Xiu Xiu – interview

09 Mai 12 Xiu Xiu – interview

Alors que Xiu Xiu vient de sortir un 45 tours en split avec Dirty Beaches, Obsküre Magazine a décidé de revenir sur l’album Always, neuvième production de la formation californienne, parue il y a quelques semaines et considérée par beaucoup comme leur meilleur album à ce jour. Une rencontre était nécessaire. Chose faite à Marseille le 31 mars dernier. Lors de leur tournée européenne, Jamie Stewart, le leader du groupe, a accepté de passer une petite heure avec nous.

Obsküre Magazine : Pour le nouvel album Always, tu as choisi sur la couverture de présenter un bras sur lequel est tatoué Xiu Xiu. Est-ce que c’est parce que cet album représente fondamentalement ce qu’est Xiu Xiu ?
Jamie Stewart : C’est sûrement une meilleure explication que la véritable explication. J’en ai discuté avec mon frère qui fait le design de nos couvertures d’albums. Il est couvert de tatous et il m’a appelé une semaine plus tard avec cette idée. Nous sommes très proches lui et moi. J’ai été touché par le fait qu’il fasse quelque chose d’aussi fou que se tatouer Xiu Xiu sur le corps.

Et il y a le morceau « Joey’s Song » qui lui est dédié.
Oui.

J’adore les chœurs samplés.
Ça vient de Popol Vuh.

Comment a-t-il réagi quand il a entendu la chanson ?
Il a failli en pleurer. C’est la seule personne de ma famille à qui je parle du groupe. C’était tellement touchant de sa part qu’il fasse quelque chose de si extrême pour participer au disque.

Sur le précédent album, Dear God I hate myself, tu avais mis ton visage sur la couverture. Cette fois-ci c’est une part d’un corps qui pourrait appartenir à n’importe qui. De la même manière, dans le passé tu as beaucoup utilisé la narration à la première personne, et là tu passes à la seconde personne dès le morceau « Hi », ce qui donne un aspect plus universel. T’éloignes tu de l’autobiographie pour toucher à quelque chose de plus large ?
Dear God I hate myself était presque entièrement autobiographique. Dans Always, il n’y a qu’un morceau, peut-être un et demi qui soit autobiographique. Le reste parle plus de la biographie d’autres personnes avec lesquelles je suis très proche ou alors de sujets plus politiques. Ce disque est plus lié à l’observation, le précédent était plus lié à l’introspection.

Ce que j’aime aussi sur cette couverture – je te rassure, je ne vais pas parler que de la couv’ – c’est l’idée du plan rapproché qui renvoie d’un côté à une attirance pour les détails mais aussi à un certain aspect sensationnel et provocateur qu’on peut trouver dans ta musique. Quels sont les aspects qui t’intéressent, celui de provoquer ou celui d’aller chercher au plus profond de l’intimité ?
C’est plutôt ça, car nous n’avons jamais fait délibérément de la provocation. Nous observons juste ce qui se passe autour de nous. Certaines de ces choses peuvent être perçues comme sensationnelles mais la motivation n’est pas de faire quelque chose d’excessif. La vie en elle-même peut être folle et excessive. Le but est plus d’explorer les détails les plus intimes de l’existence.

Mais n’est-ce pas un peu dangereux de se livrer intimement ?
Si j’étais plus célèbre, ça pourrait le devenir.

Le premier album d’un groupe est souvent le meilleur, mais les réactions ont été très enthousiastes sur ce disque que beaucoup considèrent comme ton meilleur. Comment fait-on pour garder les choses spontanées comme s’il s’agissait du premier essai d’un groupe ?
J’ai écouté beaucoup de musique et je me sens redevable de tout ce que la musique m’a apporté, et j’essaie à chaque fois de faire du mieux que je peux pour produire le meilleur album qui soit. Je serais totalement perdu sans la musique. Quand quelque chose est important pour toi, tu essaies de t’appliquer autant que tu le peux.

Avec cet attrait pour des sujets passionnés, te sens tu dans la tradition du romantisme noir ?
Je crois que c’est plutôt évident (rire).

Mais te définis-tu comme une personne romantique ?
Oui, jusqu’à une limite embarrassante.

