Wormfood

25 Mar 11 Wormfood

En complément de l’interview de Wormfood parue dans Obsküre Magazine #3, voici la suite de l’entretien avec El Worm !


Obskure Mag : Comment ressens-tu le fait de devoir partager et mettre en son ces moments d' »intimité »avec une formation scènique relativement neuve ? Peux-tu nous préciser ce que sera le groupe désormais, a-t-il vocation à être instable par nature autour d’un noyau en pleine activité ?
Emmanuel « El Worm » Lévy : En septembre 2009, le line-up qui avait enregistré « Posthume » ne lui a pas survécu. Après une période de réflexion, j’ai finalement ressuscité Wormfood sur Paris, ce qui a pris environ six mois. Le groupe est aujourd’hui composé de musiciens issus d’Embryonic Cells, Melted Space, Borgia, ou encore Lonah. Pendant plus d’un an, nous avons travaillé dur pour rebâtir une formation à part entière, professionnelle. Qu’il s’agisse du répertoire issu de « Posthume », ou du plus lointain « France », il se dégage maintenant une dynamique nouvelle et un fort enthousiasme : je me surprends moi-même à prendre plaisir à rejouer certains titres anciens que j’avais fini par détester. Je suis donc très confiant, et fonde beaucoup d’espoirs dans cette nouvelle incarnation.

Plus qu’une simple reprise, on sent que les textes de « des hauts et des bas » de Stephan Eicher sont directement en phase avec l’incertitude de certaines phases de la vie. Comment est venue cette idée de se réapproprier ce titre ?
EW : Nous avons toujours eu le goût des reprises dans Wormfood, surtout quand le morceau original était le plus éloigné possible de notre style musical : cela constitue toujours un défi passionnant à relever. Je n’ai jamais caché mon goût pour la chanson française, qu’il s’agisse d’Alain Bashung, Serge Gainsbourg, ou ici de Stephan Eicher. Ce dernier est l’artiste que j’écoute depuis le plus longtemps, ça a commencé avec « Engelberg », il y a près de vingt ans. Cette reprise de « Des Hauts et des Bas » constitue donc un hommage, que nous avons essayé de rendre le plus personnel (et pesant) possible, sans trahir pour autant l’esprit du morceau. Par la suite, Stephan Eicher a eu l’immense gentillesse de nous faire savoir qu’il avait été touché par notre travail, ce qui m’honore profondément.

Le fait d’écrire tes textes en français était-il la voie la plus naturelle pour traduire tes sentiments, nos compatriotes cherchant plus souvent à « cacher » le sens derrière l’utilisation de l’anglais ?
EW : Je comprends que beaucoup de groupes utilisent l’anglais dans leurs productions, ne serait-ce  pour avoir un rayonnement international, mais, très honnêtement, je ne me sens pas doué pour ça. Avec l’anglais, je ne maîtrise pas pleinement le sens, cela crée tout de suite une distance entre moi et mon sujet. Au fil de nos productions, je me suis donc progressivement acheminé vers l’utilisation du français (et du chant clair), jusqu’à l’assumer pleinement avec « Posthume ». La sincérité des émotions l’imposait de toutes façons. Par ailleurs, j’aime profondément la littérature, tout autant que la musique, et il me tenait à coeur d’expérimenter -à une modeste échelle- un vrai travail d’écriture, en jouant de façon décomplexée sur les sonorités, les niveaux d’interprétation, et de multiples références picturales ou religieuses.

Wormfood est un ver autonome et auto-suffisant dans la scène musicale. Comment appréhendez-vous les étapes de production / distribution ? Quel sens prend pour vous aujourd’hui tout ce processus qui fait suite à la création, dans un contexte de dématérialisation avancée ?
EW :  Wormfood est effectivement devenu tellement autonome qu’après nos déboires avec certaines maisons de disques, « Posthume » est finalement sorti sur mon propre label, avec le concours de Season of Mist qui en assure la distribution. D’un point de vue concret, ça demande évidemment un important investissement en moyens et en temps, mais l’expérience mérite d’être tentée. Les effets de la dématérialisation sont maintenant bien connus, même si j’ai été étonné de la rapidité avec laquelle notre album avait été piraté (ce qui offre une certaine forme de promotion internationale, d’ailleurs). Nous essayons d’endiguer un peu cela, en adoptant un prix de vente modeste sur le webshop de MalaFortuna, ou en proposant une alternative légale sur les principales plateformes digitales. Je pense que les fans achèteront toujours les cds de leurs artistes, de toutes façons… Les vrais enjeux se situent sans doute ailleurs, notamment sur les concerts, les sponsors ou le merchandising.

 

Les chronique des albums précédents sur Obskure.com :
France
Jeux d’enfants
Wormfood

 

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Nikö Pingnelain

Co-Fondateur Obskure.com et ObskureMag Webmaster

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