Xeno & Oaklander

12 Nov 11 Xeno & Oaklander

Rencontre avec Liz Wendelbo et Sean McBride (Martial Canterel) du projet minimal synth new-yorkais  Xeno & Oaklander après leur concert du 1er novembre à la Mécanique Ondulatoire, alors que leur nouvel album, Sets and Lights, vient de paraître.

ObsküreMag : Vous êtes en tournée en Europe actuellement. Vous avez commencé en beauté la semaine dernière avec un concert avec John Foxx. Comment cette rencontre s’est faite? Quelles ont été vos émotions?

Sean : Le manager de John Foxx a écrit à Pieter (du label Wierd Records) pour lui dire que John Foxx aimait beaucoup notre musique et notre album Sentinelle. Il y a eu ensuite quelques brefs échanges par courrier électronique par le biais du manager. Puis nous avons joué en juillet à Londres, et John Foxx et le groupe The Maths sont tous venus à notre concert, puis nous nous sommes rencontrés ensuite. Nous avons parlé et nous nous sommes rendus compte assez vite que nous étions sur la même longueur d’ondes conceptuellement et esthétiquement.

Liz : Nous avons été présentés, il a serré ma main et la première chose qu’il a dite après le concert, ce n’était pas « Bonjour, Comment ça va? », il est allé droit au but et il a dit: « Merci d’avoir évacué la merde dans la musique ». Il parlait d’élimination. Il est très intéressé par le fait de couper et de supprimer ce qui n’est pas nécessaire dans la culture contemporaine. Et dans la vie, il est très similaire à sa pensée. Nous nous sentons proches de cette manière de penser, et vice versa. Cela a donné le ton pour notre future collaboration avec lui, car après notre rencontre, nous avons fait un remix d’un de ses morceaux, « Evergreen », sur The Shape of Things, sorti sur Metamatic, son propre label, puis il y a eu ce concert avec lui. Nous avons beaucoup parlé avec lui de musique et de culture contemporaine quand nous nous sommes vus.

Vous avez un autre point commun avec John Foxx, c’est que vous semblez apprécier l’architecture urbaine, les lignes droites, verticales, tout en travaillant en même temps sur des synthétiseurs analogiques qui échappent souvent à tout contrôle. D’où vous vient cette attirance?

Sean : L’architecture urbaine semble-t-elle évidente? Où en trouve-t-on les traces?

Liz : Chez Martial Canterel, il y a beaucoup d’éléments d’architecture.

Par exemple, utiliser une grande pièce vide, la retenir dans un cadre, sur le dernier album de Martial Canterel, You Today.

Sean : C’est un hall d’hôtel, ce n’est pas une prison. C’est vide mais cela représente plus pour moi une allégorie de l’interaction humaine contemporaine, un espace voué à la convivialité, au dialogue autour d’un café mais où les gens ont disparu. La réponse en est « Vous Aujourd’hui ». « Vous » représenterait l’humanité. Ce n’est pas une question d’architecture mais plus sur le manque de personnes.

Il y a aussi souvent ce sentiment de marcher dans la ville, en particulier chez Martial Canterel.

Sean: La ville devient une allégorie sur l’errance, l’incapacité à rencontrer l’autre, le mirage, croire voir quelqu’ un mais qui n’y est pas. Cela a trait à l’amnésie et aux émotions que l’on peut ressentir au sein de la foule des grandes villes, une allégorie de cette saturation polyvalente, la virtualité de la communication humaine par la digitalisation abstraite qu’est le net.

Liz: Pour Xeno & Oaklander, sur la couverture de Vigils et de Sentinelle, il y a des bâtiments qui sont tirés de cartes touristiques des années 50. Ce sont des bâtiments qui ont été mais qui ne sont plus. Ils sont comme des fantômes, mais il y a cette structure néoclassique et classique.

Tandis que sur vos deux derniers vinyles, on voit la mer et des fleurs.