Vu que tu traites de sujets sexuels ou qui font appel aux fantasmes, est-ce que parfois tu as reçu des réactions étranges de la part du public ou des lettres bizarres ?
Parfois. Mais en général j’essaie juste de me concentrer sur ce que je joue et je ne fais pas trop attention à ce qui se passe autour. 95 % du temps les gens sont vraiment charmants avec nous, mais bien sûr que ça arrive de tomber sur des gens un peu fous mais comme dans la vie. Tu marches dans la rue et tu peux tomber sur quelqu’un de complètement timbré.

Y a-t-il eu parfois des réactions de haine ?
Oui, bien sûr. Je peux observer que soit les gens nous adorent soit ils nous haïssent. Certains semblent vraiment me haïr. Comme je suis très sensible à ça, j’essaie de rester à distance de l’Internet le plus possible.

Je voulais savoir quand tu as véritablement trouvé ta manière d’utiliser ta voix qui est très particulière. As-tu eu des modèles ?
Je n’y ai jamais vraiment pensé. Bien entendu il y a des tas de chanteurs que j’adore.

Comme ?
Morrissey et des chanteurs post-punk comme Ian Curtis ou Peter Murphy. Andy Bell, Diamanda Galás. Nina Simone. Prince. Otis Redding. PJ Harvey. Elizabeth Fraser. Des chanteurs rock n’roll du début des années 50. Michael Gira. En fait, tous les chanteurs qui osent repousser les limites et chanter d’une manière particulièrement profonde et intime.

La première fois que tu as chanté dans un groupe, ta voix est sortie comme ça ?
Non. Mais elle a même changé sur les dix années d’existence de Xiu Xiu. Je pense que ça arrive à n’importe qui en vieillissant. La voix change. Elle devient plus profonde mais en même temps je ne peux plus hurler autant qu’avant. Sinon je détruis ma voix (rire).

Mais sur « I Luv Abortion », tu t’en sors pas mal niveau cris.
Oui, je peux faire ça sur deux prises mais pas plus. Puis j’étais très bourré quand j’ai fait ce morceau (rire).

Elle a ce grain de folie qu’on trouve dans certaines versions de « Jennifer Lopez ».
C’est vrai que l’approche était assez similaire. J’ai chanté dans plusieurs groupes pendant les cinq années qui ont précédé le début de Xiu Xiu. Le chant y était différent mais cela m’a amené à la manière dont j’utilise la voix dans Xiu Xiu. Cela s’est développé d’une manière inconsciente, en écoutant, je pense, beaucoup d’autres chanteurs, et en essayant de les piller. Ces derniers temps j’ai été assez obsédé par Laurie Anderson mais je ne peux pas chanter aussi bien (rire).

Ce sens de flot dans la voix me fait beaucoup penser à Gordon Sharp/Cinder de Cindytalk.
J’adore vraiment sa manière de chanter. Il a été une influence énorme. Comment j’ai pu oublier son nom ? Quand j’étais plus jeune, je le connaissais pour les albums de This Mortal Coil. Je ne connaissais pas encore Cindytalk. Les trois albums de This Mortal Coil et les disques de la vraie grande période des débuts de 4AD restent mes disques favoris depuis l’époque où j’étais ado. Mon romantisme excessivement embarrassant vient sûrement d’avoir trop écouté ces disques (rire). Oui, Gordon Sharp et incroyable et sa diction aussi.

Et ton point de vue sur Scott Walker ?
Avant que Xiu Xiu ne commence, je ne connaissais pas vraiment Scott Walker. Puis les gens m’ont dit d’en écouter. Et je me suis dit : « Mon Dieu je vole Scott Walker sans m’en rendre compte ! » (rire) Maintenant j’écoute beaucoup ce qu’il fait. As-tu vu le documentaire sur lui ?

Oui, celui où il fait des percussions avec des morceaux de viande.
Oui, celui-là. C’est si bon.

J’ai le sentiment qu’Always a un son très urbain, presque indus par moments alors qu’à présent tu vis près des Appalaches en Caroline du Nord, qu’on associe aux hillbillies ruraux. Est-ce que c’est lié à la nostalgie de la grande ville ?
Cela pourrait l’être car je déteste vivre là bas. Je me sens tellement mieux dans les grandes villes. Juste marcher pendant vingt ou trente minutes dans la grande ville, je me sens redevenir normal. J’ai été là bas pendant quatre ans, pour des raisons familiales. Là, je repars vivre en Californie. Cela va être un grand soulagement. Quand cette tournée sera finie, j’y retourne.

