Wovenhand – Interview bonus Obsküre Magazine # 11

18 Sep 12 Wovenhand – Interview bonus Obsküre Magazine # 11

Dans le onzième numéro d’Obsküre Magazine (en kiosques depuis le 8 septembre 2012), nous vous avons offert un long entretien avec David Eugene Edwards réalisé le 17 juillet dernier autour de l’excellent nouvel album The laughing Stalk et des thématiques qui hantent l’oeuvre de ce fascinant projet américain. Durant notre conversation téléphonique, nous avons parlé de beaucoup de choses. Voici les propos qui n’ont pas été retenus dans la publication finale.

Obsküre Magazine : Les doutes font-ils partie intégrante de ta foi ?
David Eugene Edwards : Je suppose, même si je ne pense pas de cette façon. Les doutes que je peux avoir me concernent, et c’est une bonne chose, c’est mérité (rire). Mais je n’ai jamais douté de Dieu et de son amour pour l’espèce humaine et tout ce qu’Il a enduré pour nous amener à lui. Ma propre compréhension, ma force, ce sont des choses dont je doute en permanence.

Penses-tu que ton expérience récente avec Crime & the City Solution a pu avoir une influence sur la dimension très sombre et lourde du nouvel album?

Pas vraiment, car j’ai enregistré l’album The laughing Stalk avant de partir à Detroit pour travailler avec Crime & the City Solution.
L’aspect de transe de certains morceaux a souvent évoqué à la critique l’idée de chamanisme. Toi même, tu sens-tu possédé parfois, par un esprit sain ou par certaines forces?
Bien sûr, je suis possédé par l’esprit sain. Et ce n’est pas quelque chose qui arrive une fois de temps en temps. Je suis possédé par l’esprit vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Je n’ai rien à faire pour que ce soit plus intense. Il n’y a pas une musique qui va le faire sortir. C’est toujours là, qu’il y ait de la musique ou du silence. Cela importe peu.

Que ressens-tu quand un album paraît ?
Quand tu es sur un album, tu travailles si dur, si intensément pendant une certaine période… et puis quand l’album sort, tu as déjà vécu ces morceaux depuis un an. C’est l’antithèse d’une apothéose, c’est comme un anti climax quand ça sort, je suis déjà passé à autre chose. Mais j’aime jouer les morceaux en live, c’est là que se fait la vraie communication. Prendre ces morceaux et leur donner vie en concert, c’est l’aspect le plus gratifiant de ce que je fais.

Sur The laughing Stalk, on entend du piano, de l’orgue, du violon, y aura-t-il des musiciens supplémentaires pour les concerts ?
Parfois. Nous venons de terminer une tournée et nous avons joué la moitié du nouvel album, juste basse, guitare, percus et voix. Les morceaux peuvent être joués de façons très différentes. On pourrait même les jouer en acoustique. C’est ce que j’aime avec Wovenhand, les gens ne savent pas comment cela va sonner quand ils viennent nous voir. C’est toujours différent, les morceaux évoluent. C’est ce qui fait que ça reste intéressant de les jouer.

Wovenhand, c’est écrit en un seul mot maintenant?
J’aime que les choses changent.

Donc les gens peuvent l’écrire comme ils veulent?
Oui, ils peuvent même l’appeler Garbage….

Garbage, c’est déjà pris!
Pour ce qui est de l’album précédent The Threshing Floor, est-ce que tu penses que tu avais atteint une sorte de perfection dans les ambiances sombres que tu explores depuis tant d’années ?
C’est difficile à dire. Sur chaque album, il y a des morceaux où j’essaie d’aller le plus loin possible. J’essaie d’explorer différents sons, états d’âme, atmosphères des musiques provenant de toutes les parties du globe, de la Turquie à l’Iran en passant par la Mongolie et les Indiens d’Amérique. The Threshing Floor a été un disque difficile à faire mais il fut aussi vraiment satisfaisant au résultat.

Vu que tu as grandi dans un environnement très strict, quand tu as vu sur scène des musiciens comme Birthday Party ou Gun Club avec leur maquillage et leurs coiffures déjantées, qu’as-tu ressenti?
C’était excitant, si différent… C’était attirant. Mais c’était plus leur attitude qui m’intéressait, et la musique qui essayait d’exprimer une certaine forme de vérité, une compréhension de l’autre, pourquoi nous sommes ici et comment faire face aux affres de l’existence.

Vu que tu as tourné partout, si tu devais quitter le Colorado pour un autre pays ou une autre ville, qu’est-ce que tu choisirais?
J’irais dans le Montana.

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