Liz: Nous nous intéressions à travers ces couvertures à une civilisation perdue ou une architecture perdue. L’Histoire, on pourrait dire, dans Vigils et Sentinelle. Voyager comme des barbares dans le désert, traverser les mers et les guerres. Le sens de civilisations perdues.

Sean: Les marges d’une civilisation. Une recherche à travers le spectre d’une excavation de l’histoire et de ce genre de références.

Liz: Pour Sets and Lights, nous nous sommes plus intéressés à l’idée de performance. Le théâtre, la scène. Sur un plan personnel, nous avons fait beaucoup de concerts et de tournées pour jouer la musique, nous nous en sommes donc de plus en plus préoccupés.

Sean: Nous nous sommes focalisés dessus et nous n’avons pas eu le repos poétique que nous avions pu avoir pour Sentinelle où nous sommes restés des mois dans notre studio et nous avons travaillé petit bout par petit bout. Là, nous avons essayé les titres en concert, les avons joués pendant plus d’un an avant de les enregistrer. Tout a été enregistré en direct, d’ailleurs.

Liz: Ce qui se passe lors des performances live de Xeno, ce n’est pas seulement un intérêt pour la séparation entre les personnes sur scène et le public mais aussi cet hédonisme, cette joie de vivre ou cette synesthésie, d’où l’utilisation de ces fleurs, la fleur de lis sur la couverture de The Staircase, les fleurs autour de nous sur la couverture de Sets and Lights. Il y a cette ouverture, cette lumière qui vient par dessus l’obscurité et la folie qui reste terrée dessous, avec cette sensation de danger imminent et de catastrophe qui menacent. Pour ce qui est de l’océan que l’on voit sur le single Sets and Lights, il y a la lumière du soleil mais aussi la folie de l’inconnu, cet horizon qui s’ouvre à l’infini, ce néant que représente l’océan. Une jetée qui mène nulle part. Un vide.

Sean : L’été précédent, pas celui-ci mais celui d’avant, nous sommes beaucoup allés à la mer. Nous y allions tous les Lundis pendant trois mois, nous avons exploré ce qui se nomme la péninsule de « Rockaway », ces forts et bunkers de le première guerre mondiale, que l’on trouve sur la côte Atlantique. Nous nous sommes faufilés dans le ventre de ces bunkers.

Liz: Certains de ces bunkers ont servi de décors à certains de mes films. Je fais aussi des films 16 mm, des films analogiques que je projette parfois durant les concerts de Xeno & Oaklander. J’ai beaucoup tourné dans ces bunkers, sur la plage. Les militaires ont construit ces bâtiments dans les années 10 et 20 comme une conséquence de la paranoïa envers les Allemands. Après la Guerre Froide, ils n’avaient plus d’utilité et la nature a repris ses droits, le lierre a poussé par dessus.

Sean: La nature et les adolescents.

C’est possible de voir ces films quelque part?

Liz: Oui, on les trouve sur YouTube et sur mon site.

Pour parler de la couverture de Sets & Lights, cela aurait été Siouxsie and the Banshees, on aurait eu droit à un lit de roses avec des milliers de fleurs, mais comme vous aimez le minimalisme, il n’y a peut-être que trente fleurs sur la couverture. Etait-ce un choix délibéré?

Liz: Oui, et on voulait que les fleurs soient encore fraiches mais déjà en train de mourir. Je m’intéresse au parfum des fleurs pourries qui est très particulier.

Sean: Le fait que l’on soit sur les couvertures du 45 tours et de l’album, c’est une première fois même si sur le dos du disque Sentinelle, on pouvait voir nos visages, même s’ils sont un peu spectraux. Du fait que nous avons autant joué en live, nous pensons à nous mêmes en tant que musiciens, acteurs dans notre propre représentation. c’est à travers les concerts que cet album s’est développé, donc cela faisait sens que l’on soit représenté.