Sur un plan créatif, peut-être que ça a été intéressant ?
Je pensais que ça allait l’être mais c’était ennuyeux tout du long. Chaque seconde. Ç’aurait pu l’être car c’est une culture américaine différente de celle dans laquelle j’ai grandi. C’est pas que je critique mais ce n’était pas le bon endroit pour moi.

Penses-tu que l’environnement a une influence sur ce que tu fais ?
Sûrement, mais je ne pourrais pas te dire exactement quoi. Je pense que ça m’a rendu plus amer et exécrable que je l’étais déjà (rires).

Dans le passé, tu as fait des chansons de folk rurale traditionnelle, notamment le morceau sur Dear God I hate myself avec du banjo.
Oui, celle là pour le coup a été influencée par le fait de vivre là bas. Dans le Sud, il reste une étrange nostalgie pour le Guerre Civile qui a été la guerre la plus sanglante de l’histoire américaine. Sûrement la pire en termes de pertes de vie et de brutalité. Cela me semble étrange qu’il y ait une nostalgie positive pour ça dans cette région. Il y a cette pratique curieuse où les gens se font leur propre musée de la guerre civile dans les maisons ou dans les marchés. Et ils ont tendance à devenir révisionnistes. Ils dépeignent le Sud comme une victime de la guerre plutôt que de se baser sur les faits génériques de l’histoire. Pour moi qui n’ait pas grandi dans cette culture, de voir cela a été très bizarre. C’est ce qui ma amené à explorer la musique de cette époque, et « Cumberland Gap » est une chanson de la guerre civile. Et trois années auparavant environ, j’avais commencé à faire des recherches sur les débuts de la folk aux États-Unis, et la musique des Appalaches. Peut-être pas aussi ancienne que « Cumberland Gap », mais en tout cas la folk du tournant du siècle XIX-XX. « Cumberland Gap » est aussi une chanson assez simple à jouer. Je ne joue que le banjo dessus.

En Europe, on a une image assez excentrique de ces villages de Caroline du Nord où les gens hurlent pour communiquer et imitent le langage des animaux. J’aurais pensé que ça pouvait nourrir ta propre imagination excentrique ?
La ville où je vis là bas n’est ni vraiment rurale ni urbaine. C’est ce qui est frustrant. C’est tout petit et tout tourne autour d’une riche Université. Si j’avais été dans une petite ville typique du Sud, je pense que cela aurait été plus fascinant et cela aurait correspondu aux excentricités et aux stéréotypes qu’on y associe. Mais là où je suis tu ne trouveras que des yuppies libéraux autosuffisants. C’est vraiment un endroit où il y a du rien.

Comment te sens-tu quand tu as fini l’enregistrement d’un album ?
En général, je me sens un peu déprimé, parce qu’il a fallu se concentrer sur cette chose pendant un moment assez long. Et quand c’est fait, ça laisse une sorte de vide. C’est là que l’écriture du suivant commence. Quand c’est fait, il y a ce moment où on ne sait plus trop quoi faire. Mais si cela s’est bien passé, je ressens aussi une certaine excitation. Je me sens toujours très chanceux de pouvoir faire un autre album. Le procédé d’enregistrement est en lui-même un plaisir. Donc quand c’est fini, il y a toujours ce sentiment de perte. Ça me prend en général deux mois avant de m’y remettre.

Tu écris en tournée ?
Un petit peu, j’essaie. Juste des petites esquisses. J’ai tellement tourné cette année.

Tu as parlé de Liz Fraser et tu es sur le label de Simon Raymonde…
Ce qui me rend très nerveux. J’essaie d’être cool quand je lui parle mais il m’impressionne beaucoup. C’est un de mes musiciens préférés et il a joué dans un de mes groupes fétiches. C’est un si grand honneur d’être signé sur son label. Il est toujours très gentil et très professionnel avec nous.

Est-ce qu’il est intrusif parfois artistiquement ?
Non, jamais. Il ne fait que donner son soutien.

Je voulais savoir qu’est-ce qui avait inspiré la chanson « The Oldness » ?
Je n’ai pas écrit ce morceau. La personne qui l’a écrit, j’ai dû la virer du groupe. Je sais de quoi ça parlait pour lui. Mais je trouvais que l’idée était stupide. Nous l’avons joué quelque fois en concert et ce qui est bien avec la musique, c’est que tu peux changer la signification des choses. Pour la chanter, j’ai dû en changer le sens. Je pense que c’est une chanson magnifique, même si je pense que lui c’est un trou du cul. Mais beaucoup d’enflures écrivent de très bonnes chansons.

