lenon ?Comment as tu travaillé ?

Là c’est vrai que j’ai travaillé un peu différemment que pour la première partie de l’album. Ce sont des titres que j’avais sous le coude et qui ne demandaient qu’à voir le jour. En fait j’aime bien faire des reprises. Ici, j’ai choisi des titres qui m’ont marqué mais j’ai ou avait pour le coup effectué un vrai travail de studio avec des arrangements à ma façon.Imagine était un vrai défi car c’est pour moi l’un des plus beaux titres qui aie été composé, je l’ai donc retravaillé en posant ma guitare à la place du thème qui est au départ joué au piano et voilà le résultat.

Un petit mot sur le choix du titre de Kiss  » Keep Me Comin », très beau titre pas assez connu à mon goût ?

J’aime beaucoup ce titre de Kiss pas très connu en effet, et un peu obscure 🙂 qui se trouve dans le dernier album maquillé avant le renouveau du groupe. J’ai toujours eu un faible pour Kiss mais la rythmique de ce titre et son côté « motown » me plaisait vraiment, la construction du riff aussi pas très éloignée de ce qu’a pu faire Lenny Kravitz.

Tu as sur cette seconde  » face » des guests de marque comme Lindsay Santana, rencontre réelle ou virtuelle ?

Non il s’agit malheureusement d’une rencontre virtuelle mais d’un beau moment de partage tout de même. C’est une magnifique opportunité que j’ai eu grâce à mon éditeur Jean Davoust. Le groove de ce titre est superbe et la voix de Tony Lindsay est incroyable. Ce titre me convient à deux cents pour cent.

Autre titre chanté « Gimme The Sound » où je retrouve avec plaisir Chris Caron, peut-on espérer une nouvelle collaboration entre vous deux dans un futur proche ?

Nous sommes toujours en contact régulier. Après la sortie de « Gimme The sound » nous avons eu une période de «flottement» , Nocturne a fermé ses portes et lui est parti s’installer à Austin il y a quelques mois. Je lui ai envoyé du matériel pour une possible suite et lui y travaille aussi de son côté …un nouvel album pour la fin de l’année n’est pas à exclure si il a vraiment envie de s’y pencher ( rires) Tout est entre ses mains. A suivre…

Quand tu composes, penses-tu d’abord aux guitares ou résonnes- tu plus traditionnellement en terme de « morceau » avec un schéma refrain/ couplet qui pourrait éventuellement être mis en paroles ?

Oui tu as raison, je travaille mes morceaux avec une approche traditionnelle. Je compose un titre instrumental un peu comme je compose une chanson pour une groupe avec chanteur, l’improvisation vient après selon le feeling mais le principal pour moi étant que le titre possède l’accroche, le thème qui le rend accessible au public, qui fait qu’on le retient. La construction du morceau, sa rythmique est donc très importante.

Tu es autodidacte, est-ce que cette raison que tu a eu envie dans ton Dvd de rendre accessible à tous le plaisir de jouer sans avoir la contrainte d’apprendre le solfège ?

Etant autodidacte, je travaillais tous les plans à l’oreille, sans partition ni tablature mais c’est la demande de Christophe Langris qui a été vraiment le déclic.

Penses-tu réellement que l’on puisse évoluer dans se métier dans connaître le solfège ?

Il y a plus de groupes que tu penses qui ne connaissent pas le solfège et qui s’en sortent plutôt bien. Mais dès que l’on veut partager sa musique c’est tout de même mieux d’avoir quelques notions de solfège. Personnellement je ne lis et écris le solfège que depuis quelques années.

D’ailleurs tu donnes des cours de guitare, avec ou sans solfège ?

Les deux, je m’adapte en proposant des tablatures ou des morceaux en solfège selon l’élève. Le tout est que tout le monde y trouve son compte et se fasse plaisir. Avec la guitare, on peut se faire plaisir assez rapidement sans forcément passer par des années de solfège.

Le choix des titres figurant sur ce Dvd est assez éclectique comment s’est décidé le track listing ?

Les titres ont vraiment été choisis avec le label collégialement. Nous avons essayé d’y mettre des morceaux qui parlent à l’inconscient collectif au sens large d’où un mix entre du hard Rock et du Rock plus traditionnel, des titres intemporels que la majorité des gens ont un jour rêvé de pouvoir jouer chez eux.

Un second Dvd sort ce mois ci, est-il dans la même ligne directrice où les morceaux seront davantage axés sur un style précis ?

Non ce sera également un mélange des genres.

Tu as commencé la guitare en jouant du Heavy comme Maiden ou Kiss, mais on retrouve chez toi un doigté beaucoup plus chaud, groovy voire blues, quels sont les groupes qui ont marqué ton parcours au point d’influer sur ta façon de jouer ?

Il y en a beaucoup, mes influences sont diverses et variées. Difficile de dire si je me rapproche plus d’un style ou d’un autre en fin de compte…mais je suis ouvert, j’aime bien le Hard Rock au sens large et tout ce qui groove. En fait dans le Hard Rock, il y a pas mal de phrasé ou de couleurs blues comme chez AC/DC par exemple.

Est-ce que tu évolues toujours au sein du label Blue Note ?

Non Blue Note était rattaché à Nocturne et depuis la fin de Nocturne nos activités sont malheureusement au point mort. Mais cela a été une belle aventure avec quelques belles sorties.

 

Pour Finir, quelques concerts sont-ils prévus dans les mois à venir ?

Des masterclass certainement, en fait tout dépendra de Roger 🙂 Monter une tournée est maintenant difficile économiquement mais des masterclass arrivent oui.

 

 

 

 

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