Liz: Si tu écoutes les paroles du morceau « Sets & Lights », Sean parle de ces comédiens, de ces acteurs qui sont sur scène le jour et la nuit, qui oublient ce qui est réel et ce qui est de l’ordre de l’imaginaire. Quel est le caractère de la réalité, et la descente dans la folie, car ils commencent à croire qu’ils sont les personnages.

En parlant de cette représentation du fantasme, il y a votre obsession pour la vidéo de « Charlotte Sometimes » des Cure, à laquelle le clip de « The Staircase » fait directement référence.

Sean: Je l’adore. Nous n’avons pas fait ce clip, c’est quelqu’un d’autre qui l’a fait.

Liz: Elle s’appelle Taryn Waldman. Nous avons collaboré avec elle sur le concept, nous en avons parlé longuement.

Sean : Je lui ai juste dit que « Charlotte Sometimes » devait être mon clip préféré toutes  époques confondues pour ce qui est de la musique populaire.

Et pourquoi?

Sean: J’aime la qualité du film, son côté britannique, le look d’école préparatoire de la jeune fille, cela me renvoie à Dickens, et au XIXe siècle.

Liz: J’aime la manière dont le groupe est positionné, ils se tiennent droits comme Sean se tient dans la vidéo.

Sean : Ils rampent dans les coins

Liz: Alors que le personnage féminin est effrayé par quelque chose qu’elle ne peut comprendre et elle serpente la maison. C’est un thème assez commun dans le cinéma des années 70 et 80, avoir un personnage féminin qui semble possédée par quelque chose qui la terrifie.

Sean: Phenomena, Aenigma.

Liz: Ou alors Répulsion de Roman Polanski. Les films de Jean Rollin ou les séries B d’horreur. Cela faisait aussi partie des influences, mais cela a été tourné dans notre escalier à la maison, là où nous habitons.

La bâtisse gothique a été remplacée par …

Sean : Un immeuble de location germanique de 1884.

Liz: A Brooklyn. Notre voisinage, et New York en général, est une ville décadente, tout s’écroule et tombe en morceaux. Dans la vidéo, cela devient littéral. Les murs se fissurent. L’escalier craque, comme si tout allait s’effondrer. C’est un sentiment quotidien là où nous vivons et nous faisons notre musique.

Dans Sets & Lights, vous allez dans une direction différente, il semble. Certains disent que c’est un album plus pop, d’autres que c’est plus baroque et moins minimal que ce que vous faisiez avant.

Sean: Pour moi, c’est vraiment lié à ces un an et demi à avoir joué live, la dynamique qui se crée entre le public et celui qui se représente sur scène. Cela a influé, peut-être inconsciemment, nos décisions quant à la manière d’utiliser certaines lignes de basse, etc.

Liz: Je crois qu’il y a plus de plaisir dans la façon de manier  les rythmes. Sentinelle est un album très rapide, les rythmes sont plus rapides que dans la techno.

Sean: Certains font 190 BPM.

Liz: Ce n’est pas traditionnel même si dans certains milieux, ce serait tout à fait dansant.

Sean: J’aime la musique rapide.

Liz: Dans Sets & Lights, nous avons ralenti les rythmes.

Sean: En ralentissant les rythmes, cela te permet de doubler les arpèges dans le temps, donc tu ressens plus d’informations harmoniques et musicales sur un titre de 140 BPM que sur un titre de 170. C’est comme jouer un 33 tours en 45 tours. Ce ralentissement peut permettre à l’auditeur de recevoir et de comprendre plus d’informations mélodiques. Si c’est trop rapide, l’oreille humaine n’a  pas le temps d’intégrer tout ce qu’elle reçoit.

Liz: Il n’y a pas d’espace. C’est plus claustrophobe. Sets & Lights a plus d’ornements, d’arpèges, donc cela sonne plus baroque que Sentinelle par exemple.

Sean: Mais en termes de méthodologie, c’est fait de la même façon que Sentinelle. Une légère différence, c’est que nous avons mixé Sets & Lights nous mêmes alors que Sentinelle avait été mixé par quelqu’un d’autre. On l’a mixé chez nous avec la table de mixage que l’on va utiliser ce soir.