Je pensais que le Tu était pour mettre à distance le Je.
C’est ce qui est bien avec la musique. Cela avait un sens pour l’auteur, mais pour moi cela signifie autre chose et sûrement pour toi aussi. Nous encourageons les interprétations individuelles.

Pour ce qui est des nombreux samples que tu utilises, fais-tu des sortes de présélections de samples que tu gardes dans ton ordinateur, que tu adaptes aux sujets des morceaux ?
C’est un mélange de samples et de field recordings, faits par moi ou d’autres personnes. Avant d’être un musicien, j’étais plutôt une sorte d’ingé son. J’adore faire juste des sons sans aucun contenu musical. Je n’ai pas de collection particulièrement organisée. Souvent, ce sont des sons organiques ou acoustiques qui sont enregistrés puis échantillonnés.

Par exemple, ces voix sur « Joey’s Song ».
Notre tourneur m’a fait découvrir le Krautrock qui est un genre à côté duquel je suis complètement passé. Je l’ai emprunté à Popol Vuh, la BO d’Aguirre, puis j’ai des programmes qui imitent les chœurs d’une manière très réaliste. Avec des samples de mellotrons et de sons qui doivent dater d’une cinquantaine d’années. J’en utilise pas mal, et c’est vrai que j’ai utilisé beaucoup de samples de chœurs sur cet album. Mais je suis triste de me dire qu’on ne pourra plus les utiliser. Ils donnent une qualité spécifique à cet album. Ce qui est dommage car je ne vais pas pouvoir refaire la même chose.

Je pense que ça va marcher en concert.
On les entend sur deux morceaux.

« Beauty Towne », c’était en référence à cet ancien morceau « Clowne Towne » ?
Oui, c’est non pas comme un koda mais comme un addenda. Cela parle des mêmes personnes que la chanson « Clowne Towne » mais huit années plus tard.

As-tu déjà fait ce genre de suivi et de suite d’un morceau?
Oui, avec « Black Keyboard » sur Women as Lovers qui était comme la première partie de « Black Drum Machine » qui en est la suite. C’est comme si c’était l’expérience de deux personnes face aux mêmes événements.

Tu as souvent dit que le sujet des morceaux de Xiu Xiu est la peur. Quelle est ta plus grande peur?
La liste est longue. Mais bien entendu il y a la peur qu’il arrive quelque chose à ma famille ou ma préoccupation grandissante pour l’environnement. La peur de ne plus pouvoir faire de musique professionnellement. Les problèmes de santé. Avoir un accident de camion pendant la tournée. Être tué par un serial killer. Enfant, ils me paralysaient de trouille car il y en avait un dans le voisinage. Cela réveille en moi une peur irrationnelle. Les serpents. Enfin, des choses assez banales.

C’est intéressant cette fascination pour les tueurs en série, en particulier aux États-Unis.
Je ne peux pas trop lire sur le sujet car ça me terrifie trop. Je pense que les deux pires étaient colombien et russe, mais il y a eu un nombre énorme de tueurs en série aux USA. Je crois que cela fait partie de notre culture.

Tu as fait un hommage à l’auteur Dennis Cooper. Son œuvre est assez terrifiante dans ce domaine. Qu’est-ce que tu aimes en particulier dans son travail?
J’aime la franchise de son écriture et qu’il ne se met pas de barrière en termes de sujet. Il semble ne pas se préoccuper d’aller trop loin ou de dépasser les limites. Il m’inspire beaucoup.

Et ton approche de l’humour. Flannery O’Connor disait que l’humour était un sujet très sérieux. As-tu toi aussi une approche sérieuse de l’humour et y a-t-il un de tes morceaux que tu trouves particulièrement amusant?
Il n’y a pas un morceau en particulier mais il y a certains vers ou certains passages que je trouve amusants quand je les écris. Les morceaux ne sont pas des blagues, je suis très sérieux. Mais parfois tu écris sur des choses tellement horribles que la seule réponse que tu peux avoir c’est le rire. Parfois après t’être senti au plus bas, la seule chose qui te reste c’est d’en rire.