Liz: Sets & Lights représente aussi plus nos états d’âme. Nous sommes deux personnes et nous enregistrons à la maison, c’est comme des portraits de qui nous sommes en tant que personnes. Sean est plus agressif ou maniaque alors que je suis plus mélancolique.

Triste, comme dans le titre « Blue ». Vous aviez, cela dit, déjà fait un « Blue Flower ». Peut-on dire que Martial Canterel tourne plus autour de l’isolement et Xeno autour de la confrontation et la combinaison?

Sean: La combinaison.

Liz: Les deux.

Pour en revenir à Martial Canterel, et au nom du projet auparavant qui était Moravagine, ce sont des références littéraires à des personnages de scientifiques fous. Ces choix de noms étaient-ils liés à la manière dont tu travailles dans ton laboratoire comme un scientifique?

Sean: Non. J’avais lu Blaise Cendrars et je suis tombé amoureux de ce personnage. Malheureusement, il y avait un groupe punk italien qui avait déjà utilisé ce nom. Et je me souvenais de ce personnage fantastique de Martial Canterel dans Locus Solus de Raymond Roussel. Ce qui me plaisait, c’est qu’il arrivait à façonner des choses à partir de rien, mais aussi le fait que ce soit une figure de l’ère du début du modernisme. J’aime les illustrations qu’a faites Henri-Achille Zo pour les Nouvelles Impressions d’Afrique. C’est donc toute une atmosphère autour de Raymond Roussel, et en particulier Locus Solus, dont je suis tombé amoureux. Le choix d’un nom est, cela dit, étrange, la façon dont sa signification évolue. je n’y pensais pas trop à l’époque.

En parlant de ton laboratoire, ton studio, tu sembles en être assez fier, on te voit en photo sur You Today au milieu de toutes ces machines. Je crois que tu as commencé à les collectionner au milieu des années 90. Quand tu es en tournée, je pense que ce doit être beaucoup de stress d’avoir ces machines avec soi. Quels choix faites-vous quand vous êtes en tournée, car vous ne pouvez évidemment pas prendre tous vos synthés avec vous?

Sean: Bien sûr, techniquement un concert comme hier soir est approximativement similaire à ce que nous faisons dans le studio à la maison. Mais au lieu d’utiliser le synthé que nous utilisions hier, nous utilisons ce même synthé mais nous en contrôlons trois autres avec, pour donner au son plus de brillance, d’ampleur, ou parfois de monotonie. En tournée, on ne peut prendre que les synthés les plus directs, contrôlables.

Liz: Le Roland SH101 est bien pour ça.

Sean: Nous en avons 5.

Liz: Ils sont légers, mais on peut construire des sons très intéressants, les faire prendre forme en concert. On l’utilise comme une percussion, une basse, pour créer de l’atmosphère ou produire du bruit. On peut faire beaucoup avec. C’est un outil de base. Les sons de cordes sont plus difficiles à générer en tournée, mais je prends quand même un des mes synthés qui est un peu lourd, mais qui fait un son assez intéressant, presque d’église.

Le synthé dont tu es le plus fier dans la collection?

Sean : C’est difficile à dire, mais probablement parce que c’est un synthé que j’utiliserai toute ma vie, le Serge Modular, mais l’original White Arp Odyssey est génial aussi. Le Roland System 100 est imbattable. Ces trois là sont la crème de la crème.

Bien sûr, vous faites de la musique, mais vous en écoutez beaucoup aussi. Quels seraient les conseils d’écoute que vous nous feriez et quels ont été les disques qui ont été importants pour vous en tant qu’artistes et sources d’inspiration?

Sean: C’est très différent de ce que je fais mais j’aime Brigade Internationale, l’album Regard Extrême.

Ils n’ont fait qu’une cassette!

Sean: Ces chansons sont légendaires pour moi. L’album de 9 Circles a été important aussi.

Ce sont des groupes d’un seul disque.

Sean:  La chanson « Savior for the Nations » de Baard est un de mes morceaux préférés. J’aime beaucoup les groupes français, Opéra Multi Steel, Péché Mortel, Trop Tard, Trisomie 21. J’adore les premiers Tommi Stumpff. Les Scandinaves.  Les artistes sortis sur Neuköln, comme 18:e October, Glenn Winter, Arvid Tuba. Les Norvégiens comme Beranek ou Lester.

Liz: Beaucoup viennent de la culture cassette. Personnellement, je ne m’inspire pas tant des disques de musique minimale électronique. J’aime les écouter, mais je trouve qu’il est plus intéressant de tirer son inspiration de la scène néofolk. Politiquement, cela est à mettre en question, ce qui est en soi intéressant. Car le genre néofolk ose toucher des sujets qui sont tabous dans la société. La face noire de la civilisation occidentale.

Quel groupe par exemple?

Liz: Les Joyaux de la Princesse en particulier.

Sean: C’est un de mes groupes préférés dans le genre.

Liz: Et bien sûr Death in June.

J’ai eu le plaisir de te suivre depuis tes premiers enregistrements en 2002/2003. Ta voix était plus sépulcrale à l’époque. A présent, elle devient plus légère, plus lumineuse.

Sean: Sans vouloir faire digression, je pense que ce soit pour You Today ou Xeno & Oaklander, il faut se poser la question : Comment résiste-t-on à la répétition? C’est en ayant des changements constants dans la musique pour garder l’excitation, l’intérêt, pas que de mon point de vue mais aussi de celui de l’auditeur. Il faut qu’il y ait une évolution constante, un mouvement. La voix fonctionne comme un instrument, plus que comme une narration. Auparavant, c’était plus une voix qui parlait dans les graves et les tons assez bas.

Quand tu as commencé au tout début des années 2000, c’était le début d’un retour à l’électro minimale avec du chant. Il y avait quelques labels qui faisaient ça mais pas beaucoup, et aujourd’hui il y a plein de groupes dans ce genre, et tu as été témoin de cette propagation de la minimal synth. Dans les collaborations que tu as faites, il y a eu notamment Silent Signals, le projet d’Echo West, qui a fait partie de ces groupes à retourner vers une forme très chantée de minimal electro. Comment s’est faite cette collaboration pour View beyond the City Wall? C’était un choix des artistes?

Sean: Je l’ai rencontré plusieurs fois, en Allemagne d’abord, puis il est venu à New York, et Liz et moi même avons joué avec lui. Nous sommes devenus amis. J’ai oublié exactement comment cela s’est mis en place, mais ce label belge, Tarantulla, qui est mort à présent, avait l’idée de ce split, mais de qui cela venait à l’origine, je ne me souviens plus. J’adore sa musique et c’est un bon ami.

Une autre collaboration, c’était avec Tobias Bernstrup. Pouvez-vous me raconter comment s’est passée votre rencontre avec lui?

Sean: J’ai rencontré Liz par son biais!

Liz, toi même tu as chanté sur son titre « Into the Night ».

Liz: Et Sean a fait un 45 tours avec lui aussi.

Sean: J’ai collaboré avec son ancienne copine qui est une vidéaste suédoise, Annika Larsson. J’ai fait deux ou trois musiques de films pour elle. Tobias est un vieil ami, que l’on a rencontré au début des années 2000 à New York. Il est venu deux fois chez moi et on a fait  des titres ensemble. Mais j’ai oublié. Puis Tobias a donné ces morceaux à un gars qui vit à Bogota en Colombie. Il voulait les sortir exclusivement en téléchargement. Je lui ai dit pourquoi tu ne les sors pas en vinyle! C’est dommage de n’avoir qu’une abstraction de morceaux. Je l’ai mis en contact avec Alessandro de Mannequin à Rome et c’est comme cela que c’est sorti.