Peut-être un morceau en particulier?
Il y a un titre bonus à Dear God I hate myself qui s’appelle « Cute Pee Pee ». On ne le trouve que sur ITune. Cela parle de pisse et de sexe d’une manière excessive. J’ai beaucoup ri quand je l’ai écrit. Je trouve aussi que certaines des phrases dans « I Luv Abortion » sont assez drôles même si le morceau n’est pas drôle du tout. Une amie à moi a subi un avortement. Elle parlait de son enfant comme d’un « little jizzo », ce que je trouve assez marrant. L’idée n’était pas de faire une blague mais plus de montrer les extrémités de l’émotion, de la confusion, de la peine, du désespoir. Quand tu atteins le fond, la seule chose à faire, c’est d’essayer de trouver de l’humour dans cette situation. C’est comme les livres de prison que Jean Genet a écrits. Ils sont incroyablement drôles pourtant il y est question de viol, de meurtre, de personnes enfermées pour 20 ans. J’adore les artistes pop qui écrivent des choses à la fois désespérantes et hilarantes.

Il y a aussi un aspect très accrocheur sur le dernier album, et même dansant. Est-ce que cela fait partie de ta volonté d’aller vers un son plus accessible?
Cela vient de la musique qui nous intéresse. Angela Seo écoute beaucoup le Top 40 et la harsh noise. C’est ce qu’elle aime. Chaque fois qu’on travaille sur un morceau, elle dit « Monte le son des percus! ». Je pense que cela a eu un impact sur l’album mais ce n’est pas dans l’optique de devenir plus accessible. Je pense que c’est son apport à elle.

En termes de sexualité, il y a un morceau sur une travailleuse du sexe, un autre titre plus terrifiant où un homme est castré et torturé. Même s’il ne s’agit pas de sexualité, celle-ci est toujours représentée de façon cauchemardesque. Est-ce que cela est lié à des fantasmes ou des angoisses personnelles?
J’ai eu plusieurs expériences sexuelles cauchemardesques et je connais des gens qui en ont eu aussi. Malheureusement, elles ne sont pas liées à des fantasmes. J’aurais vraiment préféré. C’est plus de la documentation.

Et est-ce que le blog que tu tiens t’aide dans ton inspiration?
Nous essayons que ce soit le plus ouvert possible. C’est très adolescent, comme le sont souvent les blogs. Pour laisser ce qui fait partie de l’imaginaire y apparaître. Il doit y avoir un fil cohérent en fin de compte dans tout ce que nous postons, mais ce n’est pas intentionnel. Ce n’est pas du tout un travail intellectuel. Bien au contraire, nous essayons de ne rien analyser.

Tu dis nous?
Oui, c’est essentiellement Angela et moi qui postons. Puis il y a aussi la section pour les plus de 18 ans où les gens peuvent envoyer des photos d’eux mêmes. C’est une situation bizarre je le conçois.

On ne trouve pas ça sur tous les sites des groupes!
A une époque, nous avions posté de la pornographie vraiment hardcore, mais nous avons changé de labels et les nouveaux labels nous ont dit d’arrêter ça. Ils n’avaient pas réalisé que c’était notre site officiel. C’est pour ça que maintenant il y a cette section pour les plus de dix-huit ans, pour être sûrs que nous n’allions pas en prison si des parents se plaignent. Il y avait des images du style six hommes en train de se fister.

Quel est le public de Xiu Xiu?
C’est très varié et c’est très différent en Europe, en comparaison aux États-Unis. Aux USA nous avons un public très jeune , entre 16 et 25 ans. Nous ne sommes pas vraiment considérés comme un groupe cool là bas, donc c’est plutôt des sales gosses qui viennent nous voir. Ce que j’adore. Puis il y a aussi les fans de musique expérimentale qui sont plus âgés et ça fait longtemps qu’ils sont là dedans. C’est un étrange mélange, entre les jeunes qui aiment le côté pop, et les gens plus âgés qui viennent pour le côté noise. Mais en Europe, le public est généralement plus âgé. On ne voit quasiment jamais d’adolescents. J’ai peut-être tort, mais les gens ici semblent plus attachés à cette tradition goth à la 4AD et ce romantisme excessif dont tu parlais.

A présent que tu as fait énormément de tournée, considères-tu Xiu Xiu plus comme un groupe live qu’un groupe studio? Ou les concerts ne sont-ils là que pour faire la promotion des albums?
Non, ce sont deux démarches très différentes. Les concerts ne sonnent pas du tout comme les albums et vice versa. Mais pour moi les deux ont la même importance.

Be Sociable, Share!