Liz: Pour la chanson de Tobias sur laquelle j’ai chanté, je l’ai rencontré à New York. Il est un artiste performeur, il s’intéresse à l’identité, le genre, le passage d’un genre à l’autre, le fétichisme et, aussi étrange que cela puisse paraître, les jeux vidéos.  Les identités artificielles, etc. En dehors d’une connexion personnelle, car je le connais et que c’est un ami à moi, nous avons un intérêt commun pour l’imaginaire, comment se crée-t-on une identité parallèle, un personnage imaginaire? C’est quelque chose qui me parle. Cette collaboration a fait sens, et ce morceau est plutôt italo disco.

Avez-vous écouté vous mêmes de l’italo?

Liz: Je n’y connais pas grand chose.

Sean: J’aime un ou deux titres. Je crois qu’au sein des fans d’italo, ce disque est comme le Saint Graal, c’est Wanexa. C’est construit comme un conte, mais avec une certaine décadence, j’aime ça. C’est un peu plus sombre.

Liz: Il y a un côté sexy dans l’italo disco qui fait que les gens s’en éloignent ou au contraire deviennent accros.

Sean: C’est de la musique pour les fêtes autour de la piscine.

Liz: C’est un peu ce genre de personnages que j’ai incarné pour ces voix, qui ne sont pas vraiment ce que je suis. Mais il y a une dimension cinématographique qui m’intéresse.

Vous avez aussi collaboré avec des artistes de New York, Epée du Bois, Sleep Museum. Il y avait un projet qui se nommait Three to Forgotten.

Sean: C’était avec Cheyney, nous avons enregistré en tout et pour tout trois ou quatre morceaux, pas plus. Il est marié, il a un enfant, une carrière d’artiste, il a peu de temps pour la musique aujourd’hui. Il y a cela dit des choses qui se font. Ne nous a-t-il pas rejoint sur scène à Los Angeles pour le dernier morceau? Il y a toujours des possibilités que cette collaboration se fasse à l’avenir.

Et avez-vous en vue d’autres collaborations?

Liz: John Foxx est en train de remixer un de nos morceaux en ce moment même. Je collabore aussi avec Automelodi sur quelques morceaux pour un maxi.

En ce moment, vous êtes en plein dans la tournée et dans le nouvel album de Xeno, mais y a-t-il des choses en préparation?

Sean: Il me tarde de rentrer et de recommencer à enregistrer. J’ai des idées qui me viennent en permanence, des règles que je veux casser. Cette tournée de presque vingt dates, c’est quelque chose en soi.

Liz: Nous sommes vraiment intéressés par les musiques de film. Ce serait bien de nous rafraichir les idées et de s’éloigner de l’écriture de chansons par ce biais là. Puis revenir à des formats de chansons ensuite. La nouveauté, c’est important.

Et les chansons que vous préférez parmi celles que vous avez faites?

Sean: Pour Martial Canterel, c’est un morceau qui n’est jamais sorti, ou que l’on trouve en téléchargement en Russie ou sur Soulseek, il s’appelle « Dusty Pads », un de mes premiers titres de 2002, mais je l’aime beaucoup. Pour Xeno, j’aime beaucoup « Autumn’s Edge » ou « Blue Flower ».

Liz: Oui, « Blue Flower », si on remonte dans nos archives, serait ma préférée. Sur le dernier album, j’aime beaucoup « Sets & Lights ». Pour revenir à Tobias Bernstrup et l’italo disco, nous avons un morceau qui s’appelle « Italy » sur l’album et qui a ce genre de rythmes, bien qu’il y ait plus de composition. Mais nous nous sommes retenus de chanter à la manière italo sur ce titre, ce qui aurait été trop simple.

Je vais vous laisser faire la balance pour le concert de ce soir. Merci beaucoup pour ce moment!

Sean: Je vais d’abord fumer une cigarette. Tu fumes?

 

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